La chaîne olympique bientôt en France ?

Télévision

Mort-né il y a près de 20 ans, le projet d’une chaîne sportive “publique” et gratuite refait surface. C’est, en tout cas, le souhait de Denis Masseglia. Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a insisté sur ce sujet devant le mouvement sportif lors de la cérémonie des vœux, jeudi 11 janvier dernier. «Avoir une chaîne identifiée sport est un challenge excitant qu’il nous est offert de relever, a-t-il déclaré. L’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui est exceptionnelle» (Voir l’intégralité de cette intervention ci-dessous).

En 2009, le patron du mouvement olympique français avait déjà évoqué la création d’une chaîne de sport gratuite en France. Un projet remonte même à 1999. A l’époque, l’idée était d’associer le CNOSF à France Télévisions. Ce dernier serait opérateur et diffuseur de cette chaîne baptisée France Olympique et dotée d’un budget de 80 millions de francs, soit 12 millions d’euros. Des brouilles personnelles ont eu raison du dossier, finalement enterré sans pouvoir saisir la chance du lancement de la TNT (Télévision numérique terrestre) en 2005. La question se pose donc à propos de l’insistance de Denis Masseglia pour déterrer ce serpent de mer. D’autant que le paysage audiovisuel actuel paraît désormais saturé avec plusieurs chaînes de sport payantes et une gratuite, celle de L’Equipe.

«Une opportunité exceptionnelle»

Selon mes informations, le patron du CNOSF, d’une part, parie sur l’échéance olympique de 2024, un événement capable de débloquer des projets autour du sport. D’autre part, le mouvement sportif dispose maintenant de la Chaîne Olympique lancée par le Comité international olympique au lendemain immédiat des Jeux de Rio 2016. Celle-ci diffuse ses programmes via internet à l’international et à destination d’un public jeune. Ce pourrait être un socle idéal pour construire la programmation d’une nouvelle chaîne. Enfin, Denis Masseglia profite surtout que le débat sur l’audiovisuel public ne soit pas encore lancé pour donner le maximum de crédibilité à ce projet de chaîne de sport. C’est justement pour ce travail que le président du CNOSF a demandé aux présidents de fédérations sportives de se mobiliser.

France Télévisions va, en effet, s’engager dans un plan d’économies d’environ 50 millions d’euros. France 4, défendue par les producteurs des séries d’animation, ou France Ô, portée par le monde de l’Outremer, pourraient en faire les frais. Et voilà «l’opportunité exceptionnelle» relevée par Denis Masseglia. Le président du CNOSF a récemment rencontré Delphine Ernotte, son homologue de France Télévisions, pour faire le bilan de la première année du contrat de 4 ans liant le service audiovisuel public au CNOSF. Un rendez-vous qui aura été une nouvelle «opportunité» pour évoquer le sujet de la chaîne de sport.


Extrait du discours de Denis Masseglia, le 11 janvier 2018:

«La deuxième [initiative] concerne le partenariat avec France Télévisions. Avoir une chaîne identifiée sport est un challenge excitant qu’il nous est offert de relever. Nous pouvons faire en sorte d’assembler forces et moyens pour donner davantage de consistance à un tel projet, tant sur le plan technique que sur le plan économique, afin de convaincre l’ensemble des décideurs de franchir le pas. Le CIO l’a fait avec l’Olympic Channel en misant sur le rôle modèle des athlètes pour conduire les Jeunes à aller vers le sport et sa pratique. Il a montré la voie pour que le mariage Jeunesse et Sport évolue tout en restant logique et solide. Le CNOSF œuvre sans relâche depuis 20 ans pour que ce projet de chaîne sportive en gratuité et pour tous les sports devienne enfin réalité. Nous en sommes passés près, et même très près, dans d’autres circonstances. L’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui est exceptionnelle. Elle est toutefois soumise aux contraintes de réorganisation de France Télévisions, et c’est pourquoi l’union de toutes les forces sera d’autant plus nécessaire pour convaincre. Ce serait un bel exemple d’héritage de Paris 2024 si nous y parvenions».

1 Commentaire

  1. Cette chaîne pourrait déjà exister si le précédent appel d’offres concernant le partenariat média il y a un an n’avait pas ete entaché d’irrégularités. Avec l’aide de Patrick Chêne, et le soutien de Denis Masseglia, Sport365 / Sporever l’avait emporté sur la base de la creation d’un chaîne olympique. Malheureusement, en pleine campagne électorale au CNOSF, l’appel d’offfes a du etre relancé pour eviter tout risque juridique. Le vent a alors brusquement tourné en faveur de France TV suite aux négos habillement menées par L.E. Lelay nouvellement arrivé dans le groupe. Quid des promesses faîtes a ce moment là

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