La Team USA débarque à Eaubonne

Ce jeudi 5 mars, le Comité olympique américain, l’USOC (United States Olympic & Paralympic Committee), doit, comme cela avait été révélé le 20 février sur notre compte Twitter (voir ci-dessous), signer un accord avec le Centre départemental de formation et d’animation sportives du Val d’Oise (CDFAS) d’Eaubonne. L’objectif est de faire du site sportif francilien la “base arrière” du Team USA en prévision des Jeux olympiques de Paris 2024. Les américains ont l’ambition de s’y installer dès 2021 et pour les quatre prochaines années. L’ensemble des équipes olympiques et paralympiques américaines seraient appelées à séjourner dans le Val d’Oise pour des stages de préparation ou pour y faire étape avant certains événements comme les Jeux d’hiver de Pékin 2022.

Inauguré en 1993 et géré par le Conseil départemental du Val d’Oise, le CDFAS rassemble sur 7 hectares quatre bâtiments principaux dont un stade d’athlétisme couvert, une salle omnisport et une piscine. L’ensemble est complété par un stade extérieur et diverses structures pour l’hébergement des athlètes, chambres, espaces de restauration, de travail ou de soins médicaux. La diversité des équipements et la proximité de Paris, à 20 minutes, de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, et bien-sûr des futurs sites olympiques de Paris 2024, ont pesé dans le choix des Américains qui pourront par ailleurs facilement sécuriser l’endroit.

Cet accord, dont les détails seront révélés ce jeudi après-midi, intervient après un important travail de séduction du département et de la direction du CDFAS auprès des principales délégations étrangères. Ainsi, les comités olympiques de Chine, Russie et Canada ont également été approchés. Les retombées économiques sont potentiellement importantes pour le Val d’Oise, qui ne disposera pas de site officiel de compétition en 2024. Directement, d’une part, grâce aux investissements en matériels et équipements que prévoient de réaliser les Américains au CDFAS. Indirectement ensuite, via les prestations de services que les entreprises locales pourront proposer à la délégation des Etats-Unis, et potentiellement avec le tourisme : «Beaucoup d’Américains vont placer le Val d’Oise sur une carte,» se réjouit déjà une élue du département.

© SportBusiness.Club Mars 2020


«Nous attendons beaucoup de retombées économiques»

Interview : Marie-Evelyne Christin. La Vice-Présidente du Val d’Oise déléguée à la Jeunesse, aux Sports et aux Associations a oeuvré pour faire venir la délégation olympique américaine au CDFAS d’Eaubonne, dont elle est également présidente. (Article ajouté)

La venue des Américains au CDFAS est évidemment une bonne nouvelle. Attendez-vous aussi des retombées économiques de ce choix ?

Marie-Evelyne Christin : «C’est plus qu’une bonne nouvelle. Nous attendons effectivement beaucoup de retombées économiques car nous espérons que leur venue dans le Val d’Oise développe le tourisme dans le département. Il y aura aussi certainement d’autres retombées dans des domaines commerciaux avec les entreprises locales. Nous ne souhaitons pas que cette opération soit uniquement sportif.»

Justement allez-vous mobiliser le tissu économique du Val d’Oise ?

M.-E.C. : «Bien entendu. Actuellement, l’un de nos ateliers thématiques autour de cet accord est axé autour du monde économique. Nous travaillons en partenariat avec le Comité d’expansion economique du Val d’Oise et la Chambre de commerce pour que la venue de cette délégation américaine, mais également les Jeux olympiques offrent des retombées positives sur notre territoire

Le coût payé par les Américains est confidentiel. Est-ce une source de revenus intéressante pour le CFDAS ?

M.-E.C. : «Oui bien-sûr. Et je vous confirme que le coût est confidentiel. Cela permettra au CDFAS et au département de réinvestir dans cet équipement et ainsi de laisser une empreinte dans le temps, importante pour l’héritage. Nous y tenons beaucoup. Les Américains aussi.»

Allez-vous lancer de nouveaux aménagements au CDFAS ?

M.-E.C. : «Non car un agrandissement était prévu avec cette décision, depuis énormément de temps. Ces travaux vont commencer en 2021 et les coûts sont déjà budgétés. Nous allons accroître le nombre de chambres et améliorer la restauration. Les Américains le savent, mais ce n’est pas pour cela qu’ils ont choisi le CDFAS

Est-il prévu un investissement du Comité olympique américain dans les installations ?

M.-E.C. : «Aujourd’hui c’est assez difficile à dire. Dans le contrat une clause indique qu’ils peuvent faire eux-mêmes des investissements sur le CDFAS si besoin était. Ils peuvent le faire.»

D’autres sites dans le Val d’oise peuvent-ils être Centres de préparation des Jeux comme le CDFAS ?

M.-E.C. : «Quand nous avons donné notre guide de tous les sites candidats à Tony Estanguet [président du COJO Paris 2024], il a avoué être impressionné. Nous en avons effectivement beaucoup. Certes, la délégation américaine c’est le gros lot pour le CDFAS, mais il y a aussi des nations plus modestes qui auront également besoin de s’entraîner quelque part. Je suis certaine que d’autres endroits dans le Val d’Oise auront un rôle à jouer durant Paris 2024. Contrairement à ce que j’ai pu entendre, non, le département n’est pas oublié par les Jeux

Le drapeau flotte américain “Stars and Stripes” flotte déjà à l’entrée du CDFAS. Il va y rester cinq ans ?

M.-E.C. : «Oui, absolument. Nous sommes tellement fiers et heureux de cet accord avec la délégation olympique américaine. Il va d’ailleurs déjà au-delà du cadre du contrat car nous avons créé des liens d’amitiés avec les représentants de la Team USA.»