Toujours plus de bruit pour la Formule-e.

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L'e-Grand-Prix de Paris est une vitrine pour le championnat du monde Formule-e

Le championnat de monoplaces électriques entend bien faire encore plus de bruit. Pour sa quatrième saison la Formule-e change de diffuseur. A compter de décembre 2017, et la reprise à Hong-Kong, c’est Eurosport qui retransmettra les courses. L’accord a été signé pour les 54 pays d’Europe couverts par la chaîne du groupe Discovery. Et donc en France où Eurosport succède à Canal+.

Canal+ reste quand même dans la boucle. Une sous-licence a été conclue avec le groupe français pour la retransmission, en clair, de six courses par saison sur les chaînes gratuites C8 ou C-Star, et des huit autres sur Canal+ Sport. L’e-Grand-Prix de Paris, qui se disputera le 28 avril 2018 sur le circuit tracé autour des Invalides, sera ainsi diffusé en direct sur C8, qui cette année a déjà retransmis le Grand Prix de Monaco, de Formule 1. «Avec cette quatrième saison, nous passons une étape», explique Alejandro Agag, le président et promoteur du championnat du monde de Formule-e. «L’objectif des trois premières années était d’exister, poursuit le dirigeant. Celui de la phase 2 est d’aller vers le grand public. Nous devons élargir la base de fans. C’est ce que nous permet l’accord signé avec Eurosport.»

«Des dépenses marketing énormes !»

La première cible visée par la Formule-e est le public familial. «A Paris, comme sur les autres courses, il y avait beaucoup d’enfants, et c’est très bien, se réjouit l’homme d’affaires espagnol. Le projet est de créer un festival de l’électrique en centre ville». C’est le rôle du Village des partenaires dont l’accès et les animations sont gratuits.

Dans le même temps, la Formule-e va augmenter ses investissements publicitaires. «Je prévois des dépenses de marketing énormes, annonce Alejandro Agag. Il s’agit de soutenir la diffusion télé, en annonçant, par exemple, les retransmissions des courses dans les journaux». Un gros effort sera également fait sur le numérique, avec la diffusion de contenus brand-content. La Formule-e compte aussi développer des partenariats avec des influenceurs du web et des personnalités, notamment sensibles aux problématiques environnementales.

Cette deuxième phase d’extension de la Formule-e prévoit également quelques changements concernant les courses. Le plus important est l’arrivée, l’an prochain avec la cinquième saison, d’une nouvelle monoplace. Elle sera plus puissante et surtout disposera d’une autonomie plus importante. Ainsi, les pilotes pourront disputer une manche entière avec la même voiture : cette saison, ils sont encore obligés d’en changer à la mi-course, à cause des batteries. «Du coup, nous réfléchissons à quelque chose qui, au milieu de la course, pourrait faire changer les stratégies des équipes», indique Alejandro Agag, sans donner d’autres précisions.

Des images, comme le jeu Mario Kart

La manière de transmettre la course évoluera aussi. A la télé, le patron de la Formule-e promet un spectacle «novateur, comme un jeu vidéo». Alejandro Agag avoue même être influencé par le jeu «Mario Bros Kart !». Une inspiration qui pourrait se concrétiser grâce à des caméras embarquées et des données en temps réel. «La durée de la course, podium inclus, ne dépassera pas une heure, comme le réclament les chaînes», précise le promoteur.

Le modèle et les perspectives avancées par Alejandro Agag trouvent des oreilles attentives dans le monde de l’auto. Huit constructeurs sont ou vont s’engager en Formule-e : Audi, Renault, DS (Citroën), Jaguar, Mahindra, BMW, Mercedes, Porsche. Il en reste encore à convaincre. «Mais nous n’accueillerons pas plus de douze écuries», prévient-il.

«Nous sommes très au-dessus des prévisions, affirme le patron de la Formule-e. Le projet initial présenté sur Powerpoint tablait au mieux sur trois constructeurs en saison 3 !» C’est donc deux fois plus. Un intérêt qui permet au championnat de prendre de la valeur. Les revenus de la Formule-e atteignent déjà 100 millions d’euros et les sponsors arrivent. Il y en a déjà une dizaine : la banque suisse Julius Bär, Michelin Tag Heuer, Qualcomm, DHL, BMW, Visa, Mumm, Arrival, Enel, Allianz. «D’autres vont bientôt être annoncés», lâche Alejandro Agag. Une quinzaine de marques devrait composer le groupe des partenaires de la Formule-e. Tickets d’entrée : de 5 à 15 millions d’euros pour se brancher avec l’électrique.


Un championnat pas encore équilibré

«Nous sommes toujours en phase d’investissement». Alejandro Agag, promoteur du championnat du monde de Formule-e est a la tête d’une compétition qui rapporte déjà 100 millions d’euros, mais n’est pas encore économiquement rentable. L’homme d’affaires compte développer ses revenus issus du marketing et des droits tv, mais pas seulement. Il table sur des villes qui «réclament un e-Grand-Prix». Pour l’organiser, elles devront s’acquitter d’un droit d’accès. Paris et New-York n’ont pas cette contrainte : ce sont les produits d’appel du championnat. Ainsi, le budget d’organisation de la course parisienne, environ 12 millions d’euros, est intégralement pris en charge par le promoteur. Celui-ci compte encore aussi vendre des courses à des tiers. C’est le cas pour l’épreuve de Robocar, dont le coût est supporté par un autre promoteur, et celle, nouvelle cette saison, organisée par Jaguar en marge des courses de Formule-e.