France TV : un avenir sans foot mais avec Paris 2024.

Le football n’a visiblement plus d’avenir sur les chaînes de France Télévisions. Jeudi 23 août, lors de la conférence de rentrée des antennes du groupe audiovisuel public, Takis Candilis, directeur général à l’antenne et aux programmes, a été assez clair sur la question : «Définitivement, nous avons des sports sur lesquels nous nous concentrons plus particulièrement et pour lesquels la pluralité de nos chaînes peut leur permettre d’avoir une exposition maximum», a-t-il affirmé en précisant que, «c’est le cas du tennis, du cyclisme, de l’athlétisme ou du rugby».

Point donc de football dans la prochaine liste d’achat des droits audiovisuels de France Télévisions. «Nous préférons nous concentrer sur des sports où nous avons la maîtrise, où nous sommes déjà très reconnus plutôt que d’autres partagés par différentes chaînes et notamment nos concurrents», a poursuivi le dirigeant.

Coupes de France et de la Ligue pas encore rediscutées

France Télévisions, est engagé dans un important plan d’économie : 160 millions d’euros à horizon 2020. Dans ce cadre, il paraît donc très peu probable de voir le groupe tenter de conserver ses deux principaux contrats de football : celui de la Coupe de France, signé avec la Fédération française de football (FFF) et co-diffusé avec Eurosport, arrive à échéance en juin 2022 (22 millions d’euros par saison) ; celui de la Coupe de la Ligue, obtenu auprès de la Ligue de football professionnel (LFP) et co-partagé avec Canal+, court lui jusqu’en juin 2020 (23,9 millions d’euros au total selon l’Equipe)

«Ces droits ont été signés pour de longues durées, on en est pas encore à les rediscuter», a conclu Takis Candilis. L’an prochain, le service des sports de France Télévisions, qui n’est pas exclu du plan d’économie (environ 30 millions d’euros en 2019), va quand même devoir trouver d’autres levier pour contribuer à l’effort financier du groupe.

© SportBusiness.Club Août 2018

Delphine Ernotte et Takis Candilis, France Télévisions

 


France TV veut Paris 2024.

Si le football n’est plus dans les plans de France Télévisions, en revanche Delphine Ernotte, la présidente du groupe audiovisuel public, rêve d’avoir les Jeux olympiques de Paris 2024. «Cet été encore, nous avons été des partenaires de l’athlétisme [NDR : avec la retransmission des championnats d’Europe de Berlin], a-t-elle insisté. Nous sommes partenaires des Jeux olympiques depuis des années. Nous allons tout faire pour obtenir les droits de 2024. Au-delà même de la retransmission des épreuves, ce qui nous importe est de porter les valeurs du sport et de faire émerger de nouvelles pratiques sportives, professionnelles ou amateurs. Cet événement concerne tous les français. Même si tout ne m’appartient pas, indépendamment des économies que le groupe doit réaliser on fera tout pour obtenir ces droits.» Discovery, détenteur des droits pour le marché européen, espérerait 130 millions pour la diffusion sur des chaînes en clair des épreuves des Jeux d’hiver de Pékin 2022 et d’été de Paris 2024.


Pas de canal hertzien dédié au sport.

Interrogé sur l’éventualité d’ouvrir une fréquence hertzienne destinée à la diffusion de programmes sportifs en haute-définition ou ultra haute définition, Takis Candilis, directeur général à l’antenne et aux programmes de France Télévisions, a répondu que ses priorités étaient ailleurs. «Nous avons des efforts très importants à faire sur le numérique et aujourd’hui ouvrir un nouveau canal linéaire n’est peut-être pas d’actualité, a-t-il précisé. Notre objectif est d’investir encore plus le numérique. Je crois que pour les événements sportifs, comme Roland Garros par exemple, notre plateforme France TV Sport doit encore se développer afin de permettre de proposer au même moment plusieurs événements se déroulant à différents endroits. C’est là ou l’on veut mettre nos forces.»