Patrice Bégay : «Un club est un booster de l’humanité»

Patrice Bégay, BPI France

Interview : Patrice Bégay. Le directeur exécutif communication et BPI France Excellence a orchestré la 3e Journée des Présidents jeudi 23 janvier à Paris, dans les locaux de l’Olympia. Cet événement réunissait une cinquantaine de présidents de clubs de BPI France venus écouter notamment des présentations de personnalités d’univers divers. Explications de cette journée de networking.

Quel était le but de l’événement organisé jeudi 23 janvier à l’Olympia ?

Patrice Bégay : «L’objectif était de rassembler les 54 présidents de clubs BPI France portant les mêmes valeurs que nous, à savoir la simplicité dans leurs actions, la proximité humaine dans le cadre du développement de leurs clubs et également une volonté d’optimisme. En fait, ces présidents de clubs sont aussi des entrepreneurs et nous avons souhaité “secouer le cocotier” en leur disant que nous sommes souvent dans des modèles pré-inscrits mais qu’il faut casser les codes en permanence. Cette journée a été partagée en trois parties : le matin avec des présentations de leaders inspirants, l’après-midi avec des ateliers d’experts externes et internes, et le soir c’était une rencontre avec une artiste, la pianiste Valérie Marie. Elle a parlé du leadership, du “tout est possible”, et en même temps elle nous interprété des morceaux de musique magiques.»

Existe-t-il un parallèle entre entrepreneur et président de club ?

P.B.: «La plupart des présidents de club sont par ailleurs également entrepreneurs. Ils ont souvent à la fois, d’un côté une vie professionnelle, et de l’autre un rôle social, sociétal et entrepreneurial avec leur club. Tout cela se fait au plus près des territoires dans lesquels ils sont implantés, dans leurs régions. En fait, aujourd’hui un club de sport est un booster de l’humanité et rien que pour cela nous avons le devoir de les aider. C’est le cas depuis le début chez BPI France où nous avons pu créer et développer cette énergie entre le monde de l’entreprise et celui du sport.»

Qu’attendent-ils de ce type de rendez-vous ?

P.B.: «Ils souhaitent qu’on leur ouvre l’esprit car très souvent ils restent entre eux. C’est bien, mais le risque est que cela devienne consanguin. Ils ont besoin de s’ouvrir avec des personnes venant d’autres disciplines que la leur, du football, du handball, du water-polo… Ils attendent les bonnes idées car aujourd’hui un club de sport c’est bien plus que du sport. Si on ne comprend pas ça, cela signifie que l’on n’a rien compris. Il faut benchmarker. J’explique aux présidents qu’ils doivent passer 40% de leur temps à l’étranger ou à Paris. C’est le minimum pour développer leur club. L’idéal c’est même 60%. Ce n’est pas grave si le président n’assistent pas à tous les matchs de son équipe

Recherchent-ils l’inspiration ?

P.B.: «Oui, et surtout des cas concrets. Ainsi, je regrette qu’aucun club en France ne soit une marque. Cela n’existe pas. Ce n’est pas parce que vous vendez des maillots que vous êtes une marque. En revanche, le FC Barcelone est une marque. C’est l’exemple d’un thème d’atelier que nous avons mis en place. Pour cela nous avons sollicité Thibault Saguez, directeur général adjoint de Saguez et Partners, agence spécialisée dans le design et la marque. Le monde du sport et du sponsoring sportif est révolu : c’est le monde partenarial maintenant. Il faut se réinventer, toujours. C’est pour cela que c’est formidable de profiter dans notre événement d’autant de gens venant d’univers aussi différents pour parler et échanger les expériences.»

© SportBusiness.Club Janvier 2020