Le GP de France veut faire sauter les bouchons

Triste spectacle pour le retour de la F1 en France en 2018. Des tribunes quasi vides le premier jour des essais ! Les spectateurs n’étaient pas très loin : ils étaient bloqués dans leurs voitures à cause d’embouteillages monstres sur les routes conduisant au circuit du Castellet dans le Var. L’incident a entaché la fête. Pour éviter que cela ne se reproduise, l’organisation a investi 1 million d’euros dans un plan de mobilité.

«Cette première édition a été un succès populaire avec 160.000 spectateurs, un succès commercial avec plus de 20 millions d’euros de recettes commerciales, et un succès pour le spectacle puisque le taux de satisfaction a atteint 75%, affirme Gilles Dufeigneux, directeur général du GIP Grand Prix de France. Mais il y a eu ce gros point noir concernant la circulation et l’accès au circuit. Ce fut une très grosse frustration pour tout le monde

Pas question de revivre cette mauvaise histoire cette année. «Nous avons pris le taureau par le cornes,» affirme le dirigeant qui a fait appel à une société suisse, Citec, spécialiste des problèmes de mobilité. Ces experts des grands événements n’ont pas eu à chercher loin pour trouver les causes des bouchons : les jauges des trois uniques routes menant au circuit auto varois sont insuffisantes pour ce trafic exceptionnel. «Chaque axe peut accepter jusqu’à 1.350 véhicules par heure, explique Franco Tufo, directeur général de Citec. Du coup, il aurait fallu 6 heures pour acheminer chaque jour les 25.000 véhicules sur le parking du circuit. Impossible. C’était écrit

10.000 véhicules en moins dans le trafic

L’ingénieur, qui a travaillé sur l’Euro 2016 et la Ryder Cup, a identifié deux problèmes majeurs. «Une mauvaise gestion des parkings, avec un site trop vaste, non cloisonné, difficile à remplir et à vider, détaille-t-il. Il y avait aussi trop de spectateurs venant au circuit avec leur voiture et le taux d’occupation était faible : 2,1 personnes.»

Sur les conseils de Citec, le Grand Prix de France a donc remis à plat tout le plan de mobilité : navettes pour limiter le nombre de véhicules, parkings cloisonnés, meilleur fléchage, aide au covoiturage, deux-roues favorisés, application d’info-trafic, routes en sens unique…(voir détails plus bas). L’objectif est de passer de 25.000 à 15.000 véhicules sur le site du circuit.

«Le Grand Prix de France est un produit phare, mais le public peut être volage et faire des arbitrages, commente Gilles Dufeigneux. Ces problèmes de circulation peuvent être un frein, notamment pour la billetterie. Les spectateurs attendaient nos décisions et notre communication.» Un bon spectacle sportif commence déjà sur la route de l’événement.

© SportBusiness.Club. Février 2019.


Les aménagements

Des parkings relais. Au total, 4.600 places seront aménagées dès les sorties d’autoroutes. L’accès au circuit sera assuré grâce à 170 navettes avec un temps de trajet garanti de moins d’une heure. Des animations seront même proposées à bord des bus.

Le covoiturage encouragé. Pour les spectateurs souhaitant quand même se rendre au circuit avec leur voiture, une application leur permettra de proposer un covoiturage. Les véhicules avec au moins 4 personnes bénéficieront d’une voie personnelle et d’un parking.

Les deux-roues choyés. En 2018, seuls 5% des spectateurs sont venus à moto ou scooter. Le Grand Prix souhaite voir cette part augmenter. Un parking bitumé sera réservé aux deux-roues avec un accès direct au circuit et une consigne pour les casques.

Création de nouveaux campings. De nouvelles zones de camping seront ouvertes à proximité du circuit. Ces nouvelles places seront autant de spectateurs qui resteront sur le site durant l’événement et ne viendront pas s’ajouter au trafic quotidien.

Des parkings cloisonnés. Quinze zones de parking seront créés. Chacun sera attribué à l’une des trois voies d’accès. Les spectateurs repartiront par le chemin qu’ils auront emprunté à l’aller sans possibilité de croiser les flux sur les autres routes.

Une signalétique plus importante. Le nombre de panneaux indicateurs sera augmenté de manière significative. Ils seront plus clairs et précis afin de limiter les arrêts auprès des agents de police pour demander un renseignement.

Des routes aménagées. Certains rond-points feront l’objet d’aménagement pour fluidifier le trafic et éviter les croisements. En fin de journée, quelques routes pourront être mises en sens unique sur les deux voies afin de faciliter la circulation et l’évacuation générale.

Une info-traffic. Le Grand Prix de France va développer une application permettant aux spectateurs de bénéficier d’une information en temps réel sur les conditions de route, les temps de trajet, le taux de remplissage des parkings ou le temps pour en sortir.


Six partenaires recherchés

Le GIP du Grand Prix de France de Formule 1 table en 2019 sur un budget équivalent à celui de l’an passé, c’est-à-dire environ 20 millions d’euros de recettes, essentiellement la billetterie, et 16 millions de subventions des partenaires publics dont la Région. Le coût de l’événement s’élève à 35 millions d’euros. Les organisateurs, dont l’objectif est de réduire les charges, espèrent quelques recettes supplémentaires grâce aux hospitalités et des partenaires privés nationaux. Six marques pourront s’associer à l’événement. Ticket d’entrée à 100.000 euros, mais le tarif pourra monter à 1 million d’euros selon les prestations proposées.

 

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