Les Ultimes foncent vers 2023

Départ de la Route du Rhum 2018

Interview, Emmanuel Bachellerie. Le Délégué général de la Classe Ultim 32/23 a dévoilé le programme de courses des cinq prochaines années de ces géants des mers. Les maxi-multicoques bénéficieront de deux épreuves majeures par an jusqu’à l’hiver 2023-2024 et la course reine, la Brest Océans, un tour du monde en solitaire. Initialement prévu fin 2019, l’événement a été annulé en raison de la casse de plusieurs bateaux lors de la dernière Route du Rhum.

Pourquoi avoir repoussé Brest Océans à 2023 ?

Emmanuel Bachellerie : «Économiquement et en termes de communication, peut-être aurions-nous eu intérêt à organiser cette course en 2021 ? Mais nous travaillons avec des marins qui aussi sont des sportifs de très haut niveau et avec une plateforme exceptionnelle. Justement, avec ces bateaux il faut savoir prendre son temps. Les armateurs ont eu la sagesse d’attendre car le volet sécurité est très important, surtout lorsqu’on emprunte les mers du grand sud. La question du report ne s’est pas posée très longtemps.»

Le programme propose un événement par semestre jusqu’en 2023. Il était important pour les Ultimes d’occuper ainsi l’espace ?

E.B.: «Il était surtout important que ces bateaux naviguent : ils sont fait pour ça. Ils ont été pensé pour naviguer en solitaire mais aussi en équipages, d’où ces deux types de courses. Vu leurs coûts il y a aussi nécessairement une dimension de retour sur investissement demandé par chaque armateur.»

Ce programme de courses sur 5 ans est-il construit pour rassurer les sponsors ?

E.B.: «Oui, exactement. Il faut rassurer les acteurs d’aujourd’hui tout en cherchant à en séduire de nouveaux. La seule nécessité absolue de faire un programme à long terme est aussi que sur un projet d’Ultime, entre le premier projet et la mise à l’eau du bateau, il se passe à minima deux ans. Un armateur qui souhaiterait s’engager aujourd’hui ne pourrait pas prendre le train avant 2021. Il est donc important de se projeter à long terme et même, à la limite, il faudrait le faire à 6 ou 8 ans. Quatre ans c’est un minimum.»

Fin 2019, vous organisez Brest Atlantiques. Est-ce pour pallier l’annulation du Tour du monde ?

E.B.: «Non, cette course ne sera pas un substitut, c’est une vraie épreuve qui équivaut à un demi-tour du monde. Les Classes Ultims sont conçus pour aller loin, longtemps et vite. Après le refus de la Transat Jacques Vabre 2019 de nous accueillir [départ le 27 octobre du Havre], décision que l’on regrette, il fallait trouver une alternative et caler un parcours qui soit à la hauteur de ces bateaux, mais sans aller dans le grand sud qui reste un terrain compliqué. Ce parcours [Brest, Rio de Janeiro, Le Cap, Brest] est intéressant car il y propose un jeu de plusieurs systèmes météorologiques qui devrait donner une course très tactique.»


Emmanuel Bachellerie, délégué général de la Classe Ultim 32/23

Si les Ultimes n’ont pas été acceptés sur la Transat Jacques Vabre 2019 ce serait parce que leur présence aurait pu faire de l’ombre médiatiquement aux autres classes. C’est le cas ?

E.B.: «Je n’y crois pas une seconde. J’ai une conviction très forte : aujourd’hui, la classe Imoca [monocoques de 60 pieds] est en parfaite santé. Ils participent à des épreuves multiclasses et à côté de cela je ne crois qu’ils soient tout à fait d’accord à ce que le Vendée Globe, [réservé aux Imoca] qui est un événement majeur et magnifique, soit ouvert à d’autres classes. En voile, il va exister des événements multiclasses, comme la Route du Rhum, et des courses majeures ne concernant qu’une classe.»

Qui va organiser les futures courses des Ultimes ?

E.B.: «La classe Ultim 32/23 n’impose rien et n’organise pas. Cependant, tous les cas sont possibles. Pour Brest Atlantiques et Brest Océans nous avons créé une SAS [Brest Ultim Sailing] avec la Métropole de Brest. Dans ce cas précis il était important que les armateurs aient un regard sur la course car il s’agit de leur épreuve reine. Pour d’autres épreuves, comme le projet Lorient-Les Bermudes-Lorient, nous ne sommes propriétaires de rien. Maintenant, nous pouvons conseiller une collectivité qui souhaite recevoir une course. Nous lui donnerons notre avis sur le meilleur cadre d’organisation pouvant être mis en place.»

Les bateaux de la Classe Ultim 32/23 : Sodebo, Gitana, Macif (nouvel Ultim en 2020), Team Actual-Leader (nouveau bateau en 2019 ex-Sodebo), Banque Populaire (nouvel Ultim en 2020-2021). Chaque armateur verse 50.000 euros par an à la Classe Ultim.

© SportBusiness.Club. Avril 2019


L’agenda de la Classe

  • 2019
    • 1er semestre : Tour de Belle-Ile, Armen Race, Rolex Fastnet Race
    • 2e semestre : Brest Atlantiques (départ le 3 novembre de Brest)
  • 2020
    • 1er semestre : The Transat (départ le 10 mai)
    • 2e semestre : Records (Trophées Jules-Verne ou Saint-Exupéry)
  • 2021
    • 1er semestre : The Arch (départ 21 mars à Hambourg)
    • 2e semestre : Tour du monde en équipage
  • 2022
    • 1er semestre : rien
    • 2e semestre : Route du Rhum
  • 2023
    • 1er semestre : Course transatlantique
    • 2e semestre : Brest Océans

Les nouvelles courses des Ultimes

  • Brest Atlantiques. Epreuve en duo. Départ de Brest le 3 novembre 2019. Passage au large de Rio-de-Janeiro au Brésil, puis du Cap en Afrique du Sud, et remontée vers Brest où sera jugée l’arrivée après 26 à 29 jours de course.
  • The Arch. Tour d’Europe célébrant le 70e anniversaire de la création de la communauté. Départ à Hambourg en Allemagne le 21 mars 2021. Etapes à Saint-Nazaire/Nantes et Valence en Espagne. Arrivée à Marseille.
  • Tour du monde en équipage. Départ au second semestre 2021 d’une ville de Méditerranée. Présentation de la course en avril 2020.
  • Course transatlantique. Départ au 1er semestre 2023 d’une ville en Bretagne ou sur la Côte Ouest.
  • Brest Océans. Tour du monde en solitaire et sans escale. Départ fin d’année 2023 de Brest, et retour à Brest.

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