Breakdance et Jeux olympiques : du win-win

Paris 2024

Sarah Bee au Red Bull Bc One Cypher à Lyon le 16 mars 2019

Le rêve olympique continue pour le breakdance. Plus fort que jamais. «Le train va déjà très vite, mais nous préférons avancer étape par étape», confie Jean-Laurent Bourquin, Conseiller Senior et ancien directeur général de la fédération internationale de danse sportive (WDSF, World Dance Sport Federation). Le “breaking”, comme l’appelle les spécialistes, est l’un des quatre sports additionnels proposés pour les Jeux de Paris 2024. A l’automne dernier, à Buenos-Aires (Argentine), la discipline était était au programme des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Elle a tapé dans l’oeil du président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach.

«Franchement, nous cochons toutes les cases : c’est un sport très social, tourné vers les jeunes et l’inclusion», assure Jean-Laurent Bourquin. Pour séduire le mouvement olympique et décider les dirigeants de Paris 2024 de les choisir parmi les sports additionnels, le breakdance a parié sur un discours d’avenir. «Nous nous sommes demandé ce que devait faire l’olympisme pour continuer à être pertinent dans 15 ou 20 ans, explique-t-il. La question était : comment faire pour intéresser les jeunes ?» Le breakdance serait une des solutions pour, selon lui, «redonner de la créativité.».

Le conseiller de la WDSF estime que sa discipline «casse les codes» des sports actuels et est «en connexion» avec le public et les spectateurs. «Pour les JOJ de Buenos-Aires, nous avons été les premiers à réaliser nos phases de sélection grâce à des vidéos postées sur Internet,» indique Jean-Laurent Bourquin qui revendique 30 millions de pratiquants dans le monde pour le breaking. «Avec le CIO, ce peut être du win-win,» assure-t-il.

Pas encore assailli par les sponsors

Toutefois, à Lausanne, en Suisse, le calme règne dans les modestes locaux de la fédération internationale situés au 2e étage de la Maison du Sport International (MSI). La perspective d’être discipline olympique n’a pas déclenché l’hystérie auprès d’éventuels sponsors. «Non, nous ne sommes pas assaillis, confirme Jean-Laurent Bourquin. Pourtant, si j’étais directeur marketing d’une marque, je me poserai la question.» Red Bull, très impliqué dans le breakdance, n’a pas attendu. La boisson énergétique aurait beaucoup questionné les dirigeants suite au succès rencontré aux JOJ.

Malgré tout, Jean-Laurent Bourquin souhaite garder la tête froide : «Même si nous sommes déjà passés dans un autre monde, aujourd’hui, nous ne contactons personne, indique-t-il. Mais, je suis sûr que si nous sommes retenus cela nous ouvrira la porte de nouveaux partenaires.» La fédération, qui ne compte que cinq permanents, devra pour cela se structurer avant de casser la baraque. «Si le vent continue à souffler dans la même direction, le breakdance peut être une succès story pour Paris 2024 et l’on se souviendra que c’est en 2019 qu’ils ont eu cette vision», prédit le dirigeant de la fédération dont le bloc-note est déjà orné des anneaux olympiques. Un signe ?

© SportBusiness.Club. Avril 2019