Les Gay Games en mal de sponsors

Si la dixième édition des Gay Games qui s’ouvre samedi 4 août à Paris fait le plein de participants (ils seront plus de 10.000) ce n’est pas le cas pour les sponsors. En cause, une certaine frilosité des entreprises à s’engager derrière un événement porté par le mouvement LGBT. «Si nous comptons quand même de grandes sociétés françaises parmi nos partenaires, beaucoup d’autres ont exprimé leur hostilité à s’associer avec l’événement, reconnait Jean-Paul Cluzel, responsable du mécénat des Gay Games. Ces entreprises m’ont expliqué que pour elles, aujourd’hui c’était trop tôt et que cela aurait été plus facile si le nom officiel avait été “Les Jeux de la diversité”, son sous-titre.»

L’ancien président de Radio France et les dirigeants du comité d’organisation sont toutefois restés intransigeants : «Abandonner le nom des Gay Games aurait signifié accepter les critiques, insiste Jean-Paul Cluzel. Ce n’était pas possible, car l’essence même de ces jeux est d’être inclusifs.»

Pas d’équipementier officiel

L’une des déceptions des dirigeants des Gay Games est de ne pas avoir d’équipementier pour les accompagner et habiller les 2.800 volontaires de l’organisation. «Nous sommes pourtant allés les voir tous, assure Pascale Reinteau, co-présidente de Paris 2018. Ils nous ont expliqué que leur budget de communication était bouclé notamment à cause de la Coupe du monde de football.»

Créés par la communauté homosexuelle, les Gay Games, ouverts à tous depuis longtemps, peuvent aussi être pris comme un ovni par les sponsors. Ainsi, l’ensemble des compétitions est ouvert à tous : il suffit de s’inscrire pour participer et rêver de médaille d’or. Ensuite, aux sports traditionnels, s’ajoutent des disciplines plus surprenantes, comme la danse urbaine, la pétanque ou un concours de cheerleading, inspiré des Pom-Pom girls américaines.

Un budget de 4 millions d’euros

Un cycle de conférences, débats philosophiques et rendez-vous culturels complètent également l’événement. «Finalement, les Gay Games renouent avec l’esprit initial des Jeux olympiques», estime Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. L’événement est aussi militant et l’occasion de porter la voix du mouvement LGBT+.

Tout de même, une trentaine d’entreprises est associée avec les Gay Games dont le budget s’élève à 4 millions d’euros, soit deux de moins que prévu. «Nous ne comptons que les rentrées financières, précise Manuel Picaud, co-président du comité d’organisation. En valorisant les prestations apportées par nos partenaires, ce budget peut être au moins multiplié par deux. Toutefois, il a fallu aussi faire quelques économies.»

Le budget est bouclé grâce aux subventions des collectivités territoriales, notamment la Ville de Paris et la Région Ile-de-France, pour 20% et aux inscriptions des participants, pour 40%. Le reste des recettes provient du sponsoring, du mécénat et de la billetterie. Si l’accès à la quasi-totalité des événements est gratuit, d’autres, comme les cérémonies, les galas de danses ou les soirées DJ, sont payants.

© SportBusiness.Club août 2018


Les Gay Games Paris 2018 en chiffres

  • 10e édition de cet événement créé en 1982 à San Francisco, aux Etats-Unis
  • 9 jours de compétition, du 4 au 12 août
  • 36 disciplines sportives
  • 14 événements culturels
  • 67 sites investis dont un Village installé Place de l’Hôtel de Ville de Paris
  • 10.317 participants de 91 pays
  • 38% venant des Etats-Unis, 23% de France
  • 43 ans d’âge moyen
  • 74% d’hommes
  • 300.000 spectateurs attendus
  • 58 millions d’euros d’impact économique direct

MKTG avec les Gay Games

Plusieurs agences et prestataires sportifs travaillent avec les Gay Games de Paris 2018, comme MKTG, la structure sport et événementiel du groupe Dentsu Aegis en charge de la régie de l’organisation générale. L’agence de l’événementiel MCI est associée à la cérémonie d’ouverture. La logistique du Village est assurée par Infiniment sport, et l’organisation des courses à pied est dans les mains de KCO et Avena Event.


Un impact économique supérieur à 100 millions

Selon les organisateurs des 10e Gay Games, l’impact économique global de l’événement s’élèverait à plus de 136 millions d’euros, dont 58 millions directement et à court terme. Le comité d’organisation se base sur les retombées des éditions précédentes et sur les dépenses générées par les 300.000 spectateurs attendus et les 10.317 participants, dont 67% d’étrangers, et 29% d’Américains. Au total, l’événement devrait générer 100.000 nuitées, 500.000 repas, 10.000 excursions touristiques et 50.000 souvenirs achetés.


Paris 2024 présent à Paris 2018

Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ne seront jamais très loin de Paris 2018. Le Comité d’organisation (COJO) sera représenté aux Gay Games par l’ancienne Basketteuse Emmeline Ndongue. Surtout, un cycle de conférences organisé en marge des compétitions doit déboucher à 18 propositions pour rendre le sport accessible au plus grand nombre. «Cet appel de Paris 2018 sera comme un héritage, et nous communiquerons ces propositions à Paris 2024», indique Manuel Picaud co-président des 10e Gay Games.


Les partenaires des 10e Gay Games de Paris 2018

  • Partenariats privés : Avanade, BNP paribas, Franprix, Blued, Groupe Renault, General Electric, BVA, Travel Designer, Clifford Chance, CNEA, Uniformation.
  • Mécènes : Groupe ADP, Microsoft, Enipse, St Once, RATP.
  • Partenaires médias : FG, France TV, Radio France.
  • Fournisseurs officiels : Air France, Infiniment Sport, Avena Event, KCO, Cité internationale universitaire de Paris, KTS, Eau de Paris, MCI, Euromedia, Mister B&B, Fan Avenue, MKTG.
  • Soutiens institutionnels : Présidence de la République, Ministères des solidarités etd e la santé, des sports, de la culture et communication, de l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, Secrétariat d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Délégation interministériel aux grands événements sportifs, Centre national pour le développement du sport, Délégation interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, Mairie de Paris, Région Ile-de-France, Fédération of Gay Games, Comité national olympique et sportif français, Fédération française handisport, 36 fédérations sportives françaises, 6 institutions touristiques, 15 associations anti-discriminations.
Le Groupe Renault est partenaire des 10e Gay Games à Paris

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