Alexia Barrier : un Vendée Globe solidaire

Elle navigue sur les océans du globe et pour sa planète. A bord de 4MyPlanet (“For my Planet”), Alexia Barrier vient de terminer sa première Route du Rhum. Elle se prépare maintenant à un autre défi : le Vendée Globe, le tour du monde en solitaire dont le départ sera donné en novembre 2020 des Sables-d’Olonne. La skippeuse met en place un modèle économique original.

«Le projet est construit autour de l’association 4MyPlanet que j’ai créé il y a dix ans et qui comporte quatre aspects et enjeux : sportif, avec les courses, scientifique, technologique et éducatif», explique Alexia Barrier. Le bateau, un monocoque Imoca, joue le rôle de vitrine pour l’ensemble de ces projets s’articulant les uns avec les autres.

Un label 4MyPlanet

La pierre angulaire est le projet sportif dont le budget s’élève à 800.000 euros sur trois ans jusqu’au Vendée Globe. Le financement est assuré par un groupement de sociétés. «Toutes pourront utiliser la marque 4MyPlanet que nous avons créé comme un label, indique la navigatrice. Mais nous nous réservons le choix d’accepter ou pas les partenaires cars ils doivent tous avoir engagé une politique de RSE et adhérer aux mêmes valeurs que nous

La contribution de chaque entreprise s’élève à 3.000 euros et l’objectif est d’en réunir 300. Alexia Barrier ne se limite pas à la France. Elle a déjà séduit des entreprises québécoises. La navigatrice avait déjà testé ce type de financement auparavant, mais de manière plus limitée. Son groupe de “30 Corsaires” lui avait permis de participer à ses premières courses et notamment la Transat AG2R La Mondiale qu’elle a terminé à la troisième place en 2014.

Au-delà du financement du projet sportif, ces entrepreneurs ont aussi réalisé des affaires communes. L’idée est identique aujourd’hui, mais en plus grand et avec cette fois au centre un projet environnemental et sociétal. En attendant le Vendée Globe, Alexia Barrier va animer et faire vivre son groupe de partenaires. Aidés de ses parrains, Nathalie Simon et Michel Cymès, la navigatrice compte monter des missions scientifiques et pédagogiques.

Vendée Globe 2020… et 2024

Alexia Barrier souhaite équiper l’hôpital Necker de casques de réalité virtuelle afin que les enfants qui sont hospitalisés dans ce centre médical parisien puissent vivre avec elle la course en large, en immersion.

Avec son vieux bateau, qui a six tours du monde à son actif, la navigatrice sait qu’elle ne jouera pas avec les leaders sur le prochain Vendée Globe. «J’y pour apprendre, découvrir les mers du Sud… et être à l’arrivée», confie Alexia Barrier.

La skippeuse des Alpes Maritimes, qui arbore fièrement sur la coque de son Imoca le numéro 6 de son département, ne limite pas son horizon à 2020. Alexia Barrier se projette plus loin : «L’idée est de viser le Vendée Globe 2024 avec un bateau neuf !», annonce-t-elle. Ce sera toujours pour porter son association 4MyPlanet mais avec un budget beaucoup plus conséquent qui se chiffrera en millions d’euros. Un challenge ne l’inquiète nullement, pas autant que les quarantièmes rugissants.

© SportBusiness.Club. Janvier 2019


Encore deux sponsors à trouver

Pas question de toucher au nom bateau : 4MyPlanet. En revanche, le volet économique du projet sportif d’Alexia Barrier laisse de l’espace à des sponsors plus traditionnels aux côtés des 300 entreprises partenaires. Deux soutiennent déjà la navigatrice : le département des Alpes-Maritimes et Biotronik, une société spécialisée dans les technologies biomédicales. Il reste deux places avec un ticket d’entrée s’élevant à 50.000 euros annuels.