Gay-Games 2018 à Paris, des Jeux militants

Gay-Games 2018

Dans la longue séquence de grands événements sportifs mondiaux que Paris et la France s’apprêtent à organiser, les Gay-Games ont une place à part. «Ce sont des jeux militants, dont le mot d’ordre est égalité», clame Pascale Reinteau, coprésidente du comité d’organisation de l’événement qui se tiendra du 4 au 12 août 2018. Créés en 1982, les Gay-Games étaient à l’origine une manifestation destinée à mettre en avant les problèmes de discrimination dont les homosexuels sont la cible. «Cela existe encore aujourd’hui dans le milieu du sport, précise Manuel Picaud, le second coprésident. Ces jeux doivent casser des codes, déconstruire une vision souvent viriliste du sport».

Au-delà du message, les Gay-Games sont un événement sportif, festif, culturel et, surtout, ouvert à tout le monde, ce qui le distingue de toutes les autres compétitions. Anne Hidalgo, Maire de Paris, envisage elle-même une participation au tournoi de tennis de table. «D’ici là, je vais devoir m’entraîner un peu avec Jean-Philippe Gatien (ancien champion de la discipline et actuel membre de Paris 2024)», a lâché l’élue parisienne très enthousiaste à propos de l’événement : «Nous nous sommes toute suite engagés derrière cette candidature, explique-t-elle. Ce combat contre l’homophobie et toutes les discriminations est une évidence, et Paris a toujours été en avant-garde à ce sujet. L’image gay-friendly est d’ailleurs une bonne image. Elle montre une ville ouverte et tolérante».

Du sport et de la culture.

Parrainés par Lilian Thuram, les Gay-Games sont soutenus par le mouvement sportif, dont le Comité national olympique français, le Ministère des sports, mais également les ministères de la solidarité, de la culture et de la communication, de l’enseignement, et le secrétariat d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’événement sera accompagné de débats, dont certains organisés par Sport & Citoyenneté, et de festivités culturelles autour du cinéma, la mode, la musique ou la philosophie. En sport, le concept d’ouverture des Gay-Games se traduira par un rayonnement au-delà des disciplines traditionnelles. Ainsi, les 15.000 participants attendus pourront aussi se confronter à la pétanque, au roller, au bowling ou à la danse sportive.


Un budget de 6 millions d’euros

C’est en octobre 2013, à Cleveland, aux Etats-Unis, que la Fédération internationale des Gay-Games a attribué à Paris l’organisation de la 10e édition de leur compétition. Londres était également candidate. Le budget de l’organisation de l’édition 2018 s’élève à 6 millions d’euros, dont 30% proviendront des inscriptions des 15.000 participants (les deux tiers d’étrangers). Ce poste de recettes sera d’ailleurs reversé à la Fédération internationale des Gay-Games, le seul droit payé par l’organisateur. Le budget provient aussi des subventions publiques (20%) et des partenaires privés (40%). BNP Paribas, Franprix, General Electric, Renault ont déjà signé, comme Radio France et France Télévisions, côté médias. Enfin, le solde du budget (10%) sera issu du merchandising et de la billetterie. Si les compétitions seront gratuites pour le public, les événements, comme la cérémonie d’ouverture au stade Jean-Bouin (avec l’agence MCI) ou la soirée du Grand Palais, seront payants. L’impact économique est estimé à 136 millions d’euros dont 58 durant les jeux grâce à la présence de 300.000 visiteurs.

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