«La Mini Transat est une course différente»

Voile

Interview : Jean Saucet. Le Directeur Technique de la Mini Transat La Boulangère, dont le départ de la 22e sera donné le 22 septembre de La Rochelle, estime que sa course à la voile est différente des autres, notamment pour sa politique de non-communication en navigation. Il détaille le budget de l’épreuve qui mélange navigateurs expérimentés et skippers amateurs.

La Mini Transat La Boulangère est-elle une course différente des autres ?

Jean Saucet : «Elle est différente par le support qui est un tout petit bateau : du coup l’engagement des filles et garçons est majeur car il n’y a pas du tout de confort. Elle est différente aussi par la communication inexistante durant la navigation. Alors que sur d’autres courses il y a les appels quotidiens via Iridium ou les posts sur les réseaux sociaux, en Mini, ce n’est pas le cas. C’est en ce sens que la course est différente et ce sont des points auxquels nous tenons. Maintenant cela reste une course comme une autre, mais qui est beaucoup accessible que des transats comme la Route du Rhum ou des bateaux comme le Class 40. C’est pour cela que l’on retrouve un panel très complet de gens.»

Justement, avoir des profils très variés de concurrents, expérimentés et amateurs, peut-il être une contrainte ?

J.S. : «Au contraire, c’est la richesse de la Mini. Au départ, la plus jeune aura 18 ans et le plus âgé 64 ans. Cette diversité est une vraie richesse. Maintenant pour un directeur de course cela peut devenir compliqué car au Marin les arrivées peuvent s’échelonner durant dix jours sur une étape qui se boucle en moins de quinze pour les premiers. Les compétences des skippers sont différentes. Les bateaux aussi. Mais je sais que chacun aura bataillé. C’est une véritable régate, pas un rallye.»

Pourrait-on comparer la Mini Transat La Boulangère à une cyclosportive, épreuve cycliste où se côtoient pros et amateurs ?

J.S. : «Oui, clairement. Et comme pour une cyclo-sportive avec beaucoup de dénivelé on ne vient pas pour participer à la Mini Transat La Boulangère en touriste. D’une part, le processus pour se qualifier est très exigeant, comme avoir réalisé au moins 1.500 milles en course [2.800 kilomètres] sans avoir abandonné. Il faut un niveau minimum requis, ne serait-ce que pour des soucis de sécurité. Ceux qui vont traverser l’océan en course doivent être de bons marins. N’importe quel rêveur ne peut pas venir. C’est une course, mais chacun régate à son niveau. A la fin, à l’arrivée, il n’y a que des gagnants car chacun aura donné le meilleur de soi même, et c’est ça que j’aime bien.»

Quel est le budget de l’édition 2019 de la Mini Transat La Boulangère ?

J.S.: «En cash, il s’élève à 800.000 euros. Maintenant, en valorisant les apports en nature, comme ceux de la Ville de la Rochelle qui nous met à disposition le port, de Las Palmas aux Canaries qui nous loge, ou au Marin, en Martinique, à l’arrivée, on atteint un budget de 1,5 million d’euros.»

Est-ce difficile de boucler ce budget ?

J.S.: «Ça a été le cas il y a deux ans. Heureusement, nous avons un partenaire titre, La Boulangère, qui nous apporte un bon gros tiers de nos ressources. Globalement, le budget est constitué d’un tiers venant des collectivités territoriales, un tiers de notre partenaire principal et un tiers des inscriptions des concurrents et des autres partenaires privés.»

Avez-vous mesuré les retombées de l’événement ?

J.S.: «Il y a deux ans, Kantar nous fait une étude sur la somme des retombées médias de la course, mais rien n’a été valorisé. Les dirigeants de notre partenaire principal, La Boulangère, qui nous a accompagné sur deux éditions, sont des gens raisonnables. S’ils poursuivent ce sera parce que globalement cela leur va bien. Pour les collectivités, c’est pareil. Chacun a ses objectifs : La Rochelle souhaite développer le nautisme, Las Palmas a envie de s’ouvrir sur la mer et d’emmener sa population sur l’eau, Le Marin cherche la notoriété. Ils trouvent tous leur intérêt avec la course.»

Quels sont les montants des primes pour les premiers ?

J.S.: «Oh la la, pas un centime ! C’est inscrit dans les règles de la classe : que des récompenses en nature. Les vainqueurs remporteront une coupe et tous auront droit à une chaleureuse poignée de main

© SportBusiness.Club. Septembre 2019


La 22e édition de la Mini Transat La Boulangère s’élancera le 22 septembre à 14h15 de La Rochelle. Première étape pour les 90 bateaux engagés : Las Palmas sur l’ile de Grande Canarie. Puis, le 2 novembre, nouveau départ pour la flotte, et les rescapés du premier volet, direction Le Marin en Martinique où sera jugé l’arrivée finale. Les skippers embarquent en solitaire sur des Mini 6.50, des monocoques de… 6,50 mètres de long. L’inscription à la Mini Transat La Boulangère coûte 2.500 euros. Il comprend deux radios à embarquer uniquement destinées à communiquer avec l’organisation. Les positions des bateaux ne sont jamais dévoilées à l’extérieur.