Le tennis français déjà la tête en 2028

Imaginez : seul dans votre salon, équipé d’un casque de réalité virtuelle et d’une combinaison sensorielle, vous éliminez Novak Djokovik en quart de finale d’un Roland Garros dématérialisé où tout un chacun peut participer sans avoir besoin de se déplacer sur le Central de la Porte de d’Auteuil. Ce futur là, le tennis français aimerait s’en passer. Les Etats-Généraux du tennis, qui se sont tenus jeudi 15 mars avec tous les acteurs de la discipline ont sans doute été moins prospectifs et sûrement plus concrets à court terme, même si les enjeux étaient de définir le tennis de 2028.

«Notre ambition est de devenir le sport individuel préféré des Français et d’être le plus pratiqué en France», a déclaré Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis (FFT) devant ses 200 invités, dont des représentants des acteurs privés, sponsors et équipementiers. «L’objectif est d’atteindre 5 millions de pratiquants en 2020, et 1,5 million de licenciés, soit 500 000 de plus qu’aujourd’hui, poursuit-il. Nous souhaitons aussi quadrupler la présence des joueurs français dans le Top 100 mondial et multiplier par deux notre audience sur le web et les réseaux sociaux qui rassemblent aujourd’hui 4,5 millions d’abonnés».

Le patron du tennis français entend jouer sur sept leviers pour développer sa discipline : la pratique et le sport; le haut niveau, grâce à des titres à gagner; le numérique, en ayant une culture client: les clubs, qu’il faudra moderniser et donner les bons outils marketing; le développement de la valeur et de la rentabilité des actifs du tennis français; l’internationalisation, par la promotion de la surface en terre battue et la présence des cadres français dans les instances internationales; l’éthique et la RSE.

Roland-Garros se décline en e-sport et s’exporte en Chine

Avant tout, la famille du tennis français est d’accord sur un point : augmenter la compétitivité de ses joueurs. «Il faut que nos jeunes champions passent au statut de vainqueurs de compétitions car nous avons les Jeux olympiques de Paris 2024 comme objectif», a insisté le président Guidicelli qui a précisé que 14 projets sur les 52 définis l’an passé lors des Etats Généraux des clubs, sont déjà sur les rails. C’est le cas d’une nouvelle application fédérale qui sera lancée en octobre prochain.

Par ailleurs, le développement de la FFT s’appuiera aussi beaucoup sur celui de la marque Roland-Garros. En 2018, seront lancés les Roland-Garros Series, un triptyque de compétitions nationales. La première est destinée aux amateurs, la deuxième aux juniors dont le prix final est une wild-card pour les internationaux de France, et la troisième est un nouvel événement e-sport. Celui-ci, disputé sur un jeu qui sortira en mai comportera huit tournois internationaux et une grande finale qui se tiendra le 25 mai à Roland-Garros.

La marque Roland-Garros, portée par des ambassadeurs internationaux comme la chinoise Li Na, André Agassi ou Gustavo Kuerten, déploiera aussi ses camps d’entraînement pour les jeunes espoirs, et nouera des partenariats avec différents clubs dans le monde. Celui de Changsha en Chine vient ainsi de se rebaptiser Roland Garros Tennis Park. Un deuxième accord de ce type a été conclu au Brésil avec le club de Belo Horizonte. En 2028, malgré son extension, le stade de Roland Garros sera certainement toujours le plus petit des Grands Chelem en superficie. Qu’importe, son rayonnement sera mondial de quoi s’inscrire dans un futur vraiment pas virtuel.


Le poids économique du tennis français

  • PIB généré : 1,1 milliard d’euros
    • Tennis professionnel : 295 millions d’euros (26%).
    • Tennis amateur : 399 millions d’euros (36%)
    • Entités fédérales : 31 millions d’euros (3%)
    • Equipementiers : 346 millions d’euros (31%)
    • Modernisation Roland-Garros: 34 millions d’euros (3%)
    • Paris sportifs : 13 millions d’euros (1%)
  • Emplois générés : 18 800 (équivalent temps plein)
    • Tennis professionnel : 260 (14%).
    • Tennis amateur : 10 000 (53%)
    • Entités fédérales : 1 600 (8%)
    • Equipementiers : 4 000 (21%)
    • Modernisation Roland-Garros: 500 (3%)
    • Paris sportifs : 100 (1%)

Source : BIPE 2017, étude sur l’impact économique et social du tennis français


Les chantiers de Roland-Garros

A l’occasion des Etats-Généraux du tennis, la Fédération française de tennis a rappelé les principales étapes du chantier d’extension de Roland-Garros qui fera passer la surface du stade de 8,5 à 11,16 hectares en configuration tournoi avec 40.000 places disponibles, soit 2.500 de plus qu’aujourd’hui. Le coût des travaux s’élève à 350 millions d’euros. «Nous ne serons pas le plus grand stade de tennis, mais sans doute le plus confortable en proposant notre French Touch», assure Christophe Fagniez, Directeur général délégué de la FFT.

  • 2018 : Ouverture du nouveau Village des partenaires et d’un espace hospitalité dans la partie Serres d’Auteuil.
  • 2019 : Début de la transformation du court Philippe Chatrier et ouverture du court Simonne Mathieu de 5.000 places dans la partie Serres d’Auteuil.
  • 2020 : Nouveau court Central Philippe Chatrier doté d’un toit et de nouveaux espaces sous les tribunes.
  • 2021 : Lancement des sessions de soirées organisées jusqu’aux quarts de finale. Nouvelle entrée, nouveaux musée et boutique principale.

2 Rétroliens / Pings

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