Le foot pro va se la jouer cashless

Ce sera la pierre angulaire de la stratégie commerciale d’un club de football. La prédiction est de Thomas Kouck, directeur général de Vente Privée Entertainment, lors de la 2e édition du Think Football, organisée jeudi 1er février par le site d’information News Tank Football. Le dirigeant y a vanté les bienfaits du cashless, cette technique consistant à remplacer les paiements en liquide ou carte bancaire par un règlement via un objet sans contact, une carte d’abonnement, un bracelet ou un smartphone.

Dans le grand amphithéâtre de l’Université de Paris Dauphine, le dirigeant a expliqué aux professionnels du foot-business que ce système était tout à fait adapté pour les modèles économiques des clubs. «Le football réunit plusieurs facteurs clés intéressants permettant de développer une stratégie de cashless, assure Thomas Kouck. Les spectateurs restent longtemps dans le stade et y reviennent souvent. Le niveau d’engagement des supporters est fort envers leur équipe. Enfin, l’événement se dispute dans un lieu fermé. Un site ouvert est rédhibitoire pour développer du cashless».

Moitié moins de temps pour acheter une boisson

Le responsable de Vente Privée cite en exemple les festivals de musique. «Aujourd’hui, 80% des cent premiers événements de musique en France utilisent le cashless, affirme-t-il. En 2017, deux millions de personnes ont vécu cette expérience et aujourd’hui plus des deux tiers des spectateurs de ces festivals ouvrent leur compte avant l’événement et y versent de l’argent». Autant de trésorerie en amont, donc, sans compter d’autres avantages. «Nous avons observé que le temps passé pour acheter une boisson a diminué de moitié, de 60 secondes à 30 secondes et que les recettes “food and beverage” ont augmenté de 15%», indique Thomas Kouck.

La précommande, le service à la place ou la vente de billets en “offres groupés” avec d’autres services ou produits sont autant d’autres possibilités offertes grâce au cashless, estime le dirigeant de Vente Privée. «Evidemment, le merchandising peut aussi se développer, et la technique démultiplie également les possibilités d’activation pour les sponsors», poursuit-il. La souplesse d’utilisation permet aussi, par exemple, de proposer des promotions sur des produits ou des boissons dans un laps de temps très précis ou pour une population déterminée.

Thomas Kouck reconnaît toutefois que le public d’un festival de musique n’est pas forcément le même que celui d’un match de football. «Il faut faire attention à ce que l’implantation d’un système de cashless ne soit pas perçu par les supporters comme un Big Brother ou un nouveau moyen pour le club de leur prendre de l’argent aux fans», prévient-il. Tout devra passer par l’expérience client.


L’AC Ajaccio met le cashless à la mode corse

Merci Martin Solveig. C’est grâce au DJ, vedette d’un festival de musique électro qui s’est tenu dans le stade d’Ajaccio, que le club corse est passé au cashless. L’événement a permis aux dirigeants de constater l’influence de la mise en place de cette stratégie de paiement, désormais appliquée à René-Coty, le stade de l’Athletic Club ajaccien. «L’arrivée du cashless, intégré dans les cartes d’abonnés, a été un révolution culturelle au club», confie Franck Leloup, Stadium Manager de l’ACA qui révèle que le panier moyen du spectateur a été multiplié par trois, pour passer à 7,69 euros. Le club corse a notamment édité des cartes collectors, créé des files prioritaires aux buvettes, ou proposé des avantages aux clients cashless. «Nos supporters ont besoin de reconnaissance, explique Franck Leloup. Pas la peine de leur offrir des cadeaux, ils préfèrent être invités pour assister à un entrainement». Autre conséquence du système : une meilleure gestion des produits mis en vente… et des équipes commerciales. «On voit tout de suite les rendements par vendeur, du coup, on peut les changer de place pour qu’ils soient plus performant avec un autre public», indique le dirigeant ajaccien.