Roland-Garros: la pub monte au filet

Le toit rétractable au-dessus du court central de Roland-Garros ne sera peut-être pas la seule nouveauté de l’édition 2020 des internationaux de France de tennis. Le logo d’un sponsor pourrait également apparaître sur le filet aujourd’hui vierge de publicité. Le projet commercial est bien avancé. Quelques partenaires actuels du tournoi français seraient même intéressés… en mettant un peu la main au portefeuille. Toutefois, la piste la plus probable est l’arrivée d’un nouvel annonceur.

L’incrustation du logo d’une marque sur le filet n’est pas nouveau dans le tennis. C’est même presque légion : Kia à l’Australian Open, Mercedes à l’US Open. Rien en revanche à Wimbledon, mais les courts du tournoi anglais sont vierges de publicité. En revanche, à Paris, sur le Masters 1000 de l’Accor Hôtels Arena, le Rolex Paris Masters, une marque s’affiche sur le filet : Fly Emirates, également partenaire de Roland-Garros.

«C’est un débat que nous avons à la Fédération française de tennis (FFT)», confie Michael Tonge, directeur du sponsoring au sein de l’instance sportive propriétaire de Roland-Garros. «Le filet est l’unique espace premium restant pour accueillir un éventuel nouveau partenaire majeur, poursuit-il. Mais, il ne s’agit pas que d’une seule question commerciale. C’est aussi une question d’esthétisme et bien-sûr sportive.»

La publicité virtuelle étudiée

Le filet de Roland-Garros ne s’offrira pas à n’importe quelle entreprise. Et surtout pas à n’importe quel coût. Pour être « Partenaire premium », le rang situé juste en-dessous de celui de BNP Paribas, est facturé entre 7 et 8 millions d’euros annuels. «Nous allons trouver la bonne marque, au bon tarif,» assure Michael Tonge qui rappelle que cet espace commercial devra se situer en dehors des lignes de jeu. Pas de marque en plein centre du filet, donc.

Ce nouveau sponsor pourrait très bien même ne pas apparaître du tout sur le filet sur le court ! La solution est la réalité virtuelle. Cette technologie permet d’incorporer sur les images télé n’importe quel logo sur un espace précis réel. Une marque peut aussi se substituer à une autre, bien présente sur le court. Cette possibilité, envisagée par le service commercial de la FFT, permettrait de vendre des droits par territoire. Ainsi, une marque de téléphonie chinoise pourrait s’offrir cette visibilité uniquement dans son pays, sans gêner Orange, un concurrent dont le contrat avec le tournoi ne concerne que 15 pays, et pas la Chine.

Roland-Garros a déjà concocté ces packages commerciaux régionaux. «Oui, nous avons déjà ces produits, confirme Michael Tonge. Mais aujourd’hui les montants des frais techniques permettant la substitution virtuelle d’une marque par une autre sont encore élevés, ce qui freine ce développement.» Finalement, il parait plus simple d’installer un toit sur le court Philippe-Chatrier.

© SportBusiness.Club. Juin 2019.

Fly Emirates s’affiche déjà sur le filet du Rolex Paris Masters