«Le sponsor doit communiquer, même en cas d’incident»

Départ de la Route du Rhum 2018.

L’interview du samedi : Magali Tézénas du Montcel. La déléguée générale de Sporsora revient sur la Route du Rhum où en quelques jours une dizaine de skippers a déjà abandonné suite à de multiples incidents liés aux conditions météorologiques difficiles.

En moins d’une semaine la Route du Rhum compte plus d’une dizaine d’abandons à cause d’une casse. Est-ce une mauvaise publicité pour le sponsoring voile ?

Magali Tézénas du Montcel : «Non, au contraire, cela montre l’intérêt de la discipline qui est une plateforme riche en émotion avec beaucoup d’histoires à raconter. La voile est un sport extrême avec des skippers héros des temps modernes et des aléas sportifs. Les annonceurs savent cela en s’engageant dans la discipline. Justement, cette part de risque doit renforcer l’intérêt pour une marque, à condition de remplir certaines conditions, comme y aller avec constance et pérennité. En voile, il faut s’engager dans la durée.»

Le retour sur investissement pour un sponsor doit-il être réalisé avant le départ de la course ?

M.T.d.M. : «C’est effectivement ce qui se dit, mais surtout, avant le départ un annonceur doit avoir prévu toutes les hypothèses de course comme un incident afin d’émerger au mieux. Ceci est d’autant plus important dans un contexte comme la Route du Rhum où il y avait plus de 120 bateaux au départ et une catégorie, les Ultimes, qui a concentré une grande partie des retombées médias. Anticiper les choses avec un plan B peut permettre de transformer un incident en opportunité. Et puis, en voile, il n’y a pas que ces grands rendez-vous pour communiquer. Il existe d’autres courses au programme des bateaux pour notamment réaliser des opérations de relations publiques.»

Magali Tézenas du Montcel, déléguée générale de Sporsora.

Un sponsor doit-il communiquer en cas d’incident ou de chavirage ?

M.T.d.M. : «Oui. Bien-sûr la priorité absolue est la sécurité du skipper, mais après cela la marque doit communiquer dès que possible. Même en cas de crise, un annonceur a tout intérêt à continuer à raconter l’histoire. D’une part, cela permet au sponsor d’expliquer qu’il n’est pas derrière son skipper uniquement lors des bons moments. D’autre part, la marque peut rebondir sur ces événements. Banque Populaire, par exemple, dont le multicoque a malheureusement chaviré, faisait avant le départ le parallèle avec les entrepreneurs qui eux-aussi prennent des risques, peuvent connaître l’échec et savent rebondir

© SportBusiness.Club. Novembre 2018