Le Marathon des Sables s’exporte

La 33e édition du Marathon des Sables se disputera du 6 au 16 avril dans le sud marocain. Au total, 1.076 coureurs, dont 18% de femmes, tenteront de parcourir 250 kilomètres à pied en 5 étapes, dans le désert en autonomie alimentaire totale. Il s’agit de l’une des épreuves sportives les plus dures au monde. Elle est inscrite au calendrier de l’Ultra-Trail World Tour, au même titre que l’UTMB. Lancé en 1986 par Patrick Bauer, le Marathon des Sables est devenu une marque internationale pour les passionnés d’aventure. La course s’est déclinée l’an passé au Pérou, et dans une version « half », la moitié de la distance, à Fuerteventura, dans les îles Canaries. C’est plutôt cette dernière voie que compte prendre Patrick Bauer (voir entretien vidéo ci-dessous).

Surtout, ce sont les athlètes internationaux que compte séduire l’organisateur. Une cinquantaine de nationalités sont représentées dans le peloton du Marathon des Sables. La plus forte délégation est celle de Grande-Bretagne, avec 394 coureurs, devant la France (232), loin devant l’Espagne (55) et les Etats-Unis (40). Patrick Bauer sillonne donc le monde pour rencontrer les médias et vendre sa course aux athlètes de haut niveau. Il sera bientôt en Russie et au Japon.

Une mobilisation nécessaire, car les inscriptions représentent 80% d’un budget d’environ 4,5 millions d’euros. Les 20% restants proviennent des partenariats, et malheureusement cette année, deux marques n’ont pas renouvelé leurs accords : Land Rover et Holmarcom, un groupe industriel marocain. La priorité est donc la médiatisation de l’événement. Cela passe par des reporters directement dans la course. En 2018 une cinquantaine de journalistes disputeront l’épreuve. Le soir, au bivouac, en plus de l’eau fournie par l’organisation, ils disposeront aussi d’ordinateurs et d’un réseau de communication pour relater leurs exploits quotidiens.

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Le Maroc attend la Coupe du Monde

Impossible de chiffrer vraiment l’impact d’un événement comme le Marathon des Sables, mais depuis 33 ans l’événement est devenu incontournable pour le tissu économique du sud du pays, où se déroule la compétition. «La course rapporte autant à l’économie locale que le tournage d’un film dans les studios de Ouarzazate», confie Khalid Mimi, directeur de l’Office national marocain du tourisme à Paris. L’an passé, le Maroc a enregistré 11,3 millions de touristes, dont 3,7 millions de Français. Le pays vise la barre des 20 millions à moyen terme. Le sport doit contribuer à cet objectif, avec le golf, pour la pratique dans la quarantaine de parcours, ou des événements tels le Marathon des Sables, le Trophée des Gazelles ou la coupe du monde de windsurf, grâce aux images distribuées dans le monde entier. Sans compter sur, peut-être, la Coupe du monde de football 2026 pour laquelle le Maroc est candidate face au trio Etats-Unis/Canada/Mexique. Réponse le 13 juin prochain en Russie.