La Seine Saint-Denis, levier de communication de 2024

«Et la Fête de l’Huma ? C’est pas là qu’elle est organisée ?» Emmanuel Macron s’inquiète pour le traditionnel rendez-vous annuel de la gauche. En visite mardi 27 février au Stade de France, à Saint-Denis, pour faire un point sur les grands chantiers de Paris 2024, le Président de la République a été rassuré par Nicolas Ferrand, le directeur de la Solidéo, la structure chargée de construire et livrer dans les délais les infrastructures des Jeux. «Non, a répondu ce dernier en désignant une carte. Au Bourget, les installations n’empiéteront pas sur le site où est organisé la fête». Ouf.

Quelques jours avant le premier Conseil d’Administration du Comité d’organisation des Jeux Olympiques (COJO) de Paris 2024, qui se tiendra vendredi 2 mars en Seine Saint-Denis, le Chef de l’Etat a tenu, lui-aussi, à se rendre dans le «93». Le département du Nord-Est de Paris sera au cœur de l’organisation avec de très nombreuses installations. L’enjeu est important pour ce territoire dont l’image est dégradée. Justement, l’objectif de ce déplacement présidentiel était de «valoriser l’opportunité que les Jeux représentent en termes d’attractivité, d’emploi, de transformation du territoire et de développement de la pratique sportive», rapporte la communication de l’Elysée.

Argent, délais et héritage

Cet après-midi en Seine Saint-Denis a été l’occasion pour Emmanuel Macron de préciser les priorités pour l’organisation des Jeux. Cela commence par un rigoureux contrôle des finances et des délais pour les travaux. «Nous sommes dans une séquence où tout s’enchaîne parfaitement, nous avons maintenant tout pour avancer de manière articulée», a-t-il déclaré devant les représentants de l’Etat, dont trois Ministres, et des collectivités territoriales concernées, au Stade de France lors d’un comité interministériel olympique et paralympique. «Les Jeux sont une opportunité pour les territoires et le sport français, a poursuivi le Président de la République. Nous devons en faire un projet d’éducation, avoir une réflexion sur comment nous y arriverons, au delà du décompte pour la bonne livraison des équipementsIl faudra être franc et honnête pour partager à chaque étape du processus la vérité sur les coûts, que l’on doit affiner, et les délais que l’on doit préciser».

L’autre engagement souhaité par Emmanuel Macron est l’héritage laissé par les Jeux. La Seine Saint-Denis devra en être la meilleure illustration. Il s’est ainsi réjouit face à la transformation post-JO du Village des athlètes de l’Ile Saint-Denis en un “quartier de ville” avec logements familiaux, pour étudiants et commerces. Autre exemple mis en avant, la future piscine olympique (Saint-Denis) et le centre de water-polo de Marville (La Courneuve) qui dès 2025 serviront à développer la pratique de la natation auprès des jeunes séquano-dionysiens.

«N’oubliez pas le Grand Paris !»

Enfin, Emmanuel Macron, dans un gymnase de Villetaneuse, à quelques kilomètres du Stade de France, face à plusieurs dizaines sportifs de Seine Saint-Denis, a beaucoup insisté sur le levier que représentent les Jeux pour changer l’image de leur département. «Connaissez vous l’endroit en France qui est le plus jeune, le plus cosmopolite, où l’on crée plus d’entreprises, où il y a un stade international et deux aéroports internationaux ? Si l’on décide de parler de la Seine Saint-Denis comme ça, car c’est une réalité, les choses peuvent bouger, a assuré le Chef de l’Etat. Ce département n’a pas le visage que parfois il croit que l’on lui donne».

Un discours entendu, mais un peu tempéré par quelques dirigeants. «Oui, organiser les Jeux c’est bien, Monsieur le Président, mais j’en profite aussi pour vous demander de ne pas retarder la construction de la ligne 16 du Grand Paris, car cela pourrait aussi contrarier les investisseurs qui nous suivent dans notre projet de centre de water-polo à Noisy-le-Sec», a rappelé une dirigeante à Emmanuel Macron. «Nous avons des objectifs, donnez-nous aussi des moyens», a ajouté une autre, responsable d’un club de judo. Pour réussir les Jeux auprès des habitants de Seine Saint-Denis, il ne suffira pas de seulement préserver la Fête de l’Huma.


L’Elysée invite les sponsors

En marge de son déplacement en Seine Saint-Denis, le Président de la république a convié à l’Elysée plusieurs partenaires du mouvement olympique français, ceux qui ont soutenu la candidature de la France pour les Jeux de 2024. Ce dîner avec une vingtaine de représentants d’entreprises avait pour but «d’échanger sur l’importance de leur mobilisation pour Paris 2024», rapporte l’Elysée. C’était aussi «l’occasion de mobiliser un tissu industriel et entrepreneurial afin qu’il se saisisse des jeux comme d’une vitrine internationale de l’excellence et du leadership économique français». Parmi les entreprises invitées figuraient Bouygues Construction, Elior Group, Française des Jeux, Caisse des Dépôts, Groupe BPCE, La Poste, MAIF, RATP, SNCF, Suez, Aéroport de Paris et Lacoste.

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