Didier Drogba : «l’argent des sponsors pour ma fondation»

«A ma manière, j’ai l’impression d’aider à sauver des vies». Au 10e Forum Peace & Sport, qui se tient à Monaco jusqu’au 8 décembre, Didier Drogba n’a pas été accueilli comme une star mondiale du football mais comme un ambassadeur de la paix. Le joueur ivoirien, auteur en 2005 de ce qui restera comme «l’appel de Khartoum», estime avoir eu «une incidence sur le processus de paix» dans son pays, alors en proie à une guerre entre ethnies.

Ce colloque international veut démontrer que le sport peut aussi être un outil de communication pour la paix. «C’est un vecteur de transformation social car le sport peut apporter des solutions simples, déclare Joël Bozou, ancien champion du monde de pentathlon et président de l’organisation Peace & Sport. L’industrie du sport doit agir comme un pionnier de la paix».

Justement, le secteur n’est pas forcément le plus présent pour aider ces opérations de mécénat dans le sport. Même pour Didier Drogba. «C’est difficile de leur faire comprendre ce message, avoue le footballeur. Aujourd’hui, tous mes accords sponsoring sont reversés en faveur de ma fondation».

Des histoires à raconter

Très organisés quand il est question de négocier un partenariat commercial classique, les sponsors du sport ont un peu plus de mal à ajouter un volet «responsabilité sociale» à leurs engagements. «Ils trouvent mes projets très bien, mais me demandent toujours ce qu’ils peuvent avoir en contrepartie, regrette la boxeuse Sarah Ourahmoune. Ils attendent des statistiques, des données».

«Les marques vont s’intéresser à ce type d’action car la dimension éthique prend de plus en plus d’importance, assure Joël Bouzou. Une entreprise comme Richard Mille, par exemple, a déjà intégré ce volet en souhaitant que leurs ambassadeurs aient aussi un bon comportement dans la société».

Les marques pourraient donc trouver aussi leur intérêt. «Seul Nike me suit», confie Ladji Doucouré. L’ancien champion du monde du 110 mètres haies tente avec Golden Blocks de faire connaître l’athlétisme aux jeunes de quartiers dits sensibles. «Nike le fait car ils voient bien que je suis sur le terrain, poursuit-il. C’est dommage de ne pas avoir d’autres partenaires, car il y a des histoires à raconter». Comme celle de cette adolescente que l’athlète a repéré à Grigny, possible espoir pour Paris 2024.