«Même Louis Vuitton est dans l’esport»

Interview : Bertrand Amar. Le patron de l’esport chez Webedia, et fondateur de la chaîne spécialisée ES1, estime que les “Worlds”, la finale du championnat du monde de League of Legends, qui se dispute ce dimanche 10 novembre à l’Accor Hôtels Arena de Paris, permettra d’ouvrir l’esport à un public encore plus large. Il se réjouit de voir des marques grand public ou du luxe, comme Louis Vuitton, investir la discipline.

La finale du championnat du monde de League of Legends à Paris sera-t-elle un événement important pour le développement de l’esport en France ?

Bertrand Amar : «Oui, car c’est historique : il s’agit du jeu esport de référence. Cela fera date car c’est la première fois que la France accueille un événement d’une telle ampleur internationale. Cela permettra de placer Paris sur la carte mondiale de l’esport.»

Cet événement permettra-t-il d’améliorer la popularité de l’esport en France ?

B.A.: «Lors de chaque événement de grande ampleur les médias mettent un coup de projecteur sur l’esport. Cela permet de faire découvrir la discipline à un nouveau public. Oui, évidemment, des gens vont découvrir ce phénomène grâce aux reportages réalisés à cette occasion. La plupart des gens qui entende parler de l’esport pour la première fois sont touchés par la télévision. La couverture faite par les médias traditionnels est le meilleur moyen pour faire découvrir l’esport et donc de faire grandir son audience

La Mairie de Paris organise un village événementiel consacré à l’esport sur la place de l’Hôtel de Ville. Cela vous étonne-t-il ?

B.A.: «Si cette finale se déroule à Paris ce n’est pas par hasard. Il y a eu une vraie bataille des villes pour accueillir ce type événement. C’est comme pour les Jeux olympiques. En fait, ce n’est pas Riot Games [éditeur du jeu League of Legends] qui a choisi Paris : c’est Paris qui a gagné cette compétition pour accueillir la finale mondiale. Il est donc normal que la ville essaie de capitaliser au maximum autour de l’événement qui par ailleurs fera rayonner Paris à l’international grâce à des audiences colossales notamment en Chine

League of Legends n’est-il pas un jeu trop difficile à suivre pour les non-initiés ?

B.A.: «Oui, clairement. League of Legends n’est pas facile à comprendre, à la différence d’un jeu de football ou de voitures. Dans ces cas là, même si on y a jamais joué on comprend ce qui s’y passe. Pour suivre League of legends il faut être initié, mais c’est la tâche des casteurs, c’est-à-dire les commentateurs. Je pense que ceux qui auront le privilège de commenter la finale auront un travail de pédagogie à faire parce qu’il y aura probablement beaucoup de curieux qui vont regarder du League of Legends pour la première fois.»

Les jeux de sport et de football sont-ils la porte d’entrée idéale pour l’esport ?

B.A.: «Oui, si vous voulez découvrir l’esport de la manière la plus simple c’est avec le jeu Fifa en football, et avec l’e-Ligue 1 car on y retrouve un environnement familier, notamment les 20 clubs de Ligue 1, et un sport connu par tous. Cela permet de se rendre compte qu’avec un jeu vidéo on peut suivre une compétition virtuelle mais avec des sensations bien réelles.»

Les grandes marques s’intéressent-elles désormais plus à l’esport ?

B.A.: «C’est même vraiment la tendance. Historiquement, c’étaient les marques de PC ou d’équipement informatique qui étaient partenaires des événements esports. Aujourd’hui, on voit beaucoup plus de marques grand public, comme les constructeurs automobiles ou même Louis Vuitton. Ces derniers ont conçu la malle transportant la “Summoner’s Cup”, le Trophée du championnat du monde de League of Legends, et le styliste de la maison, Nicolas Ghesquières, a créé une tenue virtuelle pour un personnage du jeu qui sera mise en vente pour les joueurs lors de la finale

© SportBusiness.Club Novembre 2019

Bertrand Amar, Webedia