La feuille de route de Paris 2024 fixée

Pierre-Olivier Beckers-Vieujant (CIO) et Tony Estanguet (Paris 2024)

C’est parti pour Paris 2024. Le premier séminaire d’orientation du Comité international olympique, qui s’est tenu jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre, a donné le coup d’envoi officiel de la nouvelle phase, celle d’organisation qui mènera jusqu’au 2 août 2024 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris. Cette journée et demi de débat a dressé la voie à suivre. «Ce sera un projet partagé et d’équipe», a annoncé d’entrée Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, membre du CIO et président de la commission de coordination des Jeux de Paris.

«Le projet est colossal, a-t-il insisté devant les représentants du mouvement sportif français, de l’Etat et des collectivités. Il va falloir de la transparence, un esprit de collaboration et se faire confiance. Nous devrons faire preuve d’une grande unité d’approche pour la communication afin d’éviter de semer la confusion». Le CIO veillera donc sur Paris 2024, sans pour autant être «un garde chiourme», précise Pierre-Olivier Beckers-Vieujant qui rêve de «Jeux inspirants pour les jeunes, et pour les villes» qui souhaiteraient être candidates pour les prochaines olympiades.

«Si le baron Pierre de Coubertin voulait des Jeux “plus vite, plus haut, plus fort”, je propose qu’ils soient maintenant aussi plus éthiques, plus responsables et plus solidaires», a conclu l’homme d’affaires belge, également président du comité national olympique de son pays. La feuille de route du futur Cojo (Comité d’organisation des Jeux olympiques) est fixée. Voici le détails sur les principaux chantiers de Paris 2024.


L’agenda.

Christophe Dubi (CIO), Tony Estanguet (Paris 2024)

Les membres du CIO ont été impressionnés par le travail du comité de candidature depuis le 13 septembre dernier et la désignation officielle à Lima. «Ils sont dans les clous, a affirmé Christophe Dubi, directeur exécutif des jeux olympiques au CIO. Les statuts du Cojo et de la Solidéo (société qui gérera la livraison des infrastructures) sont déjà prêts. Nous avons pu les voir et en discuter ensemble. La loi olympique est déjà lancée, c’est extraordinaire. Vous allez vite». Un compliment qui s’adressait à Tony Estanguet, futur président du Cojo. Le recrutement du directeur général du Cojo est également suivi par le CIO. Il devrait être désigné avant la fin décembre par Tony Estanguet parmi une short list dressée par un cabinet de recrutement. Les candidats devaient se déclarer avant vendredi 1er décembre.

La gouvernance.

A quelques jours de lancer officiellement le Cojo, la gouvernance est le sujet du moment. «N’importe quelle organisation peut avoir une gouvernance, a expliqué Pierre-Olivier Beckers-Vieujant du CIO. En revanche, une bonne gouvernance c’est plus difficile. Pour cela, il faut, un état d’esprit, des règles formelles, une méthodologie. Il faut aussi que les rôles de chacun soient bien définis». Le président de la coordination de Paris 2024, qui a prévenu de faire attention à ne pas confondre gouvernance et management, a exposé ses règles : «Une bonne gouvernance ne doit être ni paralysante ni trop démocratique». Enfin, le membre du CIO a conseillé la mise en place «dès le départ» d’une commission financière dont l’un des rôles sera de planifier les appels d’offres.

La vision des Jeux.

Il s’agira du premier chantier pour Tony Estanguet. «La vision que l’on donnera à nos Jeux sera notre colonne vertébrale, a assuré le prochain patron du Cojo. Mais, avant cela, il faudra faire le tri dans les objectifs, bien définir les priorités et les marqueurs. Même si nous devons être ambitieux, les Jeux ne peuvent pas tout changer. Il faudra faire des choix». De cette “vision”, traditionnellement concrétisée par une signature, sera déclinée tout le plan d’action et la stratégie du comité d’organisation. «Nous devrons aussi sortir de notre univers, a poursuivi Tony Estanguet. Il faudra parler à ceux qui ne se sentent pas concernés par le sport. Il faudra les écouter, les comprendre et leur proposer quelque chose qu’ils n’attendent pas». Attention tout de même à ne pas aller trop vite, a conseillé Pierre-Olivier Beckers-Vieujant du CIO. «Ne vous laissez pas embarquer dans un slogan trop tôt, a-t-il prévenu. Il risque de cadenasser la vision que vous aimeriez développer».

L’héritage.

Séminaire d’orientation du CIO Paris 2024

Le volet héritage social et éducatif est le point fort de Paris 2024 ont reconnu les dirigeants du CIO. Marie Barsacq, directrice “Impact et héritage” de Paris 2024 estime qu’il faut dès aujourd’hui définir certains indicateurs. «Nous devrons, par exemple, être capables de mesurer dans le temps l’évolution de la pratique sportive, a-t-elle expliqué. Nous devrons aussi avoir des indicateurs externes pour vérifier comment Paris 2024 fait “évoluer les choses”. Nous aurons besoin d’une photo dès 2018 afin de vérifier le chemin parcouru».

Le marketing.

Le principal programme de sponsoring des Jeux est géré par le CIO. Aujourd’hui, six sponsors sont déjà prévus pour 2024 : Alibaba, Bridgestone, Intel, Omega, Panasonic, Toyota. «Nous en sommes à la moitié, a déclaré Timo Lumme, directeur du marketing du CIO. Nous en prévoyons douze. Nous travaillons pour cela en ce moment et ce programme devrait être bientôt bouclé». Le CIO entend aussi nouer un nouveau style de partenariat avec les sponsors «bien connus pour leur apport financier». Aujourd’hui, l’instance évoque des «transferts de connaissances». Ainsi, le chinois Alibaba va, outre sa notoriété mondiale, développer un système de « cloud » pour le CIO et une plateforme d’e-commerce où toute la planète pourra acquérir les tenues olympiques de n’importe quel pays. Le Cojo Paris 2024 sera chargé de définir la stratégie commerciale “domestique” pour des sponsors dont l’activation sera nationale à partir de janvier 2019. Leurs territoires de communication pourra inclure des volets RSE.

La célébration des Jeux.

Denis Masseglia (CNOSF), Elisabeth Allaman (CIO)

Le CIO souhaite la plus large célébration en dehors des stades. A l’occasion des Jeux de Pyeongchang en février 2018, l’instance olympique lancera le concept de Festival olympique, des “fans-zones” en centre-ville. «L’événement, adapté à chaque ville et population par le comité olympique local, pourra reprendre le look des Jeux, les codes olympiques de la ville organisatrice», a précisé Elisabeth Allaman, Vice-présidente de l’intégration commerciale au CIO. En février prochain, Grenoble, qui célèbre les 50 ans de ses Jeux d’hiver de 1968, aura son Festival olympique. Ces sites devront aussi proposer des activités sportives axées sur la découverte des disciplines. «Il faut donner du sens à cette expérience hors-stade», a ajouté Karim Herida, directeur adjoint du projet olympique pour la ville de Paris et en charge de la fan-zone parisienne de l’Euro 2016. «Le challenge sera de ne pas limiter la fête olympique aux quinze jours de compétition, a reconnu Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français. «Nos concepts d’activation pourront être testés durant les Jeux de Tokyo 2020, a indiqué Tony Estanguet. Nous avons conscience qu’il convient d’engager les partenaires et le grand public bien en amont des Jeux».

La collaboration Paris 2024 / Los Angeles 2028.

La double attribution des jeux décidée par le CIO en septembre dernier a donné lieu à une collaboration inédite entre deux villes-hôtes. Un contrat a déjà été signé par les maires des deux villes, Anne Hidalgo et Eric Garcetti. Des membres de L.A. 2028 étaient invités pour le séminaire d’orientation de Paris 2024. «C’est un monde d’opportunités qui s’ouvre à nous, s’est réjoui Christophe Dubi du CIO. On peut envisager des partages de connaissances, de compétences et d’expertises entre les deux COJO. Pourquoi pas aussi des appels d’offres en commun». La question de partenaires “locaux” communs n’est pas tranchée. Une personne dédiée à la collaboration Paris/L.A. intégrera le comité d’organisation français. «J’ai déjà rencontré les responsables de NBC aux Etats-Unis car nous voulons, avec Los Angeles, que nos deux Jeux soient les plus forts possibles», a indiqué Tony Estanguet. D’autres échanges sont envisageables comme des volontaires pouvant participer aux deux jeux, ou échanges et jumelages entre les écoles des deux villes.

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