Les britanniques de Sky raccrochent le vélo.

La voiture de Team Sky à l'arrivée du Tour de France 2016.

L’étoile Sky ne brillera plus sur la planète vélo dans un an. Le groupe audiovisuel britannique a annoncé ce mercredi 12 décembre l’intention de stopper fin 2019 son partenariat avec l’équipe cycliste professionnelle dirigée par Dave Brailsford. Depuis sa création, il y a dix ans, Sky a investi 150 millions de livres (166 millions d’euros) dans le vélo ce qui en faisait l’équipe la plus riche du peloton.

«L’équipe participera pour la dernière fois en tant que Team Sky à la saison de courses sur route 2019 avec l’objectif de nouvelles victoires aux 322 déjà remportées, dont huit Grands Tours, 52 autres courses par étapes et 25 épreuves en ligne», indique le communiqué officiel.

«Ils ont tout gagné, sur tous les terrains, j’ai l’impression qu’en dix ans ils ont simplement fait le constat d’avoir fait le tour et rempli leurs objectifs, estime Philippe Audry, président de In-Yellow, cabinet conseil spécialisé dans le cyclisme. Par ailleurs, le récent rachat de Sky par Comcast avec le retrait de Ruppert Murdoch, principal soutien de l’investissement de la marque dans le cyclisme, y sont aussi sans doute pour quelque chose dans cette décision

Le meilleur moment ?

Le départ de Sky ne signifie pas pour autant la disparition de l’équipe dans laquelle pointent Christopher Froome et Geraint Thomas, vainqueur du dernier Tour de France. «Je n’ai pas l’impression que le manager général, Dave Brailsford, soit très inquiet, observe Patrick Chassé, commentateur du cyclisme sur La Chaîne L’Equipe. Le vélo au Royaume-uni se porte très bien et c’est peut-être, paradoxalement, le meilleur moment pour décrocher un nouveau sponsor

Toutefois, la structure britannique, née dans l’impulsion de la préparation du mouvement sportif britannique aux Jeux olympiques de Londres 2012, traîne aussi quelques “casseroles”. «Ils sont ressortis blanchis de toutes les polémiques, note Patrick Chassé. L’histoire de l’équipe a certes été écornée, mais dès le début Sky a gêné dans le cyclisme avec un aspect un peu bling-bling.» A l’image  des premières voitures de l’équipe : des Jaguar.

Pas forcément un futur partenaire britannique.

«Sky a eu dès le départ une approche très différente du cyclisme, reconnaît Philippe Audry. Aujourd’hui, d’ailleurs, ils préfèrent pousser les initiatives RSE en mettant en avant l’association Ocean Rescue. Avec la solidité et l’image d’une telle structure, on peut penser qu’une autre grande marque puisse s’y intéresser.» Trouver une entreprise capable d’investir au moins 15 millions d’euros annuels dans le vélo ou même le sport est un challenge. «Cependant, si sur le continent le cyclisme traîne une image vieillissante ce n’est absolument pas le cas en Grande-Bretagne où la discipline est très tendance,» affirme Patrick Chassé.

Quant à la coloration très britannique de l’équipe, cela ne paraît pas être un frein pour Guillaume di Grazia, le commentateur du vélo sur Eurosport France : «Aujourd’hui, Sky a une ossature très internationale, assure le spécialiste. Dave Brailsford a recruté les meilleurs espoirs mondiaux, pas forcément des Anglais. Maintenant, j’observe que les principaux investisseurs dans le sport, et le vélo aussi, ne sont pas au Royaume-Uni ou en Europe mais surtout au Moyen-Orient.»

«La principale difficulté pour le nouveau partenaire sera de passer après Sky qui a tout gagné, renchérit Philippe Audry. Leur ambition était de porter et développer la compétitivité du cyclisme britannique. Aujourd’hui il va falloir trouver une autre promesse.» Une nouvelle histoire à raconter pour éviter de rejoindre le ventre mou du peloton des équipes cyclistes professionnelles.

© SportBusiness.Club. Décembre 2018.