«Des commentaires pointus, même le matin.»

Télévision

Interview : Christian Jeanpierre. Au Japon, le journaliste commente sa cinquième Coupe du monde de rugby sur TF1 et TMC. Il estime que même si les matchs sont diffusés en matinée en France, il doit « rester pointus » dans ses propos, tout en parlant au plus grand nombre. Christian Jeanpierre avoue aussi voyager « à la roots » mais sans faire de tourisme.

Le premier match du XV de France face à l’Argentine était-il un enjeu pour TF1 et pour la suite de la popularité de la compétition en France ?

Christian Jeanpierre : «C’était quand même la première fois de l’histoire des coupes du monde que ce premier match avait valeur d’un huitième de finale. Dans notre groupe, tout le monde s’accorde que l’Angleterre sera en quart de finale. Moi, je les vois même en finale. Du coup, il ne reste qu’une place pour les quarts et pour l’espérer il fallait déjà battre cette équipe d’Argentine car nous n’avions pas de Joker. Maintenant, non, ce premier match n’était pas un enjeu stratégique pour TF1. Nous avions envie tous de vivre un bon moment avec les Bleus. D’autres vont arriver.»

Les matchs de la Coupe du monde au Japon sont diffusés en matinée en France. Adoptez-vous un ton différent pour commenter ?

C.J. : «Non, même si avec ce décalage nous sommes complètement jet lagués : je dis bonjour à l’antenne, mais bonsoir à Dimitri Yachvili [mon consultant]. Maintenant, quand on est sur TF1 on accueille tout le monde mais ce n’est pas pour cela que nous sommes pas pointus dans les commentaires. Avec Dimitri, nous devons, même si c’est le matin, parler à ce public, qui regarde le rugby et suit cette coupe du monde, avec des commentaires pointus. Mais il faut aussi parler au plus grand nombre. C’est simplement un mix à trouver : Dimitri reste pointu, et cela ne fait pas fuir les gens, et après, à moins d’intéresser le plus grand nombre. Personnellement, en tant que téléspectateur j’adore ces horaires là : vous êtes chez vous à 10h00 du matin et pouvez regarder gratuitement un match sans que cela ne bousille la journée. Je trouve ça super.»

Comme la quasi totalité des commentateurs sportifs vous êtes régulièrement la cible de critiques. Comment réagissez vous ?

C.J. : «Je prend cela avec beaucoup de détachement et je ne regarde pas les réseaux sociaux.»

Est-ce important, selon vous, de parler de la culture locale dans vos commentaires ?

C.J. : «J’essaie toujours de le faire un minimum. D’autant que le Japon a sa histoire propre, notamment dans la découverte du rugby. Ils ont également subi le tsunami. Il y a beaucoup de choses à raconter à propos du Japon, mais quand le match par à 1.000 à l’heure c’est difficile. Toutefois, il est important de se nourrir de tout cela.»

Logistiquement, comment s’organise la couverture d’une Coupe du monde de rugby qui vous mobilise pratiquement deux mois ?

C.J. : «En fait, c’est un peu roots. Je pars juste avec les deux costumes et les deux chemises qu’il me faut pour l’antenne. Ce sont des ambiances très particulières que j’aime bien. C’est un peu comme un groupe de rock qui part en tournée : on se ballade de ville en ville, on découvre des univers et le matin on ne sait plus vraiment où l’on est. Mais on reste plongé dans la coupe du monde et c’est ce qui m’impressionne à chaque fois. J’ai vécu ça en Afrique-du-Sud, en Angleterre… on est constamment tourné vers la Coupe du monde. On n’est pas là pour faire du tourisme

© SportBusiness.Club Septembre 2019