Les fédés face à leurs enjeux

Elles sont prêtes. Enfin, une bonne partie. Les fédérations sportives françaises doivent se préparer à la nouvelle gouvernance du sport, à l’installation de l’Agence nationale du sport attendue au printemps, et à plus de responsabilité. Du coup, le Comité national olympique et sportif lance la mobilisation générale.

«Je souhaite que d’ici à l’Assemblée générale du 28 mai prochain, l’ensemble du monde fédéral puisse s’appuyer sur un projet stratégique partagé qui permette à chaque acteur du mouvement sportif d’y retrouver ses aspirations et ses moyens d’actions», a insisté Denis Masseglia, président du CNOSF, jeudi 24 janvier lors de la cérémonie des vœux au mouvement sportif.

Selon une étude du CNOSF réalisée par Olbia Conseil et le Centre de Droit et d’Économie du Sport, 58 fédérations sur les 82 ayant répondu* à l’enquête, soit 70%, ont un projet fédéral clair. «Plusieurs autres ont un projet finalisé avec l’ensemble des critères pris en compte mais qui n’est pas encore rédigé concrètement, explique Thomas Remoleur, directeur associé chez Olbia Conseil. Nous avons aussi été agréablement surpris de constater qu’une quinzaine de fédérations est totalement prête

Dans l’ensemble, 82% des fédérations présentent des projets avec des objectifs à atteindre clairement définis, 76% ont identifié les nouvelles pratiques et autant les nouveaux publics. Dans quasi-totalité des cas (94%) un plan d’action est formulé. Toutefois, seuls 20% des projets ont analysé l’environnement, c’est-à-dire les contextes sportifs et économiques, et 14% ont défini des critères d’évaluation, pour estimer le fameux ROI (retour sur investissements).

Une majorité des fédérations veut se rapprocher des acteurs privés

Parmi les perspectives de développement affichées par les fédérations, la thématique santé est la plus populaire (86%), devant la mixité (62%) et l’éducation (59%). A l’inverse, seules 34% des instances sportives ont des projets de politiques sportives tournées vers l’entreprise. En moyenne, trois domaines sont choisis.

Enfin, l’étude du CNOSF montre que plus des trois quarts des fédérations sportives (77%) prévoient dans leurs plans de développement un rapprochement avec les acteurs privés de leur univers dans le but de “trouver des synergies” ou de “monter des partenariats”. Les fédérations estiment d’ailleurs à 59% que le développement de ces structures marchandes a un impact économique plutôt positif sur leur activité. Mais ce n’est pas l’avis des disciplines ayant plus de 250.000 licenciés.

L’étude relaie également des cas d’école, comme dans le basket-ball avec le plan FFBB 2024 autour de la notion de club 3.0, en escrime avec les compétitions de sabres laser afin de capter de nouveaux licenciés, ou les approches très rationnelles des fédérations françaises de ski nautique ou d’athlétisme. La synergie des bonnes pratiques est aussi une bonne pratique.

* Les fédérations françaises de football, rugby et volley-ball figurent parmi celles n’ayant pas transmis un projet de plan de développement.

© SportBusisness.Club. Janvier 2019


Les fédérations pèsent plus d’un milliard d’euros

Les 82 fédérations ayant répondu au sondage du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pèsent 1,19 milliard d’euros (hors football et rugby*). Il s’agit du cumul des chiffres d’affaires de ces instances sportives. La majorité du volume (81%) est généré par les fédérations olympiques, qui ne représentent en nombre que 41% des membres du CNOSF. L’ensemble de ces structures emploie 2 696 personnes, dont 63% (1.689 personnes) au sein des fédérations olympiques.