DAZN : Quésako ?

Quatre lettres et un nom imprononçable : DAZN. Les téléspectateurs français devront peut-être bientôt s’habituer à cette marque. La plateforme OTT britannique, le “Netflix du sport”, multiplie les implantations : Allemagne, Italie, Espagne, Japon, Brésil, Canada… “Dazone” (comme il faudrait le dire) ouvre à tour de bras ces derniers mois. Alors, pourquoi pas en France ?

«Non, pas maintenant en tout cas, affirme Vincent Chupin, consultant en droits audiovisuels. DAZN s’implante territoire par territoire en fonction des droits disponibles, mais plutôt sur des marchés où la télévision payante n’est pas trop forte. Ce n’est pas le cas en France ou en Grande-Bretagne où les paysages sont déjà bien encombrés

Pour l’heure, DAZN observe la France. Des contacts existent pourtant avec les détenteurs de droits, comme par exemple avec la Ligue de football professionnel. Cette dernière fait déjà justement affaire avec la plateforme : elle lui a vendu les droits de la Ligue 1 au Brésil. DAZN a d’autres priorités que la France aujourd’hui. D’ailleurs, elle n’a encore répondu officiellement à aucun un appel d’offres.

Un milliardaire à la tête

C’est la société britannique Perform, spécialisée dans la production de contenus sportifs, qui a lancé DAZN à la mi-août 2016. En Allemagne, Autriche et Suisse, tout d’abord, puis rapidement après au Japon. Son nom serait d’ailleurs inspiré par ce quatuor : Deutschland (D), Austria (A), Switzerland (Z) et Japan (N pour Nippon).

Depuis, Perform a désormais scindé ses deux activités : d’un côté la production de contenus pour le sport, dont Opta, le spécialiste des données pour le sport racheté 40 millions de livres (48 millions d’euros) en 2013, de l’autre la plateforme DAZN. Le groupe est contrôlé par l’homme d’affaires Len Blavatnik, l’un des hommes les plus riches du Royaume-Uni. Né en Ukraine, Sir Len est citoyen britannique et américain. Il produit des films et possède notamment la maison de disque Warner.

Vers les jeunes générations

Len Blavatnik applique à DAZN la même stratégie de développement que celle de Perform : commencer par des niches. En l’occurrence, ce sont des marchés à fort potentiel pour une offre payante de sport accessible. «Nous avons vu dans la musique avec Spotify et la télévision avec Netflix et Amazon que les gens étaient disposés à payer une somme raisonnable pour un bon service, déclarait Simon Denyer, directeur général de Perform en mai 2018 dans The Guardian. Nous voulons être un Netflix pour le sport.»

Un chemin que semble effectivement prendre DAZN. «Ils ont la technologie adaptée pour les supports utilisés par les jeunes générations, c’est-à-dire le smartphone, la Playstation ou l’Apple TV, estime Jean-François Jeanne, directeur général d’Infront France. Naturellement, le sport va vers ce type de modèle». Certains détenteurs de droits, comme la NBA ou la Formule 1, ont déjà développé une offre en OTT.

Comparé à Netflix, DAZN a toutefois encore beaucoup de chemin à faire avant d’être dans les pas de son modèle. D’autant que la fiction n’est pas le même marché que le sport où pour suivre un événement seul le direct compte. «Ils achètent les droits au prix du marché, observe Jean-François Jeanne. Du coup, il faudra avoir les reins solides car il va se passer un bon moment avant qu’ils obtiennent un modèle économique pérenne.» Du temps pour que les supporters de sport apprennent à bien prononcer ce nom particulier.

© SportBusiness.Club. Janvier 2019.

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