Le 93 attentif à l’héritage de 2024

Ne pas uniquement être terre d’accueil des Jeux olympiques de 2024. Le département de Seine Saint-Denis compte surtout sur l’héritage important, notamment en infrastructure, que l’événement mondial léguera au territoire. C’est un des souhaits de Stéphane Troussel, président du Conseil départemental. Du coup, pour avoir toutes les cartes en main, l’élu a réalisé avec son équipe une mini-tournée de villes-hôtes olympiques. La délégation, présente durant les Jeux de Rio 2016, a récemment rendu visite à Barcelone, Athènes et Londres qui ont organisé les éditions de, respectivement, 1992, 2004 et 2012.

«Au Brésil, nous avions constaté les contraintes liées aux grandes distances entre les sites donnant lieu à des problèmes de transport et vu les soucis sur la réversibilité des structures, commente Stéphane Troussel. D’Athènes, nous sommes revenus plus nuancés, car si les Grecs ont construit beaucoup d’équipements sans imaginer leur utilisation postérieure, ils ont également beaucoup investis dans les transports.»

Londres, en revanche, semble plus proche des problématiques du président du Conseil départemental. «Le territoire où a été construit le parc olympique présentait beaucoup de similitudes avec la Seine Saint-Denis, indique Stéphane Troussel. Aujourd’hui tout ce quartier a été boosté grâce aux Jeux. Nous nous sommes aussi beaucoup intéressés à la réutilisation de la piscine olympique qui a nécessité un an de travaux après les jeux et est désormais bien utilisé par les scolaires.»

Le pôle espoir paralympique à Bobigny

Enfin, à Barcelone, l’équipe a remarqué l’héritage laissé par les Jeux. «C’est l’ouverture de la ville sur la mer, affirme Stéphane Troussel. A Londres comme à Barcelone l’héritage des Jeux n’est pas visible en centre-ville. Ce sera le cas aussi pour les Jeux de Paris. On vérifiera la réussite de l’événement sur ce qui sera fait et restera en héritage en Seine Saint-Denis.» Le département accueillera 80% des sites des Jeux et prévoit un investissement de 67,4 millions d’euros sur 5 ans versés à la Solidéo, la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques.

La Seine Saint-Denis profitera de la construction des Villages des athlètes, à Saint-Denis et Saint-Ouen, et des médias à Dugny, ainsi que du centre aquatique à côté du Stade de France. Trois bassins seront d’ailleurs démontés après l’événement pour être réinstallés ailleurs dans le département. «Nous n’avons pas encore réglé la localisation de ces bassins, indique Stéphane Troussel. Nous avons des demandes de villes, mais il faut régler le problème du financement des infrastructures à construire autour des bassins.»

Le département va profiter des Jeux pour rénover le Parc de Marville, situé entre La Courneuve et Saint-Denis. Le site recevra une nouvelle piscine, prévue pour l’entraînement du water-polo lors des Jeux, mais aussi de nouveaux terrains pour l’entraînement du rugby à 7 et la pratique du foot 5. Enfin, la Seine Saint-Denis abritera le pôle espoir de l’équipe de France paralympiques, mais pas au Bourget comme cela était prévu : ce sera à Bobigny, dans le cadre du projet Prisme. Livrée en 2023, cette structure, dotée d’un budget de 32 millions d’euros, se présente comme un «espace de pratique sportive en accessibilité universelle,» qui restera aussi en héritage pour la Seine Saint-Denis.

© SportBusiness.Club Novembre 2019


«On a mis le pied dans la porte»

«Aujourd’hui, on a une relation de confiance et de qualité avec le Comité d’organisation de Paris 2024. Mais cela ne signifie pas que nous sommes d’accord avec tout. D’ailleurs, il a fallu mettre le pied dans la porte pour nous imposer. Pour nous, collectivités, rien n’était gagné d’avance. Maintenant, ils savent qu’ils doivent compter avec nous.»

Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine Saint-Denis.

L’Olympiade culturelle dès septembre 2020

Les Jeux de Paris seront précédés d’une Olympiade culturelle qui mêlera disciplines artistiques, culturelles et sport. L’événement s’étalera sur près de quatre ans, à partir de la Nuit Blanche 2020, qui donnera le coup d’envoi, jusqu’à la Fête de la musique 2024. Ensuite, et jusqu’aux Jeux, se tiendra un Festival olympique. Paris 2024 doit bientôt désigner les projets déposés par les collectivités territoriales dont une partie sera financée.


Le tir reste au Bourget

Le bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 a validé le site du Bourget pour les épreuves de tir. La fédération française demandait une délocalisation à Saint-Witz dans le Val d’Oise mais le volet financier de l’opération, estimé à plus de 30 millions d’euros, a été jugé trop risqué. De quoi rassurer Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de Seine Saint-Denis «De toutes les manières, j’avais indiqué à Paris 2024 qu’il fallait deux disciplines sur la zone du Bourget, confie-t-il. Si le tir était parti, ils auraient fait venir un autre sport.» L’élu indique aussi être «prêt à accueillir d’autres disciplines et compétitions des Jeux» dans son département. Ce ne sera sans doute pas le cas des sports additionnels : les épreuves de skate, escalade, breaking, ainsi celles de BMX free style et basket-ball 3×3 devraient se dérouler place de la Concorde dans Paris.