Le basket français remet tout sur le parquet

Tout va pour le mieux à la Fédération française de basket-ball (FFBB) : l’équipe de France est 3e nation mondiale et le nombre de licenciés explose, plus de 680.000. C’est justement le moment pour le président Jean-Pierre Siutat de tout remettre en cause. «Nous comptons 2 millions de pratiquants, ce qui constitue un potentiel extraordinaire, explique-t-il. Toutefois, nous sommes, comme tout le monde, confrontés à une évolution de la pratique sportive avec une population qui ne recherche pas la compétition, et à une uberisation du secteur».

Jean-Pierre Siutat, qui doit aussi préempter la baisse des dotations publiques, observe avec bienveillance la montée en puissance du 3×3. «La discipline sera aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et nous sommes persuadés de son explosion en France». Accompagnée par l’agence MKTG/Keneo, la FFBB a décidé de prendre la balle au bond et, justement, de capitaliser sur ces nouvelles pratiques.

Le 3×3 en fer de lance

Le plan FFBB 2024 prévoit une petite révolution pour une fédération sportive : l’ouverture aux pratiques loisirs. «Le basket classique reste notre cœur de métier, mais nous allons donner la possibilité à des structures qui ne font que du 3×3 ou qui proposent des activités non compétitives, notamment à destination des seniors ou des personnes en situation de handicap, de s’affilier à la fédération», précise Jean-Pierre Siutat. Pour cela, la FFBB prévoit de modifier ses statuts.

Le 3×3 sera l’élément majeur de la nouvelle stratégie de développement du basket français. Plus moderne, la discipline intéresse les jeunes et est plus souple en matière d’organisation. D’une part, la FFBB va contribuer à l’essor de terrains grâce à un fonds fédéral. D’autre part, elle va lancer un championnat à l’automne prochain avec l’objectif de créer une ligue pro rapidement. L’idée est de faire passer le nombre de tournois 3×3 de 800 à plus de 10.000 par an. Toutes ces organisations permettent de glaner des points offrant la possibilité aux joueurs de s’évaluer et se classer, à l’instar de l’ATP dans le tennis.

Une application et une marketplace

Le projet sera chapeauté par une plateforme numérique chargée de fédérer toutes les populations du basket, mais aider aussi les joueurs de 3×3 à trouver des équipiers selon sa géo-localisation, par exemple, ou à réserver des terrains. «Les offres commerciales actuelles pourront aussi être incluses», indique Jean-Pierre Siutat. Un appel d’offres est actuellement en cours pour cette application qui accueillera également une marketplace et des propositions commerciales de partenaires.

La guerre face à l’uberisation du sport est donc déclarée par le basket. «On ne pourra pas freiner le phénomène, confie Jean-Pierre Siutat. Nous sommes dans un environnement concurrentiel et d’autres offres de sports existent. A nous simplement d’être meilleurs».


Le 3×3, opportunité pour les marques ?

Le développement du basket 3×3 fait bouger les lignes et séduit particulièrement les annonceurs. La fédération française a ainsi mis en place une offre commerciale spécifique pour la discipline, indépendante du basket classique. L’équipementier du ballon officiel est ainsi différent : Wilson pour le 3×3, Molten pour le 5×5. Gerflor et Nike Jordan sont les deux autres fournisseurs. GRDF est partenaire titre du tournoi de Superleague. Au niveau mondial, Nike, Tissot et Wilson (aussi) ont rejoint l’univers 3×3 de la fédération internationale (FIBA).

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