Le football français dans l’incertitude du coronavirus

Football

Huis clos pour tous les matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 jusqu’au 15 avril et report de la finale de la Coupe de la Ligue. Le football, comme l’ensemble de la France, est frappé par l’épidémie de coronavirus et se soumet donc aux directives du Gouvernement qui demande l’annulation des événements rassemblant plus de 1.000 personnes. La Ligue de football professionnel (LFP) a préféré le choix du huis clos. «Il s’agit d’une solution responsable, sans doute la moins contraignante,» affirme Nathalie Boy de la Tour, présidente de la LFP qui n’a «pas un seul instant» pensé à arrêter les championnats.

Ces décisions ont été prises après validation «à quasi unanimité» par le collège des clubs de Ligue 1 et «à l’unanimité» par le Bureau de la LFP. «Faire jouer les matchs à huis clos permet, d’une part, de préserver la santé des joueurs et des spectateurs, et, d’autre part, d’assurer le bon déroulement des championnats car nous sommes dans une incertitude concernant la durée de cette crise, explique Nathalie Boy de la Tour. C’était aussi le choix des diffuseurs qui préféraient assurer le bon déroulement du championnat plutôt que d’avoir des matchs reportés. Enfin, cela offre une cohérence et permet une homogénéité de traitement entre les clubs

Pas de risque financier pour les clubs

Dans le même temps, la LFP a décidé de «reporter» la finale de la Coupe de la Ligue initialement prévue samedi 4 avril au Stade de France, à Saint-Denis. Le match qui opposera le Paris Saint-Germain à l’Olympique Lyonnais se jouera au plus tard en mai, a indiqué Didier Quillot, directeur général éxécutif de la LFP : «La nouvelle date sera déterminée en concertation entre les deux clubs, la Fédération française de football et les diffuseurs, précise le dirigeant. Ce pourrait être en semaine et à huis clos, même si nous préférerions que ce soit un week-end et devant les supporteurs

Pour les championnats, la mesure concernant le huis clos porte sur quatre journées de championnat. A raison de 225.000 spectateurs en moyenne par journée cela correspond à 900.000 entrées potentielles perdues pour les clubs. Pas de quoi mettre en péril économiquement les clubs. «Il faut relativiser l’impact car les recettes billetterie représentent 22 millions d’euros sur un total de 2,8 milliards, assure Jean-Marc Mickeler de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion). Normalement, cela peut apparaître comme une faiblesse car les clubs sont encore très télé-dépendants, mais justement ce n’est pas le cas ici. Il n’y a pas de risque à court terme

Enfin, la LFP affirme être dans l’anticipation. «Nous envisageons tous les scénarios, même les plus pessimistes avec des joueurs contaminés,» indique Nathalie Boy de la Tour. Ces cas seront examinés et selon le nombre de personnes touchées dans une même équipe les matchs pourraient alors être reportés. «Nous nous adaptons,» insiste la présidente de la LFP.

© SportBusiness.Club Mars 2020


Les matchs à huis clos mais devant la presse

La Ligue de football professionnel (LFP) s’est appuyé sur l’article 552 de son règlement pour dicter aux clubs de Ligue 1 et Ligue 2 les règles d’organisation d’un match à huis clos. Le texte prévoit que parmi les personnes admises dans le stades figurent les dirigeants des deux clubs, les officiels, évidemment les joueurs inscrits sur la feuille de match mais également les membres des staffs techniques, les ramasseurs de balle, et le personnel nécessaire à l’organisation. Sont aussi acceptés les techniciens et journalistes des détenteurs de droits, c’est-à-dire Canal+ et Bein Sports pour la Ligue 1. Exceptionnellement, et en accord avec l’Union des journalistes de sport en France (UJSF), seront autorisés en plus 50 journalistes professionnels au maximum, dont 10 photographes. Les consultants radio ne seront pas prioritaires. La zone mixte après le match est supprimée, mais pas la conférence de presse.