Environnement : le foot pro mobilise ses mascottes

Scoty le panda, Lyou le lion, Bouba l’éléphant, Germain le lynx… pour la première fois, les mascottes des équipes de Ligue 1 prennent la parole. C’est pour la bonne cause : la protection des animaux et la défense de l’environnement. Un film d’animation mettant en scène sept mascottes, choisies parmi les espèces en voie de disparition, sera diffusé sur les écrans géants des stades de Ligue 1 et Ligue 2 lors des matchs de la 33e journée de championnat, entre vendredi 19 et dimanche 21 avril. C’est l’un des volets de l’accord d’un an signé mardi 16 avril entre la Ligue de football professionnel (LFP) et la WWF France (World Wildlife Fund).

«Il ne s’agit pas d’une opération de communication, précise Nathalie Boy de la Tour, présidente de la LFP. Nous nous sommes fixés trois objectifs avec ce partenariat. Le premier est la sensibilisation du grand public aux enjeux de biodiversité et de protection de l’environnement. Ce sera le cas ce week-end avec la diffusion du spot et un appel aux dons. La LFP abondera d’un euro à chaque euro versé

Le deuxième public visé par la LFP sont les jeunes des centres de formation des équipes professionnelles. Ils auront droit, eux-aussi, à des opérations de sensibilisation sur les enjeux environnementaux. «Plusieurs clubs réalisent déjà ce type d’actions, comme Ajaccio où les jeunes participent au reboisement du centre ville,» indique Nathalie Boy de la Tour.

Objectif zéro déforestation

Enfin, la LFP compte aussi mobiliser les clubs eux-mêmes afin qu’ils réduisent leur empreinte environnementale. «Nous allons les accompagner, affirme la présidente de la LFP. C’est le cas pour l’élimination du plastique dans les stades, la réduction des déchets ou la mise en place d’une restauration plus responsable avec objectif zéro déforestation.» Selon la Ligue, 80% des clubs professionnels ont déjà mis en place un système de tri sélectif des déchets.

En juin, un séminaire organisé par la LFP et destiné aux responsables des stades au sein des clubs professionnels abordera la thématique de responsabilité environnementale. «Nous mettrons en avant des exemples et expliquerons comment mettre les moyens pour remplir ces objectifs, indique Nathalie Boy de la Tour. Le sujet de ce partenariat est essentiellement d’instaurer une prise de conscience.»

La mobilisation du monde du football satisfait Isabelle Autissier. La présidente de WWF France espère que ces opérations servent d’exemples. «Notre rôle n’est pas d’interdire la pratique sportive, mais qu’elle devienne durable, insiste l’ancienne navigatrice. Il n’est pas question de dire d’arrêter les compétitions, mais de voir comment faire évoluer les modèles.» L’ONG (Organisation non gouvernementale) a écrit une charte de 15 engagements pour le monde du sport. Une soixantaine d’organisateurs ou de fédérations l’a déjà signé. «Nous allons aider le sport à composer sa nouvelle feuille de route,», assure la dirigeante. Elle pourra compter sur l’aide de Scoty et ses amis mascottes.

© SportBusiness.Club. Avril 2019

Nathalie Boy de la Tour (LFP) et Isabelle Autissier (WWF France)

Nathalie Boy de la Tour, une présidente engagée

Depuis son élection à la présidence de la Ligue de football professionnel (LFP), en novembre 2016, Nathalie Boy de la Tour a multiplié les opérations afin d’engager le football français vers des pratiques encore plus responsables et sociales. «J’ai certainement une sensibilité personnelle, mais pas seulement, affirme l’intéressée. Le football ne peut pas tout faire, mais il peut être une caisse de résonance médiatique importante. Cette responsabilité sociale c’est un devoir que nous avons.» L’impact environnemental du football est particulièrement élevé en raison des déplacements des spectateurs, des supporters, mais surtout des joueurs et dirigeants. Chaque année 20 millions de matchs sont organisés.