La région PACA investit dans la F1

Le sport automobile dans son ensemble loue le retour du Grand Prix de France de Formule 1. La course fera son retour fin août 2018, et pour au moins cinq ans, sur le circuit Paul-Ricard du Castellet, dans le Var. L’accord a été signé avec FOM (Formula One Management) de Bernie Ecclestone le 31 novembre et officialisé lors d’une conférence de presse lundi 5 décembre.

La dernière édition du Grand Prix de France remonte à 2008. Il se disputait sur le circuit de Nevers Magny-Court (Nièvre) et était un gouffre financier pour la Fédération française de sport automobile (FFSA) qui avait repris en main l’organisation quatre années auparavant: 2,4 millions d’euros de pertes cumulées sur les deux dernières éditions. «L’équation budgétaire était impossible», indique Nicolas Deschaux, président de la FFSA.

L’organisation d’un Grand Prix de F1, c’est un budget de 30 millions d’euros, dont un peu moins de 20 millions pour le «plateau», c’est-à-dire le droit à payer pour accueillir la course. En contrepartie, FOM s’occupe de faire venir les écuries, les pilotes et les voitures… les sponsors et les télévisions. Pas question pour l’organisateur du Grand Prix de toucher un centime issu des droits marketing ou médias. Il ne pourra compter que sur les recettes de billetterie. «Dans notre modèle économique, le prix moyen est de 150 euros pour un pass de trois jours», indique Stéphane Clair, directeur du Circuit Paul Ricard dans La Provence.

14 millions d’euros de billetterie

Le modèle économique du GIP (Groupement d’intérêt public), dont la région sera l’actionnaire le plus important, table sur 66 500 spectateurs au minimum pour la première édition, dont un tiers d’étrangers, et 14 millions d’euros de recettes avec les entrées. Quelques partenaires nationaux, non visibles sur le circuit, apporteront 2 autres millions. Le solde, 14 millions d’euros, viendra des subventions des collectivités territoriales.

«Oui, le Grand Prix de France de F1 sera rentable», assure Christian Estrosi, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et principal artisan du retour de la F1 en France. Cette rentabilité viendra des retombées directes de l’événement. Le cabinet Deloitte a valorisé à 65 millions d’euros l’impact financier de la course pour la région, dont 38 millions directs, en prenant en compte les dépenses des spectateurs et des équipes en restauration et hébergement.

Retombées d’image

«L’événement créera 500 emplois durables», poursuit Christian Estrosi, qui souhaite que le Grand Prix de France soit aussi le point de départ «d’un pôle d’activité économique lié au sport auto, à l’automobile et aux activités durables».

«Les grands événements, sportifs et culturels, sont rentables pour les territoires, affirme Hubert Falco, sénateur-maire de Toulon. Il ne sert à rien de raisonner en rentabilité directe. Le Grand Prix de France le sera pour la région, notamment en termes d’image.» Notamment pour le tourisme.

D’ailleurs, l’étude Deloitte souligne que «1 point d’augmentation de spectateurs étranger dans la billetterie équivaudrait à 0,8 million d’euros de retombées économiques en plus». On connaît donc la cible des organisateurs du nouveau Grand Prix de France.

Publié par Bruno Fraioli sur Stratégies.fr le 6 décembre 2016

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