Coronavirus : 80% des entreprises du sport impactées

Le secteur marchand du sport souffre depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Selon une étude interne* menée par l’Union Sport & Cycle sur les premiers jours de cette crise sanitaire, 80% des entreprises du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité interrogées déclarent avoir observé un recul de leur chiffre d’affaires entre le 1er et le 13 mars. En moyenne, cette baisse a été chiffrée à -14% mais pour un tiers des sociétés interrogées, ce recul est supérieur à 20%. Tous les secteurs sont touchés, puisque les magasins et salles de sport ont enregistré une baisse moyenne de 15% de leur fréquentation.

L’avenir n’est pas reluisant car 42% des fabricants observent déjà des difficultés d’approvisionnement et 41% autres se préparent à en avoir ses prochaines semaines. Du coup, près des deux tiers (63%) des entreprises du secteur envisagent déjà le recours au chômage partiel. Un taux qui monte à 75% dans les commerces d’articles de sport. Enfin, 80% craignent des difficultés de trésorerie au cours des prochains mois.

«Même si ces résultats et cette situation angoissent et inquiètent les dirigeants du secteurs, la plupart ont déjà la volonté de se projeter sur l’après et la sortie de crise,» commente Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport & Cycle. Le responsable du syndicat devrait présenter ces données au sein de la Cellule de continuité économique mise en place par le Gouvernement sous le contrôle de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances. «C’est une excellente nouvelle de voir que la filière sport et loisirs est représentée dans cette structure où se retrouvent toutes les autres grandes filières économiques comme le transport ou le tourisme,» estime Virgile Caillet qui ce mercredi 18 mars a programmé des téléconférences avec les représentants des acteurs économiques du sport.

© SportBusiness.Club Mars 2020

(*) Etude réalisée via un questionnaire auto administré sur internet réalisé du jeudi 12 mars au lundi 16 mars 2020. 342 répondants dont 222 magasins ou enseignes, 86 fabricants, 34 gestionnaires de loisirs marchands (salles de sport & fitness, foot à 5,…)


«Les mesures gouvernementales s’appliqueront également au sport.»

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, interrogée en direct sur La Chaîne L’Equipe par Messaoud Benterki, a confirmé que les entreprises du sport qui pourraient être en difficulté bénéficieront comme toutes les autres des mesures économiques et fiscales que le Gouvernement va mettre en place.

Quelles sont les conséquences de la crise du coronavirus sur l’économie du secteur du sport ?

Roxana Maracineanu : «Nous sommes tout à fait conscients de ces difficultés. Nous prenons en considération l’impact économique que ce soit dans le sport professionnel, où les pertes peuvent s’élever à plusieurs millions d’euros en une seule soirée de matchs annulés, ou dans le monde amateur fédéral à cause de l’annulation d’organisations, mais aussi dans les petites entreprises d’événementiel et les grandes, c’est-à-dire des prestataires et des sponsors parfois qui souffrent de l’annulation ou des reports de ces événements. Le niveau associatif est également impacté car certaines structures ont, par exemple, avancé des frais pour réserver des hôtels ou des déplacement pour leurs sportifs qui devaient participer à ces événements. Nous sommes attentifs à tout ça et nous faisons remonter les données. Nous avons aujourd’hui une cartographie assez précise qui se complète chaque jour. Elle va être reversée dans la cellule de continuité économique mise en place par Bruno Le Maire et le gouvernement. Le fonds de solidarité, qui va coûter à l’Etat plus d’un milliard d’euros, va prendre en considération les petites entreprises qui ont une perte supérieure à 70% de leur chiffre d’affaires sur l’année écoulée, associations et monde de l’événementiel compris. Toutes les autres mesures annoncées par le Gouvernement, comme le chômage partiel ou le report de charges, s’appliqueront également au domaine du sport.»

Comment le monde du sport réagit-il aux mesures de confinement ?

R.M. : «Se confiner chez soi que l’on soit un sportif de haut niveau ou sportif amateur c’est possible pendant quinze jours. Évidemment par la suite, selon l’évolution de la pandémie, il sera temps de songer à autre chose. Comme une entreprise normale, le monde du sport professionnel ou amateur ne souhaite pas perdre ses ressources humaines ou ses compétences. Des sorties encadrées, afin de pouvoir préserver le capital physique des athlètes, seront peut-être à prévoir. Je suis consciente que les clubs sportifs professionnels ont des ressources humaines et leur capital est le capital physique de leurs athlètes. Aujourd’hui, ils peuvent faire du sport chez eux. Les clubs qui ont les moyens vont pouvoir équiper leurs athlètes en matériel adéquat afin qu’ils puissent continuer à avoir une activité physique à la maison. En revanche, il est hors de question sous couvert d’une quelconque préparation, pour les Jeux ou pour d’autres échéances, que les clubs, professionnels, amateurs ou associatifs, dérogent aux mesures de confinement.»

Faites-vous la promotion de l’activité physique chez soi pendant cette période de confinement ?

R.M. : «Faire de l’activité physique à domicile est essentiel. Si ce n’est pas vital aujourd’hui cela va devenir central pour nombre de nos concitoyens, et encore plus pour nos sportifs qui ont l’habitude de s’entraîner fréquemment. (…) Nous devons avoir une discipline exemplaire, les sportifs de haut niveau aussi. Ils pourront faire part de cela sur les réseaux sociaux. Le confinement fera diminuer la courbe de l’épidémie et après, c’est comme cela que les équipements sportifs pourront rouvrir. Les sportifs de haut niveau ont un rôle exemplaire à jouer. Pour l’activité physique au domicile, le Ministère des Sports a labellisé trois applications, My Coach, Be Sport et Goove App. Habituellement, ces applications font payer leurs contenus mais grâce à ce partenariat nous pourrons offrir gratuitement certains contenus. Il n’y a pas de raison de remettre en cause le fait de faire une activité physique à domicile. Au contraire : c’est même très souhaitable dans ces circonstances