la Ligue de basket prépare sa chaîne OTT

Basket-Ball

Une de plus. La Ligue nationale de basket-ball (LNB), qui gère les championnats de France professionnels masculins Jeep Elite et Pro B, travaille sur le projet d’une chaîne OTT (“Over the Top”) c’est à dire un programme accessible via Internet, les smartphones ou les téléviseurs connectés en dehors des bouquets télé proposés par les opérateurs traditionnels. Cette solution permettrait de créer un offre audiovisuelle propre… et de s’émanciper des chaînes traditionnelles. Le contrat de cinq ans avec RMC Sport (Altice) arrive à échéance en juin prochain et les perspectives d’une reconduction à un niveau financier équivalent, soit 10 millions d’euros annuels, sont faibles.

«Oui, absolument, nous réfléchissons à une chaîne OTT, confirme Michel Mimran, tout récemment nommé directeur général de la LNB. L’échéance peut être rapide, mais tout dépendra de l’issue de la négociation que nous avons aujourd’hui avec les diffuseurs pour les droits TV. Ce résultat aura de l’influence sur notre capacité à développer nos projets en termes de production.» Dans un premier temps, la Ligue travaille avec les clubs pour améliorer très fortement la qualité des images des matchs. Toutes les rencontres du championnat devront être captées. «Nous sommes conscient de ce que le numérique propose aujourd’hui comme solutions, ajoute le dirigeant. Nous devons faciliter l’accès aux matchs aux personnes voulant les voir, que ce soit à la télé, sur les supports numériques, pour la Jeep Elite ou la Pro B.»

La Ligue voit grand. A priori pas question de proposer des images de matchs captées avec deux caméras automatiques fixes dans la salle et sans commentaires. Le projet serait de réaliser des images avec un standard de qualité élevé et même parfois deux flux de commentaires : l’un en français, l’autre en anglais pour l’international. Un double choix pris par la Ligue nationale de rugby. La LNB s’intéresse également au spectacle dans la salle. Pour les matchs importants c’est l’événement entier que la Ligue souhaite produire. Un cahier des charges serait en écriture et la LNB fournirait les animations. Le spectacle proposé par la NBA est dans le viseur. D’ailleurs, les clubs professionnels vont recevoir une formation pour optimiser le travail de leurs mascottes : tout le monde est réellement mobilisé.

© SportBusiness.Club Janvier 2020


3 questions à Alain Béral, président de la Ligue nationale de basket-ball*

La Ligue arrive au terme du contrat de diffusion avec Altice et RMC Sport en juin 2020. Allez-vous lancer un appel d’offres ?

Alain Béral : «Non, nous le ferons pas. Nous discutons actuellement avec tout le monde, et je dis bien tout le monde. Même Amazon par exemple, d’autant qu’ils sont proches de nous [NDR : partenaires de la LNB]. La télé gratuite est aussi une option parce que nous avons l’objectif de donner plus de visibilité au basket français. Mais, vous le savez, aujourd’hui, à part les équipes de France, le sport professionnel est rarement sur les chaînes gratuites. Financièrement, nous avons les arguments pour conserver au moins le même niveau de ressources [NDR : 10 millions d’euros annuels], voire plus. Oui, l’argent est important pour les clubs, mais concernant les ressources des clubs, nous ne pouvons pas nous limiter aux seuls droits TV. La visibilité, si elle est importante, peut générer des recettes de sponsoring, soit directement au club soit par l’intermédiaire de la ligue. Le contrat avec RMC Sport nous a beaucoup aidé à structurer la ligue et a permis de donner une valeur au basket français. C’est le cas aussi de notre namer, Jeep. Ce sont de bons signes car nos partenaires sont quand même des enseignes internationales. Cela démontre que notre produit basket intéresse les belles entreprises.»

Les américains de la NBA s’installent à Paris pour un match annuel de son championnat. C’est un succès auprès du public. Est-ce un bien ou un mal pour le basket français ?

A.B. : «Clairement, la NBA ne peut pas faire de mal au basket français et c’est une très bonne chose qu’ils viennent à Paris, plutôt qu’à Londres. S’ils sont ici c’est parce qu’ils considèrent que Paris sera de plus en plus une place forte du basket européen. Deuxièmement, figurez-vous qu’ils considèrent que le basket que nous produisons en France est le mieux géré en Europe. D’autre part, en France il y a beaucoup de joueurs américains et ces derniers disent beaucoup de bien de notre championnat et de la Ligue. Alors, ok, il ne s’agit pas de se faire absorber par la NBA, mais il s’agit quand même d’un modèle qui réussit : on peut dire au moins ça. Et comme ils ont beaucoup de bienveillance à notre égard, on serait idiots de ne pas discuter avec eux

La Ligue a très récemment restructuré sa division commerciale et marketing. Pourquoi ?

A.B. : «Effectivement, nous avons changé de structure pour plusieurs raisons. Quand la Ligue a été créée c’était pour administrer un championnat professionnel. A mon arrivée, en 2011, j’ai indiqué que ce n’était pas son seul rôle. Il faut aussi créer du spectacle, générer de l’émotion et surtout faire en sorte que les clubs se professionnalisent et s’enrichissent vertueusement. Ca a été une longue étape. Aujourd’hui, les bases sont solides et nous avons maintenant décidé d’accélérer les aspects marketing. La Ligue doit tirer les clubs vers plus de spectacle sportif… et de spectacle tout court. Par exemple, nous mettons en place un module de formation autour des mascottes. Les affaires sont en ordre aux niveaux social, fiscal ou économique. Nous devons aller vers plus de visibilité et d’exposition du basket français avec l’attention d’attirer plus de fans. L’objectif est que les salles soient pleines. Qu’elles soient plus grandes et pleines. Le basket français doit être un produit demandé. Il faut être inspirant. Du coup, forcément cette partie marketing et commerciale a été renforcée

(*) Propos recueillis lors du point presse de mardi 21 janvier 2020.

2 Rétroliens / Pings

  1. OLBIA Conseil Cette semaine 4, Olbia a appris que…
  2. Étude sur la connectivité des enceintes sportives Digitalisation des événements sportifs

Les commentaires sont fermés.