L’événementiel, dada du nouveau Longchamp

C’est un écrin flambant neuf dont disposera le monde des courses hippiques le 29 avril prochain. Après deux ans de travaux l’hippodrome de Longchamp, à l’Est de Paris dans le Bois de Boulogne, fait peau neuve avec un bâtiment ultra-moderne, une tribune de 160 mètres de long signée par l’architecte Dominique Perrault. Au Paris Longchamp, le nouveau nom du site, on assistera à des courses de chevaux, mais pas seulement.

«Nous sommes très excités, déclare Édouard de Rothschild, président de France Galop, la société de courses propriétaire de l’hippodrome. Ce site va donner un nouvel élan aux courses de galop. Nous espérons aussi en faire un lieu qui va au-delà du cheval». Car les réunions ne mobiliseront le lieu que 34 jours dans l’année. L’enjeu est donc de rentabiliser l’espace le reste du temps. Une tâche qui incombe à Noctis. L’agence de l’événementiel vient de remporter l’appel d’offres lancé par France Galop.

Noctis, aux commandes de l’événementiel de Paris Longchamp

Le contrat a été signé pour douze ans avec France Galop. Noctis est chargé de développer toute l’activité hors courses sur les espaces situés autour de la nouvelle tribune. «Nous allons recréer un esprit guinguette, avec des “Food-Trucks”, un kiosque musical et des lieux d’animation, explique Laurent de Gourcuff, président du groupe Noctis. Ce sera un Village où l’on pourra venir en famille ou entre amis tous les jours de l’année, même quand il n’y a pas de courses». Une brasserie de 200 couverts, et 300 à l’extérieur quand la météo le permet, complète ce dispositif.

Fabrice Favetto Bon (France Galop), Laurent de Gourcuff (Noctis).

Noctis met également en place une série d’événements, musicaux pour la plupart, comme le Summer Stage dès cette année. «Ce sera une sorte d’Olympia d’été en plein air, affirme Laurent de Gourcuff. Nous prévoyons aussi des séances de cinéma». L’espace peut accueillir 3.000 à 5.000 spectateurs avec une scène protégée par le porte-à-faux monumental du nouveau bâtiment. Une quarantaine d’événements par an est prévu. Parallèlement, les festivals Solidays (23 et 24 juin) et Lollapalooza (21 et 22 juillet) sont confirmés, mais n’entrent pas dans le cadre du contrat de Noctis.

France Galop attend de nouvelles recettes grâce à ces activités extra-équines : environ 10 millions d’euros par an. Noctis verse à la société de course un minimum garanti et des droits liés au chiffre d’affaires développé. «L’objectif est de faire de Paris Longchamp une destination majeure du divertissement, précise Fabrice Favetto-Bon, directeur marketing de France Galop. L’idée est aussi de donner une image dynamique et ouverte du monde de l’hippisme, et d’aller chercher un nouveau public». Qui reviendra peut-être pour assister à des courses et parier.

Une nouvelle offre corporate

Dans le même temps, le nouveau Longchamp attaque le marché de l’hospitalité corporate et des conventions d’entreprise. Les 92 loges du bâtiment sont vendues : 75 petites, à partir de quatre places et 9.000 euros par an, et 17 plus grandes, disposant de 15 places. Les acquéreurs sont des propriétaires d’écuries, principalement. «A côté, nous ouvrons pour la première fois une offre destinée aux entreprises, pour leurs relations publics, indique Fabrice Favetto Bon. Ce pack inclura des sièges “business”, un accès à un des douze salons et des couverts au restaurant gastronomique et panoramique installé sur le haut de la tribune». Ticket d’entrée, de 199 euros à 349 euros la place, selon l’importance de la journée, et en prime une carte signée par Jean Imbert.

Par ailleurs, différents espaces et salles sont équipés pour des séminaires d’entreprises : au total 10.000 mètres carrés modulables, dont une grande salle pouvant contenir jusqu’à 1.200 personnes. Sans compter la possibilité d’installer des équipements éphémères sur les 70.000 mètres carrés de pelouse au centre de l’hippodrome. France Galop table sur 3 à 4 millions d’euros de recettes grâce à ces offres corporate.

«France Galop se dote d’un vaisseau amiral dont l’entreprise avait vraiment besoin, résume Fabrice Favetto Bon. L’objectif est de redonner une attractivité aux courses en lançant un message fort aux parieurs, mais aussi aux propriétaires. Une de nos missions est de donner envie de devenir propriétaire». La société de courses va ainsi organiser une vingtaine d’opérations de promotion propriétariat. Un enjeu d’avenir car pour organiser des courses au nouveau Longchamp il faudra toujours des chevaux.


Le jeu revu par le PMU

Le nouvel hippodrome de Longchamp est l’occasion d’expérimenter de nouvelles offres de paris pour le PMU. Hipigo : destiné aux non-initiés, ce site permettra de générer des prises de paris automatiquement et selon le souhait de prendre, ou pas, des risques et tenter des gros gains, ou pas. C’est l’ordinateur qui fera le choix des chevaux. Bot My PMU : une application Facebook Messenger où un Bot guidera les choix de l’utilisateur et éditera un QR code à scanner sur une borne automatique. My PMU : l’application officielle s’améliore et proposera aussi l’édition d’un QR code pour valider plus rapidement son pari.


Le nouveau Longchamp en chiffres

  • 140 millions d’euros d’investissements dans les travaux.
  • 34 journées de courses.
  • 500 téléviseurs installés.
  • 150 bornes de jeu.
  • 100% connecté en wifi.
  • 600 mètres carrés de panneaux photovoltaïques.
  • 100% du chauffage issu de la géothermie.
  • 126 boxes pour les chevaux.
  • 60.000 spectateurs pour le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.