Les Jeux offrent une légitimité à Omega, et inversement

A Lausanne, où viennent de s’ouvrir les 3e Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver, le Comité international olympique n’est pas le seul à évoluer à domicile. «Ça fait plaisir de prendre sa voiture personnelle pour se rendre sur une compétition,» confie Alain Zobrist, CEO d’Omega Timing. Partenaire mondial du mouvement olympique, la marque horlogère possède son siège à quelques kilomètres des sites de compétition de l’événement vaudois. Pour autant, Omega ne prend pas à la légère ces Jeux réservés aux 15-18 ans : elle y déploie ses dernières technologies en matière de chronométrage et installe 60 tonnes de matériel.

La marque du puissant groupe Swatch, n’est pas seulement chargée de mesurer le temps sur les épreuves olympiques. A Lausanne, c’est Omega qui gère et met en place tout le système de notation des juges en patinage artistique. Et c’est comme cela dans toutes les disciplines (voir ci-dessous). Le sport et Omega c’est plus qu’une histoire de sponsoring. Selon le président de l’entreprise, la marque a même écrit quelques passages de l’histoire mondiale du sport : «Nous investissons beaucoup en recherche et développement, et en natation, par exemple, nous sommes heureux de voir tous ces records du monde qui tombent, en partie grâce aux systèmes de chronométrage que nous mettons en place, affirme Raynald Aeschlimann. On a un rôle à jouer et nous contribuons à rendre le sport spectaculaire.»

Un double contrat avec le CIO jusqu’en 2032

Avec le CIO, Omega a signé deux contrats dont les montants, de plusieurs dizaines de millions d’euros, restent confidentiels. Le premier concerne le marketing et l’utilisation de l’image des Jeux dans la communication de la marque. Le second est un accord de prestataire de services, celui du chronométrage des Jeux. «Nous devons être parfaits tout le temps, nous n’avons jamais le droit à l’erreur,» insiste Raynald Aeschlimann.

Le retour sur investissement est suffisamment positif pour qu’en mai 2017 Omega prolonge de 12 ans ses contrats avec les Jeux olympiques, jusqu’en 2032. La présence de la marque dans le sport aurait une influence directe sur les ventes de montres assure le président d’Omega : «Nous observons des pics durant les événements sportifs, indique Raynald Aeschlimann. C’est le résultat de l’exposition de la marque mais aussi de la sortie d’éditions limitées.» Des montres aux couleurs des Jeux de Tokyo 2020 sont déjà en vente, mais seulement au Japon.

Omega profite aussi d’une chance incroyable lors des Jeux olympiques : il s’agit quasiment de la seule marque commerciale visible sur les sites de compétition. Là où la charte olympique bannie toute communication, Omega s’affiche sur les panneaux d’affichage présentant les temps : une présence égale à celle d’un équipementier tels Adidas ou Nike. «Bien-sûr que cette visibilité est très importante pour nous, précise Raynald Aeschlimann. Cela confirme la légitimité que l’on a dans le sport.» Du côté du CIO, cette exposition de la marque ne déplairait pas aux dirigeants du CIO car Omega se présente aujourd’hui comme la référence ultime en matière de chronométrage sportif. «J’aime beaucoup, raconte le président d’Omega, quand Thomas Bach, le président du CIO, nous dit qu’il a toujours plein de soucis à régler, mais qu’il est rassuré car ce n’est jamais dans le domaine du chronométrage.»

© SportBusiness.Club Janvier 2020


Omega, fabricant de pistolets et caméras

Au service du sport et des arbitres. Chronométreur officiel des Jeux olympiques, Omega mesure le temps au millième de seconde près. Pour cela, la marque contrôle la chaîne de bout en bout, du pistolet électronique annonçant le départ aux concurrents, jusqu’à la caméra d’arrivée capable de prendre jusqu’à 10 000 images par seconde. Tout est fait maison comme les logiciels de gestion des données, notamment celui de la photo finish où les temps encore plus précis peuvent être relevés par l’ordinateur… même si un juge humain n’est jamais loin pour valider les résultats. Une sacrée responsabilité : «Une fois que c’est parti, nous ne pouvons plus faire machine arrière,» confirme Alain Zobrist, CEO d’Omega Timing qui ne ne fait pas que mesurer le temps au millième de seconde près : la marque met en place des solutions techniques et technologiques pour mesurer toutes les disciplines sportives… même quand la notion de temps n’est pas primordiale. C’est le cas, à Lausanne sur les Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver en patinage artistique où Omega gère tout le processus des notes des juges. «Même si nous avons une grande expérience dans quasiment tous les sports, les nouvelles disciplines nous offrent l’opportunité d’innover,» affirme Alain Zobrist. C’est le cas sur le skateboard, l’escalade, le surf ou le break. «Mais nous n’inventons rien, nous nous adaptons simplement aux règles de chaque sport,» poursuit le dirigeant qui peut aussi profiter du savoir-faire d’autres marques du groupe Swatch dans le sport, comme Longines dans l’équitation et le ski, ou Tissot dans le cyclisme. Les expériences se partagent ainsi entre cousins mais chacun garde son territoire de communication.