Kito de Pavant : un financement Made in Midi

Rester à terre ? Inenvisageable pour Kito de Pavant. Le skipper sera bien au départ de la Transat Jacques Vabre dimanche 27 octobre au Havre. Il embarquera à bord de son Class 40 Made in Midi et avec son équipier, Achille Nebout. Il s’en est fallu de peu pour que le navigateur occitan rate cette échéance. La faute à un mât brisé en trois un mois avant le départ. Il en faut plus pour décourager ce vieux loup de mer qui a participé à trois Vendée Globe et en sera à sa neuvième «Jacques Vabre».

«C’est clair que ça met un coup au moral, mais il n’était pas question d’abandonner l’affaire,» confie le navigateur qui a dû trouver une solution financière très rapidement : une opération de financement participatif. Elle a été lancée pour prendre en charge les 40.000 euros nécessaires à l’achat d’un nouveau mât. «J’ai la chance d’avoir une communauté importante qui me suit sur les réseaux sociaux, indique Kito de Pavant. Ils ont été réactifs et je m’étonne toujours de cette générosité.» Après quelques jours, près de la moitié de la somme a déjà été rassemblée.

Enfant de la Méditerranée, Kito de Pavant estime ne pas avoir la facilité des Bretons ou Vendéens pour séduire d’éventuels sponsors au pied levé. «Je suis un peu le vilain petit canard, affirme-t-il. Dans le Sud nous sommes moins dans l’univers des courses au large et loin des grands événements. Du coup, c’est beaucoup plus difficile de mobiliser les entreprises derrière un projet voile.» Les grandes capitales d’Occitanie semblent en effet plus sensibles au football, au rugby ou au handball qu’aux monocoques océaniques.

Ticket d’entrée : 10.000 euros

Après avoir été parrainé par les fromageries Bel, Kito de Pavant a décidé en 2013 de monter son club d’entreprises sous une bannière unique : Made in Midi. «Cela réclame beaucoup d’énergie, mais dans mon territoire ce n’est pas facile de convaincre des dirigeants d’entreprises dont la course au large ou la voile ne figurent pas parmi leurs sports de prédilection, explique le marin. Du coup, je préfère proposer des tickets d’entrée abordables afin qu’ils découvrent le sport et ses avantages.»

Échaudé par sa dernière aventure sur le Vendée Globe, où il a été contraint d’abandonner son bateau en plein Océan Indien après un choc avec un cachalot, Kito de Pavant a revu ses objectifs. Fini l’Imoca réclamant 3 à 4 millions d’euros de budget : le marin vogue désormais en Class 40, un pur bateau de course également mais aux coûts plus raisonnables. «Un budget de 300.000 euros est suffisant pour une saison, même si le double nous permettrait de faire mieux les choses», indique-t-il. Le premier niveau de partenariat du projet voile Made in Midi commence à 10.000 euros annuels. «Ce peut être en échange de prestations techniques ou en matériel,» précise l’intéressé.

Pour obtenir plus de visibilité sur le bateau, l’échelon suivant s’élève à 50.000 euros. La marque pourra alors s’afficher sur la grand-voile. Enfin, le partenariat le plus important est le naming du Class 40 : 100.000 euros, minimum. Le bateau sera alors aux couleurs du sponsor et en portera le nom lors des compétitions. L’entreprise bénéficiera de journées de navigation en mer avec le skipper pour ses collaborateurs ou ses clients. «Outre la visibilité et les valeurs liées à la voile, ce sont les histoires que nous avons à raconter qui intéressent les sponsors, et entre notre vie de marin et celle d’entrepreneur il n’y a souvent pas beaucoup de différence,» assure Kito de Pavant.

© SportBusiness.Club Octobre 2019