Atos délocalise Pyeongchang en Espagne

Pyeongchang 2018

Les visiteurs de la Sagrada Familia à Barcelone, ne se doutent pas que la Corée du Sud est à 20 minutes de là, en bus. Et pourtant. C’est dans un immeuble ultra-sécurisé situé en plein centre de la capitale catalane que convergeront l’ensemble des données informatiques des Jeux olympiques de Peyongchang, dont la cérémonie d’ouverture se tiendra le 9 février. Les résultats qui s’afficheront sur les téléviseurs ou les smartphones du monde entier transiteront tous par Barcelone via le Central Technology Operations Center (CTOC) mis en place par Atos, le seul Top partenaire français des Jeux olympiques.

L’entreprise a déployé en Espagne une partie de l’importante infrastructure informatique nécessaire pour l’événement. Testée lors des Jeux de Rio en 2016, cette solution, possible grâce au cloud et au développement des réseaux et technologies, permet de limiter les installations techniques sur les sites de compétition. Ce sont souvent des opérations compliquées et donc coûteuses à mettre en place, surtout en pleine montagne, lors des Jeux d’hiver. Autre avantage : la réalisation d’économies substantielles.

Des économies de 30% sur les coûts

Par rapport à Sotchi, il y a quatre ans, également des Jeux d’hiver, la facture des coûts technologiques, dans leur ensemble, a été réduite de 30%, en partie grâce à la réduction du personnel surplace. A Londres, en 2012, le nombre d’employés sur sites chargés des opérations techniques, du chronométrage à l’informatique, s’élevait à 5 000. Cette année, à Pyeongchang, ils ne seront que 2 000. Et dans deux ans, à Tokyo, il n’y en aura que 1 500.

Autre facteur d’économie : la structure développée par Atos à Barcelone pourra être réutilisée lors d’autres événements. Le site est scindée en deux structures : l’Olympic Management System (OMS), chargée de vérifier les accréditations et de collecter les résultats ; l’Olympic Diffusion System (ODS), qui s’occupe de la publication des résultats, notamment aux médias. Toutefois, le premier objectif du site est de veiller sur la sécurité informatique des Jeux. A Rio, durant les 15 jours de Jeux, 570 millions de “comportements anormaux” ont été enregistrés : la quasi majorité étaient des problèmes mineurs.

Une semaine avant l’ouverture des Jeux, et depuis plusieurs jours, le CTOC d’Atos à Barcelone tourne déjà 24 heures sur 24 avec une équipe de 80 collaborateurs qui se relaient en “3×8”. Tous sont officiellement accrédités pour les Jeux. Pourtant, la neige des pistes de ski de Pyeonchang, ils ne la verront que via les écrans de télévision installés dans les locaux. En revanche, ils peuvent apprécier tous les jours les beautés de la Basilique de Gaudi, en vrai, à 20 minutes en bus.

Regardez l’interview vidéo de Patrick Adiba, Directeur Jeux Olympiques et Major Events d’Atos.


Double contrat pour Atos

Partenaire du programme Top du Comité international olympique, Atos figure parmi les 13 plus gros sponsors des Jeux olympiques. L’entreprise, cotée à la Bourse de Paris, est la seule française à ce niveau. Atos bénéficie d’ailleurs de deux contrats distincts avec le CIO. Le premier est un accord marketing permettant à Atos de communiquer sur son statut de partenaire en associant son logo avec les anneaux olympique ou en réalisant des opérations de relations publics durant les Jeux. Le second est un contrat de prestataire de services, ceux concernant l’infrastructure informatique et la sécurisation des données. Ces accords, dont les montants restent confidentiels, se chiffrent en millions de dollars.