Le CIO ouvre la porte à l’e-sport

eSport

Tournoi Call of Duty lors de l'ESWC 2017 à Paris

L’e-sport bientôt reconnue discipline olympique ? Possible. Samedi 28 octobre, lors du 6e Sommet olympique, qui s’est tenu à Lausanne (Suisse), au siège de l’instance sportive internationale, les membres du Comité international olympique (CIO) ont planché sur l’e-sport. Selon eux , «les « eSports » (sic) de compétition pourraient être considérés comme une activité sportive, et les joueurs qui les pratiquent se préparent et s’entraînent avec une intensité comparable à celle des athlètes d’autres sports plus traditionnels.»

Une phrase, dans un compte-rendu officiel, importante pour l’avenir de l’e-sport. Déjà, elle montre l’intérêt du mouvement olympique pour cette discipline, critiquée par ailleurs. «Les « eSports » sont en forte croissance, en particulier chez les jeunes dans différents pays et peuvent constituer une plateforme servant à la mobilisation au sein du Mouvement olympique», indique le CIO qui, donc, souhaiterait profiter du succès de l’e-sport pour toucher les public jeunes. .

L’e-sport doit répondre aux valeurs olympiques

A la Paris Games Week 2015

Toutefois, avant de considérer l’e-sport comme discipline sportive à part entière, ce qui peut lui ouvrir les portes des Jeux Olympiques, les membres du CIO posent aussi leurs conditions. D’une part, les contenus des jeux e-sport «ne doivent pas enfreindre les valeurs olympiques». Difficile dans ce cas de retenir des jeux guerriers ou violents, comme ceux de tir à la première personne (« First-Person Shooter ») tel Call of Duty, très populaire en e-sport.

La seconde condition imposée par le CIO au monde de l’e-sport est «l’existence d’une organisation garantissant la conformité aux règles et réglementations du Mouvement olympique (antidopage, paris, manipulation, etc.)». Avant de voir l’e-sport aux Jeux, il faudra donc que la discipline se structure sérieusement. Aujourd’hui, la multiplicité des organisations et des fédérations rendent très complexe la lisibilité des événements de l’e-sport. D’autant que ce sont des entreprises privées, les éditeurs des jeux eux-mêmes, qui contrôlent les règles et se présentent comme les garants de l’éthique sportive.

Le Comité international olympique et l’Association globale des fédérations sportives internationales (GAISF) vont maintenant «engager un dialogue avec l’industrie du jeu et les joueurs». C’est seulement après ce processus que pourrait s’ouvrir le débat officiel autour de l’intégration, ou pas, de l’e-sport dans le programme des Jeux. Tokyo 2020 serait très ouvert à cela, au moins pour présenter l’e-sport en démonstration. Après tout, c’est costumé en Super Mario, le héro du célèbre jeu créé par Nintendo, que le Premier ministre nippon, Shinzo Abe, s’est présenté lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Rio 2016.