La Coupe du monde débute par le match pour l’édition 2026

La Coupe du Monde 2018 n’a pas encore commencé que la FIFA a déjà les yeux tournés vers… 2026. Jeudi 13 juin, les dirigeants de la fédération internationale de football doivent choisir où sera organisé leur événement phare dans huit ans, après le Mondial russe de cette année et celui du Qatar fin 2022. Deux dossiers s’opposent : celui porté par le trio Etats-Unis/Canada/Mexique et le second porté par le Maroc. La Coupe du monde 2026 sera la première avec 40 équipes qualifiées et 80 matchs.

Les deux projets s’opposent totalement. La candidature de l’Amérique du Nord entend jouer sur la sécurité avec une organisation dans 16 stades déjà existants contrairement au Maroc ou 8 enceintes sur les 14 prévues sont à construire. Du coup, les deux budgets sont sans comparaison : 3 milliards de dollars pour le Maroc contre moins de 750 millions pour les américains.

L’enjeu de la billetterie

Le comité de candidature marocain assure tout de même que ces 3 milliards représentent «moins de 1% de la dépense publique du pays sur la période de préparation de l’évènement». Pour éviter les “éléphants blancs”, ces structures sportives abandonnées après les compétitions, les nouveaux stades marocains seraient modulaires permettant de réduire leurs capacités après la Coupe du monde.

Les porteurs des deux dossiers se bagarrent aussi sur les recettes marketing. La FIFA conserve l’essentiel des revenus commerciaux, sponsoring et droits TV. C’est sur la billetterie que les organisateurs du mondial devront tabler pour équilibrer le budget. Le trio américain promet 5,8 millions de billets et 2,1 milliards de dollars de recettes quand le Maroc prévoit 3,8 millions de billets et 785 millions de dollars.

Un choix politique ?

Le dossier Etats-Unis/Canada/Mexique met en avant un tissu économique florissant avec de nombreuses marques sponsors d’événements sportifs internationaux : «Les entreprises nord-américaines dépensent environ 625 millions de dollars sur quatre ans dans partenariats olympiques et environ 350 millions de dollars pour la même période dans les partenariats de la FIFA», rapporte le dossier.

De son côté, les Marocains préfèrent insister sur la compacité géographique de leur projet : «Tous les stades sont dans un rayon de 550 kilomètres autour de Casablanca», indique Moulay Hafid Elalamy, président du comité de candidature qui affirme aussi que les horaires des matchs sont mieux adaptés pour une diffusion mondiale. Un message destiné aux détenteurs des droits tv.

Enfin, au moment du vote, l’aspect politique aura évidemment son importance. Lors d’une présentation à Paris du comité de candidature du Maroc, Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, a appuyé sur ce point délicat. «On ne peut pas limiter l’organisation des grands événements sportifs à seulement quelques pays, a-t-il déclaré le 15 mai dernier. Il serait injuste et inique que le Maroc ne soit pas désigné. Une Coupe du Monde ne se gagne pas sur des menaces, mais sur un dossier. D’ailleurs, le meilleur avocat pour la candidature marocaine est Mr Trump».


Mise à jour (jeudi 13 juin 2018) : Le dossier United 2026, réunissant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, a été désigné comme organisateur de la Coupe du monde 2026 par les membres de la FIFA : 67% des voix, contre 33% pour la candidature du Maroc.