L’Afrique tend les bras à la filière sport française.

La France est amoureuse d’une terre loin d’être sauvage. Le continent africain est pour les experts économiques le territoire de la planète qui connaîtra dans les années à venir les plus fortes croissances. Le sport sera l’un des éléments moteur de ce dynamisme. De quoi alimenter les fantasmes des professionnels de la filière sport en France.

«L’un des facteurs les plus notables en Afrique est l’émergence d’une classe moyenne qui dans quelques années sera forte de 350 millions de personnes, indique Etienne Giros, président délégué du Conseil Français des investisseurs en Afrique (CIAN) lors d’un colloque organisé par Sporsora. Cette population aura de nouveaux désirs et exigences. Elle se tournera vers les loisirs et, de manière naturelle, le sport.»

Dans le même temps, c’est également sur le sport que l’Etat français compte s’appuyer pour déployer sa politique africaine. «Emmanuel Macron a fixé trois priorités : l’éducation, l’autonomisation des jeunes femmes et le business, explique Franck Paris, conseiller Afrique auprès de la Présidence de la République. A chaque fois le sport sera le véhicule de cette politique

L’attente de transferts de compétences.

Le savoir-faire des entreprises françaises en matière d’organisation d’événements sportifs, mais aussi de construction d’infrastructures ou de conseil marketing apparaît comme un atout pour la filière sport. D’autant qu’une grande partie de l’Afrique est francophone, ce qui peut faciliter les affaires. Les perspectives sont donc favorables.

En prévision de la Coupe d’Afrique des Nations de football en 2021, la Côte d’Ivoire prévoit la construction de quatre stades pour 300 millions d’euros. Une centaine de millions supplémentaires est prévu dans d’autres infrastructures plus légères ou des programmes d’accompagnement de l’événement, a révélé Claude Paulin Danho ministre des Sports de la Côte d’Ivoire lors d’un débat organisé par Business France.

Cependant, l’Afrique ne tient pas à se faire manger toute crue. «Nous souhaitons aussi un transfert de compétences des entreprises qui viendront chez nous,» prévient le ministre des sport ivoirien. Les dirigeants africains attendent des stades, mais surtout de la formation pour ses cadres de l’univers du sport.

Montrer sa volonté et anticiper.

«Nous avons, par exemple, un gros déficit dans la gestion des infrastructures ou des pelouses», reconnaît Mohamed Lamine Bahkti, directeur général des sports au ministère de la jeunesse et des sports en Algérie. Le pays va investir 500 millions d’euros dans un complexe sportif à Oran pour accueillir les Jeux méditerranéens dans trois ans.

Les acteurs du sport africains admettent toutefois qu’ils doivent muscler, ré-organiser et professionnaliser leurs structures. C’est une étape nécessaire avant de prendre ce virage économique. «Il restera quand même une identité locale contre laquelle il ne servira à rien de lutter», admet Robins Tchale-Watchou. Le Camerounais, ancien rugbyman à Montpellier, est directeur général de Vivendi Sports. Invité à Sporsora, il prodigue ses conseils aux professionnels français du sport business : «On ne pourra pas dupliquer en Afrique les mêmes schémas qu’en Europe !»

Une observation partagée par Etienne Giros. «L’Afrique attend beaucoup de l’industrie du sport en France, mais celle-ci devra montrer sa volonté à venir sur ce territoire, insiste le président délégué du CIAN. Il convient aussi d’anticiper les besoins car il ne faut pas attendre que les entreprises chinoises, indiennes ou turcs déjà présentes sur d’autres secteurs dont le BTP arrivent aussi sur le domaine du sport.» Au risque de ne pas faire rimer Eldorado avec Afrique.

© SportBusiness.Club. Décembre 2018.


Les grands événements sportifs en Afrique

  • 2019 : Coupe d’Afrique des Nations de football (pays à définir).
  • 2019 : Jeux africains à Rabat, Maroc.
  • 2021 : Championnat du monde de handball masculin en Egypte.
  • 2021 : Coupe d’Afrique des Nations de football en Côte d’Ivoire.
  • 2021 : Jeux méditerranéens à Oran, Algérie.
  • 2022 : Jeux olympiques de la Jeunesse à Dakar, Sénégal.
  • 2023 : Coupe d’Afrique des Nations de football en Guinée.

Les études médias en Afrique

Durée d’écoute quotidienne moyenne par téléspectateur en Afrique : 3h23

  • Madagascar : 4h34
  • Algérie : 3h40
  • Cameroun : 3h37
  • Egypte : 3h23
  • Maroc : 3h23
  • Tunisie : 3h16
  • Afrique du Sud : 3h15
  • Côte d’Ivoire : 3h11
  • Sénégal : 2h40
  • vs monde : 2h56

Source : Eurodata TV Worldwide / Médiamétrie. Année 2017.

Intérêt pour le sport en Afrique

  • De manière général, le sport vous intéresse-t-il ?
    • Oui : 62%
      • Hommes : 71%
      • Femmes : 39%
      • Moins de 34 ans : 54%
      • Plus de 45 ans : 67%
      • Afrique de l’Ouest : 72%
      • Reste de l’Afrique : 55%
  • Sur quels médias suivez-vous habituellement les événements sportifs ?
    • Télévision : 92%
    • Sites internet : 31%
    • Radio : 26%
    • Réseaux sociaux : 24%
    • Presse écrite : 16%
  • Selon vous le sponsoring serait-il une bonne chose pour le développement du sport en Afrique ?
    • Oui, certainement : 90%
    • Oui, probablement : 22%
    • Probablement pas : 3%
    • Certainement pas : 1%

Source : Etude Immar / Baromètre « Le sport en Afrique » Africaleads 2018.