Journalistes et attachés de presse dans le même bateau

A quatre jours du départ, la salle de presse de la Transat Jacques Vabre, installée dans les Docks du Havre, ne fait pas encore salle comble. Ce n’est pas le cas juste à côté, dans l’espace réservé aux attachés de presse. Une trentaine de professionnels de la communication s’activent sur leurs ordinateurs portables. Ils et elles représentent les skippers de la course ou leurs sponsors. Souvent les deux. Une simple rangée de plantes vertes sépare les deux populations. Une situation qui n’existe que dans la voile.

«Oui, c’est vrai, je n’observe pas cette proximité dans d’autres univers sportifs, confirme Frédéric Veille, grand reporter à RTL. Il y a quelques années, nous étions tous dans la même salle de rédaction, mais à la limite ce n’est pas plus mal d’avoir une séparation.» Le journaliste radio se justifie par le besoin d’un peu de calme. «Nous avons eu quelques remarques dans le passé car il y a plus de va-et-vient et de bruit chez les attachés de presse,» confie un responsable de service de presse.

Des mésaventures communes

«Je ne suis pas dupe, les attachés de presse sont là pour vendre leur truc, mais ils sont nécessaires à l’écosystème de la voile, assure Frédéric Veille. J’ai de bonnes de relations avec certains et certaines, même des liens amicaux.» En voile, l’attaché de presse est la porte d’entrée pour le skipper. Dans la discipline, mettre en avant le navigateur c’est aussi parler du sponsor qui finance le projet et donne le nom au bateau. «Nous sommes là pour vendre des histoires avec les marins avant des marques, précise Cathy Sibot de Oconnection. Heureusement, en voile l’athlète est beaucoup plus accessible que dans d’autres sports.»

La proximité entre attachés de presse et journalistes s’explique aussi par l’écosystème réduit de la voile. «C’est un microcosme, observe Philippine Lauraire de PLRP. Les gens changent peu, que ce soit les journalistes ou nous. Tout le monde se connaît et on partage souvent des aventures, comme ce fut le cas à lors de l’arrivée de la Route du Rhum d’Alex Thomson en Guadeloupe quand je me suis retrouvée avec une poignée de journalistes en salle de presse à 4 heures du matin.» Des mésaventures qui créent des liens entre attachés de presse et journalistes, même si au final chacun connaît son territoire d’action et le travail à faire.

©️ SportBusiness.Club Octobre 2019