Le foot, ce business comme un autre

C’est un volume d’activité de 7,511 milliards d’euros que le football professionnel français générerait, selon l’étude d’EY (ex Ernst & Young) publiée jeudi 16 novembre et commanditée par Première Ligue et l’UCPF, les deux syndicats des 43 clubs professionnels. La quatrième édition de ce baromètre, qui a évalué les données de la saison 2015/2016, montre une évolution de 26,5% des activités en 5 ans, depuis 2010/2011 (5,937 milliards d’euros).

Les calculs du cabinet d’audit tiennent compte de l’ensemble des valeurs générées par un club de football professionnel, soit directement (transferts, droits audiovisuels, sponsoring, billetterie…), soit indirectement (sécurité des matchs, équipement, déplacement des équipes…), soit de manière induite (emplois dans les médias, sociétés de paris sportifs ou jeux vidéo…). Le total des emplois du secteur s’élève précisément à 34 815, dont 7 341 directement dans les clubs. Chacun des 1 086 footballeurs professionnels génère ainsi 34 emplois.

«Le football professionnel est un secteur économique professionnel comme un autre», assure Bernard Caïazzo, président de l’AS Saint-Etienne (ASSE) et de Première Ligue. «Toutefois, on garde encore les freins et des modèles du monde associatif», regrette l’homme d’affaires qui constate que le développement de l’activité du football professionnel en France est «surtout due à l’arrivée d’investisseurs étrangers, et non au développement des droits tv».

Le trading bientôt plus fort que les droits TV

EY constate ainsi que 25% des clubs de Ligue 1 (saison 2015/201) sont majoritairement contrôlés par des investisseurs étrangers, contre 75% en Angleterre, 21% en Espagne, 15% en Italie… et aucun en Allemagne, où une loi réglemente cette pratique. «Je suis prêt à parier que cette saison on sera à 50% en France, et d’ici 5 ans ce taux passera à 70%», lâche Bernard Caïazzo.

Le premier poste de chiffre d’affaires des clubs professionnels sont les droits TV (762 millions d’euros). Derrière arrive le volume d’activité généré par les transferts (429 millions d’euros). «Le poids du trading va augmenter, estime Bernard Caïazzo. Ce fut longtemps des recettes exceptionnelles, mais ce poste va bientôt être plus important que celui des droits TV». Le président de l’ASSE en profite pour critiquer «le niveau des charges patronales que nous subissons». Pour un salaire brut annuel de 600 000 euros, celles-ci s’élèvent à 186 000 euros en France, contre 81 000 euros en Angleterre, 33 000 en Italie, 14 000 en Espagne et 12 000 en Allemagne. «Le préjudice est majeur pour nous», déclare le dirigeant.

Enfin, les recettes de billetterie ou “jour de match” peuvent aussi progresser. «Mais, il faudra penser aussi à mieux adapter les horaires notamment dans le but d’attirer les familles le week-end, explique Bernard Caïazzo. Ils viennent avec des enfants, et il faut penser aux générations futures».


Baromètre des impacts économiques et sociaux du football professionnel (4e édition)

Etude réalisée par EY à l’initiative de l’UCPF et de Première Ligue. L’analyse s’appuie sur l’exploitation des données DNCG (43 clubs professionnels) 2015/2016 publiées en 2017, sur les informations mises à disposition par Première Ligue et l’UCPF, mais aussi sur une enquête menée auprès de 22 clubs et 27 collectivités territoriales de référence entre avril et juin 2017.

Répartition du chiffre d’affaires des clubs : 7 511 M€

  • Impact direct : 2 120 M€
    • Droits audiovisuels : 762 M€
    • Sponsoring : 372 M€
    • Recettes de matchs : 183 M€
    • Résultats des transferts de joueurs : 429 M€
    • Produits divers : 374 M€
  • Impact territorial : 1 355 M€
  • Impact national : 4 036 M€

Chiffre d’affaires des clubs de 1re division dans les 5 grands championnats européens en 2015/2016

  • Angleterre (Premier League) : 4,9 Md€
  • Allemagne (Bundesliga) : 2,7 Md€
  • Espagne (La Liga) : 2,4 Md€
  • Italie (Série A) : 1,9 Md€
  • France (Ligue ) : 1,5 Md€

(hors transferts)

Montant des droits TV renégociés en Europe par an sur les saisons 2014/2018

  • Angleterre : 3.515 M€
  • Espagne : 1.696 M€
  • Italie : 1.315 M€
  • Allemagne : 1.227 M€
  • France : 765 M€

Répartition des sponsors maillots principaux par secteur d’activité des clubs de football professionnels

  • Agroalimentaire : 34%
  • Services aux entreprises : 15%
  • Industriel : 15%
  • Construction : 11%
  • Commerce/distribution : 11%
  • Jeux et paris : 7%
  • Tourisme : 7%
  • Mutuelles et assurances : 7%
  • Automobile : 7%
  • Autres : 11%

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