La caravane hors normes du Tour de France

Ne cherchez pas, vous ne les croiserez pas sur votre chemin. Les chars de la caravane publicitaire du Tour de France ne circulent que sur la route de la Grande Boucle. «Ils ne sont pas homologués pour rouler ailleurs», confirme Philippe Sarran, directeur de la sécurité de Theobora, entité de l’agence Idéactif qui réalise et construit depuis plusieurs années les véhicules événementiels des sponsors du Tour de France. «Ils peuvent circuler sur cette route privatisée, mais dès l’arrivée nous les transportons sur un camion-plateau», explique-t-il

Avec les années, les normes de sécurité se sont durcies et les dispositifs de la caravane publicitaire du Tour de France ont réduit de volume. Cette année, le char le plus imposant reste celui d’X-Tra. La lessive du groupe Henkel dispose d’un camion de 7,5 tonnes. Un monstre et une exception qu’Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire du Tour, tolère encore.

«Aujourd’hui, les plus gros chars sont construits sur la base de petits camions, inférieurs à 3,5 tonnes, pouvant être conduits avec un permis voiture», indique Philippe Sarran. Théoriquement, car dans la pratique le maniement de ces engins improbables n’est confié qu’à des conducteurs aguerris. «C’est un vrai métier, car il faut évoluer au milieu d’une foule parfois compacte, avec une position de conduite pas très confortable et quelquefois sans disposer de rétroviseurs», précise le responsable de la sécurité de Theobora.

La sécurité d’abord

Quelques semaines avant le départ du Tour, les ateliers de l’agence, situés à une heure de Paris, sont en effervescence. Les voitures événementielles des sponsors sont révisées et remises à jour avec un nouvel adhésivage. Certains sont en cours de construction sur la base d’un véhicule neuf totalement désossé. Ils accueillent leurs décors dessinés en studios. Ici, la seule limite est l’imagination, «et le budget également», ajoute Philippe Sarran.

Cette activité requiert de nombreux corps de métiers : mécaniciens, menuisiers, soudeurs, peintres… «Tout doit être dans les normes définies par ASO, insiste le dirigeant. C’est le cas pour le gabarit du véhicule, mais aussi la sécurité des personnes sur les chars, conducteurs, animateurs, ou la sonorisation». Celle-ci doit fonctionner et cracher ses watts en toutes circonstances et quelle que soit la météo. Les dernières directives de la direction du Tour réclament l’utilisation de matériaux absorbants en cas de choc. «Notre objectif est d’essayer d’approcher un taux d’accidentologie raisonnable», confie Philippe Sarran. Aucun est même le seul résultat attendu.

© SportBusiness.Club juillet 2018


Bostik à la colle avec le led

La marque de colle du groupe Arkéma a pris le départ de son quatrième Tour de France avec une caravane publicitaire quasiment renouvelée. Adieu le gecko, ce gros lézard vert censé représenter l’adhérence. Bostik préfère cette année des démonstrations produits plus percutantes, comme la possibilité de recoller le talon d’un escarpin. Un gros tube représente le produit à côté d’une chaussure géante, et le ruissellement de la colle est symbolisé avec des lumières led. Le message doit être simple à comprendre, et rapide : les 12 millions de spectateurs du Tour ne voient le char que quelques secondes.