«Le basket français n’est pas sous perfusion!»

Des pertes, oui, mais le système est sain. Le bilan économique des clubs professionnels de basket-ball a été salué par la Ligue nationale de basket et la direction du contrôle de gestion (DNCCGCP). «Les clubs ont des projets pour devenir de vrais entreprises autonomes et rentables, se félicite Alain Béral, président de la LNB. La professionnalisation passe par beaucoup de paramètres». Le patron du basket pro français a par ailleurs annoncé mercredi 10 janvier lors d’un point presse qu’il allait proposer plusieurs réformes pour «s’adapter aux nouveaux environnements, notamment européens»

Pour l’heure, le basket professionnel français affiche un volume d’activité de 126 millions d’euros : il s’agit, au 30 juin 2017, du cumul des produits d’exploitation des clubs de Pro A (89,703 millions) et de Pro B (36,632 millions). Toutefois, si au global les clubs de Pro B affichent un résultat bénéficiaire de 653 000 euros, ceux de la Pro A cumulent 212 000 euros de perte pour la saison écoulée.

Philippe Ausseur, président de la Commission de contrôle de la DNCCG, estime que les clubs de Pro A n’ont pas été «assez vigilants sur certains risques fiscaux, notamment liés à l’URSSAF, ou au règlement de problèmes prud’homaux suite à des départs d’entraîneurs !». Quant à la Pro B, le dirigeant note que cette division «vit avec ses moyens, et pas au dessus» en se félicitant que «la Pro B génère sa propre économie».

10 M€ minimum pour briller en Coupe d’Europe

Philippe Ausseur reconnait toutefois que le «basket français n’est pas sous perfusion ou sous l’effet de drogues dures, comme dans d’autres sports», affirme-t-il, où les droits audiovisuels et les recettes générées par le marché des transferts sont très importantes. «Cependant, tous les diffuseurs télés sont les bienvenus pour augmenter nos revenus télé, de manière raisonnable…», ajoute Philippe Ausseur. Selon le bilan présenté par la DNCCG, les droits TV représentent, en moyenne, 4% des recettes des clubs de Pro A, contre 20% pour ceux du Top 14 en rugby, et 44,15% pour la Ligue 1 en football.

Malgré ce bilan économique plutôt bon, les clubs de basket français souffrent quand même d’un manque de compétitivité au niveau international. «Pour bien vivre en Pro A, sans trop risquer la relégation, il faut au moins un budget de 4 millions d’euros», indique Philippe Ausseur. Le budget moyen pour la saison 2017-18 s’élève à 4,9 millions. «Pour espérer une qualification en Coupe d’Europe, il faut plus de 5,7 millions, poursuit le dirigeant. En revanche, pour y briller, il faut plus de 10 millions». Un niveau atteint… par aucune équipe française !


Pas de friture sur la ligne avec SFR

Le courant passe très bien entre la LNB et SFR. La filiale média du groupe Altice a acquis pour 5 ans et 10 millions d’euros annuels les droits TV des championnats nationaux de basket-ball jusqu’à l’été 2020. «Même si on discute toujours, nous sommes très contents, et eux aussi, assure Alain Béral. Il n’y a aucune raison pour que l’on dénonce cet accord avant son terme». Le président de la Ligue aimerait tout de même voir sa discipline être un peu mieux exposée sur les réseaux sociaux. «Il faut être présent sur un maximum de supports», indique le dirigeant qui souhaiterait que les clubs puissent utiliser de brefs extraits d’actions pour les diffuser sur Facebook, Twitter ou Snapchat. Le président de la LNR a aussi confirmé que plusieurs matchs seront diffusés en clair. L’an passé, 17 l’ont été sur Numéro 23, chaîne opérée par Nextradio du groupe Altice. «L’accord prévoit au moins la programmation de 12 matchs sur une chaîne gratuite», révèle Alain Béral.


Du naming pour la Pro A ?

Le championnat de France de basket pourrait bientôt imiter ses homologues du football et du handball qui ont vendu le nom de la compétition à une marque, respectivement Ligue 1 Conforama et Lidl Star Ligue. «On en parle depuis longtemps, mais on ne veut pas faire n’importe quoi», explique Alain Béral qui confie avoir déjà travaillé sur trois dossiers : «On a refusé les montants proposés». Toutefois, le président de la LNB affirme qu’il y aura «probablement, à court terme» un namer pour la Pro A. «Nous trouverons une marque qui pourra fusionner ses valeurs avec celles du basket français et apportera aussi une valorisation au niveau de notre championnat». La Pro B et le championnat espoirs sont également intéressés.


Encore un effort sur les salles

«Il n’y a pas d’économie solide sans enceintes sportives solides», insiste Alain Béral. le patron de la LNB estime qu’il existe toujours «un retard structurel en France» concernant les salles modernes pour les sports collectifs. «Nous avons fait beaucoup de lobbying à ce sujet, notamment auprès des élus politiques, explique le dirigeants. Les clubs peuvent aussi investir financièrement». Alain Béral note toute de même 12 à 14 projets de salles modernes en France, dont 3 en Île-de-France. «Aux projets de la Porte de la Chapelle, de l’Ile-Seguin, à Boulogne-Billancourt, et à Tremblay-en-France, s’ajoute la possible rénovation de la Halle Carpentier à Paris dans le 13e arrondissement», se réjouit le dirigeant. Sans compter la récente ouverture de l’U-Arena à Nanterre. «En province, existent les projets à Strasbourg et Villeurbanne, mais je déplore que trop souvent les jauges des nouvelles salles ne soient pas plus ambitieuses, comme à Blois ou à Bourg en Bresse, par exemple», regrette t-il.


Chiffres clés des clubs de Pro A

Basket-ball: les comptes de la Pro A (2016/17)

Produits d'exploitationEn milliers d'euros Evolution
TOTAL89 703100%=
Recettes de matchs12 57614%=
Droits TV3 6174%+6%
Sponsoring46 24252%-2%
>dont privés39 185
Subventions19 02121%-5%
Transferts de charges2 8683%+51%
Autres produits5 3796%+12%
Au 30 juin 2017. Source Ligue Nationale de Basket-ball

Budgets moyens par clubs de Pro A

  • Saison 2016/17 : 4,688 M€
  • Saison 2017/18 : 4,873 M€
    • Masse salariale moyenne : 1,557 M€

Salaire brut moyen mensuel en Pro A (2016/17)

  • Minimum conventionnel : 2 583 €
  • Salaire minimum : 2 583 €
  • Salaire moyen : 11 083 €
  • Salaire maximum : 28 100 €

Evolution des recettes de sponsoring des clubs de Pro A

  • 2011/12: 31,545 M€ (dont privés 87,5%)
  • 2012/13 : 33,132 M€ (dont privés 86,2%)
  • 2013/14 : 36,755 M€ (dont privés 84,8%)
  • 2014/15 : 43,344 M€ (dont privés 86,0%)
  • 2015/16 : 46,991 M€ (dont privés 86,8%)
  • 2016/17 : 46,246 M€ (dont privés 84,7%)

Provenance des subventions (saison 2016/17)

  • 76% : Communauté urbaine, ville, agglomération.
  • 11% : Conseil départemental.
  • 9% : Conseil Régional.
  • 4% : Autres.

Budget de la Ligue Nationale de Basket-ball (2017/18)

  • Budget total : 16,513 M€
    • Droits TV : 10 M€
    • Marketing, sponsoring : 1,218 M€
    • Autres revenus : 5,295 M€

 

2 Commentaires

    • Bonjour. Ces niveaux de salaires bruts correspondent à la Pro A. J’ai ajouté la précision.
      Voici les données pour la Pro B :
      – Salaire minimum : 1 754 €
      – Salaire moyen : 4 705 €
      – Salaire maximum : 10 510 €

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