Les JO de Tokyo 2020 peut être reportés mais pas annulés

Siège du Comité international olympique à Lausanne, en Suisse

Il est fort probable que les Jeux olympiques de Tokyo soient reportés en raison des conséquences de la pandémie mondiale du coronavirus. La décision finale sera prise d’ici fin avril indique Thomas Bach, le Président du Comité international olympique, dans un courrier adressé aux athlètes après une réunion en urgence du Comité exécutif ce dimanche 22 mars. «Avec toutes les parties prenantes, nous avons entamé aujourd’hui des discussions approfondies afin de compléter notre évaluation de l’évolution rapide de la situation sanitaire mondiale et de son impact sur les Jeux Olympiques, y compris un scénario de report, indique le président du CIO. Nous travaillons très dur et nous sommes convaincus que nous aurons finalisé ces discussions au cours des quatre prochaines semaines.» Un report de l’événement est donc officiellement envisagé.

Le CIO se donne un peu de temps afin d’avoir «une meilleure visibilité de l’évolution rapide de la situation sanitaire dans le monde et au Japon.» Toutefois, une annulation des Jeux est exclue. «Le Comité exécutif du CIO a souligné qu’une annulation des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 ne résoudrait aucun des problèmes et n’aiderait personne, poursuit le communiqué. L’annulation n’est donc pas à l’ordre du jour.» La cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo est toujours officiellement programmée pour vendredi 24 juillet 2020, c’est-à-dire dans 123 jours.

«Contrairement à d’autres événements sportifs, reporter les Jeux Olympiques est un défi extrêmement complexe, explique Thomas Bach aux athlètes. (…) Un certain nombre de sites nécessaires aux Jeux pourraient ne plus être disponibles. La situation avec des millions de nuits déjà réservées dans les hôtels est extrêmement difficile à gérer et le calendrier sportif international d’au moins 33 sports olympiques devra être adapté.»

Trois scénarios possibles ?

Dans la presse internationale des sources évoquent déjà trois scénarios. D’abord reporter les jeux à l’automne, en octobre. Mais on se souvient de la Coupe du monde de rugby 2019 et de matchs annulés en raison d’un typhon car c’est la période où ils peuvent sévir sur l’archipel. Ensuite reporter d’une année, à l’été 2021. Voire même de repousser les Jeux de deux ans en 2022, la même année que ceux d’Hiver de Pékin… ce qui se faisait jusqu’en 1992. Ce serait, peut-être, le scénario le plus probable car tout le calendrier sportif mondial 2021 est déjà programmé.

Reporter un événement mondial comme les Jeux olympiques n’est pas une mince affaire admet le CIO. «Il faudrait l’engagement et la coopération sans réserve du comité d’organisation de Tokyo 2020 et des autorités japonaises, ainsi que de toutes les fédérations internationales et comités olympiques nationaux, précise l’instance. Cela nécessiterait également l’engagement et la collaboration des radiodiffuseurs détenteurs de droits et de nos partenaires partenaires TOP [sponsors commerciaux], dans le cadre de leur soutien continu et apprécié au Mouvement olympique, ainsi que la coopération de tous les partenaires et fournisseurs des Jeux. et les entrepreneurs.»

La communication du CIO intervient alors que la situation commençait à devenir vraiment intenable par l’instance interpellée depuis un mois par des athlètes du monde entier alors que dans le même temps toutes les compétitions s’annulent les unes après les autres victimes de la pandémie du coronavirus. De très nombreux sportifs sont mis au confinement total et donc au repos forcé. L’équité entre athlètes prôné par l’esprit olympique commençait à vaciller. L’historien olympique Bill Mallon rappelle aussi que 73% des sportifs olympiens n’ont participé qu’à une seule édition des J.O. Autant donc ne pas la rater.

André Giraud (FFA) souhaite le report

Un mouvement de révolte était en train de naître au sein des fédérations sportives nationales. En France notamment. Samedi 21 mars, le président de la Fédération française de natation (FFN), Gilles Sezionale, a écrit au Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Il estime que «le contexte actuel ne permet pas d’envisager sereinement le bon déroulement des Jeux Olympiques 2020.» et affirme que «maintenir une position ferme quant à la tenue des JO sans même avoir la décence de vouloir évoquer l’option du report, est une posture difficilement défendable

Ce week-end, André Giraud, le président de la Fédération française d’athlétisme, est monté aussi au créneau. Interrogé par SportBusiness.Club, il estime personnellement qu’il sera difficile que les Jeux se tiennent aux dates prévues. : «Cette pandémie mondiale atteint tous les continents et il sera très difficile de réunir tout le monde, déclare t-il dans un podcast qui sera mis en ligne lundi 23 mars. On attend que le CIO ait une attitude responsable et nous informe plus tôt des décisions qui vont être prises sur le maintien ou le report. Je ne crois pas en une annulation car les enjeux sont trop importants.» Tous deux ont donc déjà une partie de la réponse à leurs questions.

© SportBusiness.Club Mars 2020

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