L’équipe de France des entreprises prête à partir

La Filière économique française du sport est d’attaque. Le GIE (Groupement d’intérêt économique) France Sport Expertise, qui réunit une trentaine d’entreprises du secteur, dispose désormais d’une véritable structure. Le 1er janvier 2020, ce pôle de développement aura ses bureaux, deux à trois employés et sera doté d’une présidente : Claude Revel, ancienne déléguée interministérielle à l’intelligence économique et actuellement conseillère maître à la Cour des comptes. Jeudi 28 novembre, la première assemblée générale du GIE a également désigné Dimitri Grygowski comme directeur général.

«Nous avons créé une équipe de France des entreprises, affirme Roxana Maracineanu, ministre des Sports. Avant nos entreprises n’étaient pas structurées pour s’attaquer aux appels d’offres des grands événements sportifs internationaux.» Ce n’est plus le cas grâce au GIE dont l’objectif est de “chasser en meute”. «La compétition mondiale est forte et les grands groupes peuvent gagner accompagnés d’entreprises plus petites qui apportent des expertises particulières,» explique Olivier Ginon, président de GL Events et actuellement en cours de négociation pour décrocher l’offre de la signalétique des Jeux de Tokyo 2020 : un marché à 50 millions d’euros.

Être dans l’anticipation

France Sport Expertise est la porte d’entrée unique proposée aux organisateurs d’événements sportifs. «La structure sera chargée d’identifier les acteurs locaux connaissant le mieux les marchés et leurs spécificités, précise la ministre des Sports. Des plateformes, comme celle du Medef, vont répertorier tous les appels d’offres internationaux. Il faudra surtout être dans l’anticipation.» D’où la mise en place d’un réseau permettant de prendre contact avec des villes avant même qu’elles se soient officiellement déclarées candidates à l’accueil d’une compétition. Cela à l’étranger, mais également en France, terre d’accueil de grands événements sportifs internationaux. D’ailleurs, le Gouvernement souhaite que les entreprises françaises soient les principales bénéficiaires des Jeux de Paris 2024.

Le GIE sera chargé de rassembler les entreprises françaises ayant les meilleurs savoir-faire pour formuler des offres groupées optimales. «Ce type d’approche n’était pas dans notre culture, reconnaît Gérard Déprez, Pdg de Loxam. On se posait toujours la question d’y aller ou pas.» Désormais, les entreprises françaises seront invitées à foncer en équipe. L’étape de préfiguration de France Sport Expertise, qui a mis en relation des sociétés qui ne se connaissaient pas auparavant, a déjà permis quelques coups intéressants. En Algérie, Metaluplast, qui a vendu ses bancs de touche à la Russie pour la Coupe du Monde 2018, s’est ainsi rapproché de Naturalgrass, spécialiste des pelouses, pour signer l’équipement de trois grands stades. Un accord de 25 millions d’euros sur 5 ans. La France peut gagner sur le terrain purement sportif mais aussi sur celui sport-business.

© SportBusiness.Club Novembre 2019


Une filière sport… très masculine !

La photo officielle du GIE France Sport Expertise est parlante : Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, entourée des représentants des entreprises membres de la nouvelle structure chargée d’exporter le savoir-faire français en matière d’industrie du sport. Vingt-quatre hommes. Une seule femme ! Un cliché est commenté et moqué sur les réseaux sociaux. Le monde du sport français s’est engagé dans une féminisation (a minima dans un premier temps à une moindre masculinisation) nécessaire et naturelle. Les effets sont visibles dans les instances fédérales, fédérations ou ligues. Heureusement. Dans le monde des entreprises du sport, en revanche, le chemin semble encore long… même si le président du GIE France Sport Expertise est une présidente. Mais cette photo est malheureusement le reflet du taux de mixité rencontré aujourd’hui dans le monde des affaires en général. (Article ajouté mercredi 29 novembre 2019)