Les enjeux du retour de la F1 en France

Les V6 des puissants moteurs de Formule 1 vont de nouveau vrombir dans l’Hexagone. Disparu il y a dix ans, le Grand Prix de France fait son retour dimanche 24 juin. Fini la région Centre et le circuit de Magny-Cours dans la Nièvre. Désormais, l’événement se dispute plus au Sud, dans le Var, sur le mythique et rénové circuit Paul-Ricard du Castellet. L’accord avec Formula One Management, promoteur du championnat du monde de F1, a été signé pour cinq années avec un GIP (Groupement d’intérêt public) réunissant les collectivités locales de la région. Initiateur du projet, Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, a face à lui trois défis à réussir.

L’équilibre financier du Grand Prix. Le budget d’organisation est annoncé à 30 millions d’euros. Cette enveloppe permet de louer le circuit et, surtout, “d’acheter le plateau”, c’est-à-dire la venue des dix écuries, de leurs vingt voitures et pilotes. La FOM se charge de tout, mais, en contrepartie, la structure, propriété depuis début 2017 du groupe américain Liberty Media (rachat 4,4 milliards de dollars au britannique Bernie Ecclestone), garde pour elle les recettes marketing et les droits audiovisuels. L’organisateur, le GIP, ne peut compter que sur les recettes de billetterie :150.000 spectateurs sont attendus au total (65.000 pour la course dimanche), soit 14 millions d’euros de revenus. S’ajoutent environ 2 millions d’euros de partenaires locaux et non visibles. Le solde, 14 millions, est versé sous forme de subventions par les collectivités territoriales.

Pérenniser le succès. Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, affirmait il y a quelques jours que 90% des tickets ont déjà été vendus. En raison de l’aspect événementiel de ce retour, l’édition 2018 du GP de France, sera forcément un succès… qu’il faudra nécessairement réitérer quatre autres années. Pour garantir cette pérennité le GIP devra compter sur des collectivités territoriales fidèles et décidées à poursuivre leurs engagements financiers. La progression des recettes de billetterie est plus aléatoire : ces revenus sont liés à, soit une augmentation de la capacité en places sur le circuit, soit une hausse des prix des billets. Les deux sont possibles. Le Grand-Prix de France à Magny-Cours avait laissé une ardoise de 2,4 millions d’euros, avec un modèle économique équivalent et cette variable billetterie difficile à contrôler. La présence de pilotes français, et peut-être la capacité pour l’un d’eux de remporter un Grand Prix ces prochaines années, sera une variable favorable. C’est l’agence La Fourmi qui conseille et réalise toute la stratégie de communication et de billetterie d l’édition 2018.

Développer la filière sport-auto. Le retour du Grand Prix de France devrait créer 500 emplois durables, selon une étude d’impact réalisée il y a deux ans par Deloitte. Le cabinet estime aussi à 1.500 le nombre d’emplois indirects. Christian Estrosi souhaite que le Grand Prix de France soit le point de départ d’un pôle d’activité économique lié au sport auto et à l’automobile. «De grands manufacturiers – voire des écuries – vont s’installer sur le plateau de Signes pour y développer des programmes d’innovation en matière d’électronique, mécanique, pneumatique», affirme le président de la Métropole Nice Côte-d’Azur dans le quotidien La Provence.

Les partenaires du Grand Prix de France 2018

Partenaire titre : Pirelli (Nom officiel : Formula 1 Pirelli Grand Prix de France 2018). Les autres marques visibles sur le circuit du Castellet (hors constructeurs auto et partenaires des écuries), sont DHL, Emirates, Johnnie Walker, Mercedes AMG, Petronas, Pirelli, Rolex, Securitas, Tata Communications. Partenaire de la F1 au niveau mondial, le brasseur Heineken ne pourra pas afficher son logo en raison de la loi Evin réglementant la communication des marques d’alcool en France, dont de bière.