La nouvelle gouvernance du sport français prévue pour 2019

La gouvernance du sport de haut niveau devrait se partager entre l’Etat et le mouvement sportif. C’est la piste sur laquelle s’engage le Comité de pilotage mis en place en novembre 2017 par Laura Flessel, ministre des Sports. Elle avait été mandatée par le Président de la République et le Premier ministre pour «repenser» l’organisation du sport en France. En ligne de mire : les Jeux olympiques de Paris 2024 et les performances des athlètes tricolores. L’ancienne escrimeuse vise les 80 médailles pour l’équipe de France dans six ans. Pour réfléchir sur les nouvelles options de gouvernance, trois séminaires se sont tenus entre novembre 2017 et mai 2018. Ils ont souligné «la complexité du modèle actuel, le manque de lisibilité des politiques sportives et des missions respectives des différents acteurs, les difficultés entre les acteurs pour gérer une compétence partagée, un saupoudrage de moyens, une difficulté à s’adapter à l’évolution de la demande sociale».

Le rapport du comité de pilotage devrait être publié en juillet et, donc, le scénario le plus probable serait celui d’une «gouvernance partagée à responsabilités réparties», rapporte le Comité national et sportif français (CNOSF) qui, dans un communiqué publié le 18 mai, «exprime toute la satisfaction qui est la sienne» si cette voie est effectivement prise. Des structures collégiales «de concertation et de décision» seraient ainsi créées aux niveaux national et territorial. «Ces structures devront faire preuve d’agilité dans une démarche d’intérêt général pour permettre l’adaptation aux contextes territorial, national, européen et international», indique le document.

Le CNDS substitué par une nouvelle structure

Concrètement, au niveau national, cette structure, qui réunirait l’Etat, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique, se «substituerait» au CNDS (Centre national pour le développement du sport ) «et à divers services et commissions de la direction des sports et de l’INSEP». C’est bien le parti d’un changement profond qui a été choisi. Cette structure, qui reste à créer et à baptiser, bénéficierait d’un financement similaire à celui de l’actuel CNDS, et son rôle serait  «d’affecter les crédits», c’est-à-dire clairement d’allouer les budgets, aux programmes de liées au niveau et aux fédérations sportives.

Les membres qui composeraient cette entité seraient chargés «d’animer et mettre en réseaux les experts de la haute performance, de constituer une cellule de veille et d’analyse de la performance, de définir les orientations et recommandations relatives à l’affectation entraîneurs sous contrat de préparation olympique et à l’accompagnement des athlètes». Côté argent, la future structure «définira sur la base des orientations politiques retenues collégialement les moyens affectés aux fédérations sportives en faveur du développement du sport fédéral». Les fédérations devront donc régulièrement montrer leurs stratégies et ambitions sportives pour en obtenir les moyens économiques.

Trois nouveaux séminaires sont prévus entre juin et juillet 2019 avant d’acter cette direction «historique» selon le CNOSF. Le Comité de pilotage enterrera alors définitivement les trois autres scénarios étudiés : la continuité du système actuel, le transfert de l’organisation du sport au mouvement sportif, la décentralisation du développement du sport aux collectivités territoriales. Cette nouvelle organisation du sport français devrait être mise en place début 2019.