Amélie Grassi, Mini Transat et maxi ambition

Modèle économique

Le départ de la Mini Transat La Boulangère, dimanche 22 septembre à La Rochelle, sera sans doute aussi celui de la carrière professionnelle d’Amélie Grassi. Originaire de la cité charentaise, la jeune femme de 25 ans a fait ses armes sur la voile olympique. Désormais elle se destine à un avenir sportif en haute mer et les courses au large. «Oui, je me rends compte que je bascule désormais du coté professionnel, confie-t-elle. J’appends. Je viens de créer ma propre entreprise et j’entame les démarches pour rechercher des partenaires. Heureusement, je suis aidée dans cette tâche où je ne suis pas encore très à l’aise.»

Amélie Grassi s’est entourée d’un agent et a suivi quelques formations, notamment celles de Tip & Shaft. Toutefois, c’est grâce à un investissement personnel qu’elle se lance dans la Mini Transat La Boulangère. «C’est quasiment obligatoire pour commencer, commente-t-elle. J’ai emprunté de l’argent et la famille et les proches m’en ont prêté également.» L’achat d’un bateau de Classe Mini s’élève à environ 85.000 euros, auxquels il faut ajouter 30.000 à 40.000 euros par an pour le fonctionnement de l’écurie.

Un sponsor arrivé via Linkedin

«Je pars pour un projet sur deux ans, poursuit la navigatrice. La moitié du budget vient de partenaires privés, comme le cabinet de conseil en assurances Bessé à Nantes, venu grâce à un ami commun, et Linkers, spécialisé dans les fusions-acquisitions de PME, qui m’a contacté via Linkedin.» Une belle surprise et une manière de démontrer qu’une présence sur les réseaux sociaux peut porter ses fruits. Amélie Grassi s’est aussi engagée avec l’association Action Enfance, amené par son agent, Stéphane Conte. Ce sera d’ailleurs le nom de baptême du bateau.

Cette Mini Transat de la rochelaise sera très suivie par Loïck Peyron, son parrain sportif. Le célèbre skipper l’a contacté pour naviguer en duo. Un chaperonnage particulièrement apprécié par Amélie Grassi : «C’est formidable, lâche-t-elle. Il a décidé de naviguer avec des jeunes, et c’est moi qu’il a appelé.». Avec son coach, la jeune femme espère tracer sa route dans le monde des courses à la voile. «J’aimerais bien aller sur du Figaro, pour la Solitaire et passer au Class 40 pour une transat,» indique-t-elle. En attendant de rêver plus haut ? «C’est sûr qu’à terme le Vendée Globe me tente, sans compter les Jeux olympiques de 2024,» avoue la jeune femme. Au départ de la Mini Transat, Amélie Grassi verra sans doute un autre horizon que ses concurrents.

©️ SportBusiness.Club. Septembre 2019