Le marché du cycle attend le plan vélo

Annoncé en décembre 2017 par le gouvernement, le plan vélo fait du sur-place. Au salon Sport Achat, qui se tient à Lyon, l’Union Sport & Cycle, qui défend les intérêts des industriels français, s’impatiente. «Ce plan, initialement prévu pour mai 2028, a été repoussé à juillet puis à septembre, explique Virgile Caillet, délégué général du syndicat. Le changement de ministre de la transition écologique il y a quelques jours a encore reculé l’échéance.»

Ce plan, de 189 pages, doit donner le cadre de l’effort de l’Etat et des collectivités locales pour dynamiser les déplacements à vélo. Le marché est porté par le succès des vélos à assistance électrique (VAE). L’an passé, 2,8 millions de cycles ont été vendus, en légère hausse de 0,2%. La valeur, elle, a atteint 1,3 milliards d’euros en progression de 9,6%.

Prix moyen d’un VAE : 1 500 euros

«Nous assistons à un inflexion du marché, poursuit Virgile Caillet. Les VAE représentent déjà près de 10% du marché, mais avec une valeur d’achat nettement supérieure à celle d’un vélo classique.» Quand le prix moyen d’un VTT ou d’un vélo de ville s’élève entre 340 et 400 euros, celui d’un VAE dépasse 1 500 euros.

«Nous sommes aux balbutiements de ce marché, insiste le délégué général de l’Union Sport & Cycle. Le potentiel en France s’élève à un million d’unités d’ici 10 ans avec une part qui atteindrait 40%, comme dans les pays voisins, en Allemagne, en Suède ou aux Pays-Bas.» Des territoires qui ont mis en place des mesures incitatives.

En France, la prime lancée par Ségolène Royal en 2017 a été un tel succès… qu’elle n’a pas été reconduite : «Il y a eu plus de 200 000 demandes, et quand le gouvernement tablait sur 20 millions d’euros d’aide, il a dû finalement débourser 50 millions,» relève Virgile Caillet.

Pas seulement des pistes cyclables

Une étude sur les bénéficiaires de cette prime montre que les deux premières motivations pour passer de l’auto au VAE dans le cadre du déplacement domicile-travail étaient, d’une part “pour reprendre une activité physique” à 84%, et, d’autre part, “dans un soucis écologique” à 71%.

Des arguments, dans l’air du temps, qui pourtant semblent avoir du mal à passer auprès du gouvernement. L’Union Sport & Cycle lui a rappelé qu’une grande partie des retombées bénéficierait à l’industrie européenne et française, en pointe sur les VAE.

Pour le délégué général du syndicat, développer des pistes cyclables n’est pas suffisant. «Il faut aussi penser à un stationnement sécurisé, à un système de marquage des vélos pour réduire les vols, ou à la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo (IKV) par les sociétés, indique Virgile Caillet. La France a un retard en infrastructure à rattraper.» De quoi inciter l’Etat à passer sur le grand braquet.

© SportBusiness.Club. Septembre 2018


Le marché du cycle en France

  • 2,782 unités vendues en 2017 : +0,2%
    • dont 255 000 vélos à assistance électrique : +90%
  • 1,278 milliards d’euros : +9,6%
  • Prix moyen d’un vélo : 459 euros : +9%
    • Vélo à assistance électrique : 1 564 euros
    • Vélo de course : 1 404 euros
    • VTT : 396 euros
    • Vélo de ville : 339 euros
    • Vélo pliant : 333 euros
    • VTC : 330 euros
    • Vélo enfants : 113 euros

Source : Union Sport & Cycle