La Ryder Cup se joue en salle de presse

Sur l’écran géant s’affiche l’évolution des scores en temps réel. Le tableau est digne de celui d’un hall de gare annonçant les trains : incompréhensible pour les profanes. Ici, toutefois, dans le Media Center de la Ryder Cup, les 450 journalistes installés derrière leur ordinateur le décrypte parfaitement. Trois espaces vidéos, retransmettant les images en direct de Sky Sport, NBC et Golf+ complètent le dispositif.

«Dans un un tournoi de golf, on passe beaucoup de temps en salle de presse devant les écrans, explique Laurent Louët, rédacteur en chef du service des sports au Figaro. Le golf est un sport de scoring, il faut suivre en direct toutes les parties qui se jouent simultanément, et ces tableaux nous donnent beaucoup d’informations.»

En rouge, en bleu, entourés d’un cercle ou pas, les chiffres indiquent le nombre de coups réalisés par les joueurs en-dessous ou au-dessus du par, bogeys ou eagles. Au centre, le score général : ce samedi midi, à mi-parcours de la Ryder Cup, l’Europe mène devant les Etats-Unis, 8 à 4.

Dix kilomètres en suivant les joueurs

La clameur du public, à l’extérieur sur le parcours de l’Albatros du Golf National, est à peine perceptible. Dans la salle de presse, attenante à la cafétéria où le café servi à volonté, l’ambiance est studieuse. Les journalistes sont plus mesurés. C’est tout juste si une rumeur se fait entendre lors d’un bon coup, ou un rire moqueur quand, par malheur, la balle d’un concurrent atterrit dans l’eau.

Le reportage du journaliste de golf ne se limite toutefois pas aux lumières artificielles du Media Center. «Il faut aussi prendre le temps d’aller sur le terrain, affirme Laurent Louët. Cela permet de humer l’atmosphère des parties. A la Ryder Cup, les spectateurs ont un rôle fondamental. Les joueurs ne sont pas habitués à cette ambiance. Les voir en vrai permet de comprendre leur psychologie. Ils peuvent être perturbés par le public

Les places sur le parcours ne sont pas nombreuses. Il y les photographes, avec des chasubles bleues, et une poignée de rédacteurs assortie d’une chasuble rouge. Tous peuvent se positionner devant les cordes contenant le grand public. «Généralement je fais neuf trous, précise Laurent Louët. Il n’est pas rare que je parcours dix kilomètres en une journée.» Et contrairement aux golfeurs, les journalistes n’ont pas de caddie pour porter leur matériel.

©️ SportBusiness.Club. Septembre 2018


Des photographes sous surveillance

Sur la Ryder Cup, les photographes sont obligés de suivre des règles très strictes. Situés au plus près des joueurs, ils doivent se fondre dans le paysage et s’agenouiller afin de ne pas déconcentrer les compétiteurs. Ainsi, le flash est logiquement proscrit et il est interdit de “se positionner dans le champ de vision du joueur”. De même, il ne faut pas “déclencher son boîtier avant l’impact”. Pour ce type de photos des appareils silencieux, comme des hybrides, sont conseillés. «Pas de soucis, car les photos avant le coup ne sont jamais très bonnes, parce que le joueur a la tête baissée, confie un photographe. En revanche, dès le coup donné, il relève la tête pour suivre la balle.» Le meilleur moment pour le cliché idéal.